• Flic. Valentin GENDROT

    Flic. Valentin GENDROTSurfant sur la vague des violences policières et du mal-être des forces de l’ordre, Valentin Gendrot a infiltré la profession pendant de longs mois pour en rendre compte dans un livre paru en cette rentrée 2020. Embusqué au cœur du commissariat du 19e arrondissement de Paris, il raconte son immersion et ses réflexions.

     

    Mon avis :

     

    J’étais curieuse et méfiante à la fois en entamant cet ouvrage. Je connais la situation en France par ce qu’en rapportent les médias, souvent à grand coup de sensationnalisme. J’ai aussi beaucoup écouté des anciens flics devenus écrivains et racontant leur vécu sur le terrain. Je sais que les bavures policières sont (trop) nombreuses en France et en Belgique. Cependant les policiers belges que je côtoie, amis ou voisins n’ont rien à voir avec ces Rambo. Ils sont simple flic, aux stups, à la PJ ou à la police des polices. Et je ne les reconnais pas dans le portrait négatif qu’on dresse trop souvent des policiers. Je ne suis pas non plus naïve. Je sais qu’il y a des pommes pourries dans les forces de l’ordre. J’ai vu plus d’un reportage sur le sujet. Mais je n’aime jamais quand on dénigre une profession sans modération, en généralisant. J’espérais donc que l’auteur n’avait démarré ses recherches sur un parti pris qu’il cherchait à étayer.

     

    Dès son instruction, Valentin Gendrot tombe sur la crème de la crème, un raciste et un fasciste, dans sa chambrée. Et dès son premier poste, il relève des infractions au droit des personnes.
    Valentin Gendrot décrit des scènes dignes des grands films policiers de Blier, Ventura, Belmondo et autres : gifles qui claquent, propos racistes, discrimination, voie de fait… C’était bien parti pour faire une instruction à charge uniquement. Jamais il ne parle des hommes derrière les flics, de leur vie, de leur famille, de leur histoire. Jamais il ne contextualise les faits.

    Et devant cette violence, qu’a-t-il fait ? Rien. Il raconte les scènes de violence comme un spectateur ébahi. Mais n’avait-il pas un devoir d’intervenir ou de dénoncer ? Est-ce normal de laisser faire ? Pire de mentir pour couvrir des collègues par peur de se griller ? N’est-ce pas, là aussi, une infraction dont il s’est rendu coupable ?

     

    Bien que ce soit presque anecdotique, il présente aussi le quotidien des policiers qui trop souvent ont l’impression de travailler pour rien et ne trouvent plus de sens dans leurs recherches et leurs arrestations sachant que la justice ne donnera pas suite dans la plupart des cas ou que la seule chose qui compte soit les quotas. Il dénonce également le manque de moyens des commissariats, la vétustés des lieux, les suicides, le mal-être des agents et la formation trop sommaire qu’ils reçoivent. Mais, je regrette que ce livre n’apporte finalement pas grand-chose à ce qu’on savait déjà.

     

    La démarche était osée bien que discutable, nécessaire sans doute. Mais j’ai envie dire « tout ça pour ça ». J’attendais plus, autre, différent que ce qu’on lit partout. Et puis j’aurais aimé plus de faits vécus et moins de « on m’a rapporté que ». Cinq individus ne font pas tout un corps de police.

     

     


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  • Commentaires

    1
    pascal
    Mercredi 28 Octobre 2020 à 17:53

    J'ai lu de larges extraits dans divers magazines et j'ai trouvé ça très orienté. Mais je n'ai pas encore lu cet ouvrage. Je me demande jusqu'où peut aller l'infiltration. Peut-on même appeler ça de l'infiltration étant donné qu'il a fait tout le parcours d'un vrai flic ? 
    Et je trouve les traits un peu forcés : dès le début il tombe sur des cons racistes et cela ne va que se confirmer tout au long de ses deux ans ? Too much pour moi. Il aurait pu tout dire. Il n'a sûrement pas rencontré que ça.

    2
    Mercredi 28 Octobre 2020 à 20:59

    Dommage ! C'est un livre qui aurait pu être intéressant ! 

    Bonne soirée. 

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