• Adieu à Berlin, Christopher ISHERWOOD

    Adieu à Berlin, Christopher ISHERWOODLe narrateur d’Adieu à Berlin s’appelle Christopher Issyvoo. Son histoire, dans ce roman dont la première édition remonte à 1939, évoque indirectement la tempête qui se prépare à Berlin, avant et juste après la prise du pouvoir par les nazis. Les événements sont vus à travers une série de personnages : Fraulein Schroeder, la logeuse de Chris ; Sally Bowles, une épave de la haute société anglaise ; les Nowaks, une famille d’ouvriers qui travaille dur ; les Landauers, une riche famille juive qui possède des magasins et ne va pas tarder à être ruinée.
    La peinture de l’effet brutal des événements sur la vie quotidienne des êtres est une réussite totale

    Mon avis :

    Ce roman qui attendait dans ma PAL depuis six mois s’est imposé à moi après le spectacle « Cabaret » que j’ai vu en décembre. Cette célèbre comédie musicale avec Lizza Minelli est l’adaptation d’une partie de ce récit.

    Berlin 1930, la classe moyenne est ‘’en déconfiture’’, le libertinage bien présent : les prostituées déambulent dans les rues caverneuses de cette ville. C’est là que le personnage Herr Issywoo, écrivain anglais, loge dans une petite chambre lugubre du grand appartement de Frl. Lina Schroeder, la logeuse. Dès le début, il se pose en témoin de la vie à Berlin ; vie quotidienne, difficile ou insouciante, nocturne et décadente de ses divers habitants. Comme il le précise dans le prologue, il reste à la lisière des choses, comme « une caméra braquée, absolument passive, qui enregistre et ne pense pas. » Ainsi, à travers son personnage, il peut dénoncer les dérives de la société berlinoise pré-nazie tout en prenant du recul et bénéficier de l’objectivité désirée.

    En un récit en apparence désordonné, il saisit des instantanés de vie dans l'intimité berlinoise. Il croque son entourage sans jamais juger ou imposer sa vision. Il est juste témoin. Il nous présente ses relations, ses amis, ses rencontres d’un soir, les décrivant tour à tour avec humour, perspicacité ou fascination. Son regard se fait tendre et désabusé suivant les circonstances. S’impliquant peu, il ne confie jamais ses aspirations homosexuelles mais les laisse sous entendre. Il préfère mettre en lumière ses personnages qui se débattent dans un univers qu’ils ne maitrisent pas toujours, instable, provoquant voire décadent. Sentant venir des heures sombres, il fuira finalement cette ville après en avoir décrit par touches impressionnistes la décomposition.

    Ces tranches de vie relatent et illustrent une situation politique et historique très proche de la réalité. Tombée sous le charme de cette ville et passionnée par cette époque, j’ai beaucoup aimé cette autofiction, sa justesse de ton, sa finesse de description et le regard qu’Isherwood porte sur ses semblables. Jusqu’à ce que le racisme ordinaire dont il est témoin l’angoisse jusqu’à la nausée.

     

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  • Commentaires

    1
    Jacqueline
    Samedi 10 Janvier 2015 à 08:16

    Un roman intéressant .....:-)

    2
    Samedi 10 Janvier 2015 à 20:43
    Alex-Mot-à-Mots

    Tu me donnes envie de découvrir ce roman.

    3
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 14:19
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