Par argali
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Dans un monde futuriste et apaisé où les livres ont disparu, Marty se voit offrir par sa grand-mère une BD qui raconte la vie de son père en 2025. Au fil des pages, il découvre l’enfance de Mattéo y reconnaissant des situations vécues et ses propres émotions et fêlures. On entre de manière sensible dans le monde des HPI avec sa complexité et ses difficultés.
Les deux histoires, celles du père et du fils, se mêlent peu à peu. Un monde chaud, dans des tons jaunes empreints de nostalgie pour 2025, des tons froids, bleutés et une architecture organique qui rappelle les immeubles de Vincent Callebaut à Taïwan pour 2055. On a le sentiment d’entrer dans un récit d’anticipation, une dystopie d’après la Grande Bascule.
Après le succès du roman paru en 2014 chez Luce Wilquin et en 2020 chez J’ai lu, Isabelle Bary sort l’adaptation en bande dessinée avec l’aide d’Eric Corbeyran au scénario et Ludo Borecki au dessin. L’histoire a été légèrement adaptée pour le format BD et cela donne un graphisme agréable et soigné porté par une mise en scène claire qui privilégie les personnages et les émotions. On y perçoit avec force le désarroi et l’impuissance de la maman devant les crises de son fils et la solitude de Mattéo, en proie à sentiment de rejet permanent.
Ce premier tome prend le temps de poser le décor et se termine par un dossier pédagogique, outil indispensable pour décrypter ce qu’est d’être HPI.
Une belle manière, très réussie, de mettre le roman à la portée de tous.
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