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La nourrice de Francis Bacon, Maylis BESSERIE

Personnage méconnu et pourtant central de la vie de Francis Bacon, la bien nommée Jessie Lightfoot fut celle qui le protégea toujours, de son tyran de père dans son enfance comme de ses pires excès à Londres. La tendresse de cette Nanny venue des Cornouailles contraste avec les violences que subit très tôt Bacon, et apporte une couleur inédite à la palette sulfureuse du peintre.
Au-delà de l’humour et de la gouaille inégalables de cette femme extraordinaire confrontée au monde interlope des artistes, Maylis Besserie nous donne aussi à voir l’Irlande de la première moitié duvingtième siècle, à la fois poudrière et île splendide dont les paysages, les décors et les animaux hanteront les toiles du peintre.

Mon avis :

Second d’une fratrie de cinq enfants, Francis Bacon est né à Dublin de parents anglais. Son père, un homme acariâtre et violent est éleveur de chevaux. Sa mère passe son temps en réception, salon de thé et réjouissances féminines. Une nourrice est là pour veiller sur les enfants, comme dans toutes bonnes familles.

C’est la nourrice qui raconte l’histoire de ce jeune enfant, encore bébé à son arrivée, que son père déteste plus que tout parce qu’il est faible. Asthmatique, Francis a de sévères crises que n’arrangent pas les nombreux animaux à poils et à plumes de la demeure. 
Très vite, il devient le préféré de la nourrice car le plus fragile. Elle comprend rapidement les penchants homosexuels de Francis et quand le père le découvre cela ne fera que décupler sa violence. Francis sera jeté hors de la maison familial à seize ans et entretiendra avec Nanny, une correspondance régulière où il lui raconte ses aventures londoniennes, berlinoises et parisiennes.

D’un abord peu aisé, ce récit non objectif d’une mère de substitution décrit avec un peu de longueur mais un franc parlé rafraichissant, les sentiments qu’elle éprouve pour ce petit garçon sans défense face à un père violent et une mère absente et immature. Cependant, l’écriture raffinée et le style de l’auteure mérite qu’on s’accroche à sa lecture. 
Le récit comprend trois parties très justement nommées « tragédies ». La première présente le père et nous conte l’enfance et le début de l’adolescence de Francis Bacon.
La deuxième nous parle de Jessie Lightfoot, la Nanny, qui a rejoint Francis à Londres et l’accompagnera dans ses déplacements. Londres où elle veille sur lui, tirant le diable par la queue car il ne gagne pas sa vie avec ses meubles, ses toiles et son travail de décorateur d’intérieur. 
Enfin la troisième, intitulée Peter et Georges et relatée après le décès de Nanny.

Entre les épisodes de la vie du peintre, Francis décrit un de ses tableaux qui s’explique à la lecture de ce qui a précédé. C’est remarquable comme mise en parallèle et travail de recherche. C’est d’ailleurs, pour moi, toute la force du récit. Francis Bacon n’étant pas un peintre à l’œuvre facile à appréhender, on comprend mieux à la lecture de sa biographie, les tableaux sombres, sanguins, les personnages qui transpirent la folie et la peur. C’était un homme déchiré, tourmenté qui semble vouloir apprivoiser ses fantômes en leur donnant vie dans ses toiles. 
Un grand merci à Masse critique de Babelio pour cette découverte. J’ai vraiment aimé ce roman, ses personnages attachants et le coup de projecteur qu’il met sur ce peintre
 

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P
Comme je ne connais rien de cet homme, ce livre pourrait me plaire et m'en apprendre beaucoup sur sa vie...
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A
J'ai pensé la même chose : "c'est l'occasion de découvrir la vie de ce peintre".
P
Voilà un roman qui me tente bien. Merci de nous l'avoir fait connaitre.
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A
Avec plaisir !