• Hôtel Adlon, Philip KERR

    Hôtel Adlon, Philip KERR Berlin, 1934 : Le monde est aveugle. Mais Bernie Gunther, lui, ne l’est pas. Après avoir quitté la police de plus en plus nazifiée, il est chargé de la sécurité des résidents du célèbre hôtel Adlon. Le dirigeant d’une entreprise de construction est retrouvé assassiné dans sa chambre. Quelque temps plus tard, on repêche le cadavre d’un jeune boxeur juif. Y aurait-il un lien entre ces deux meurtres ? Dans le même temps, Bernie fait la connaissance de deux résidents de l’hôtel : une talentueuse et ravissante journaliste qui milite pour que les États-Unis boycottent les Jeux olympiques de 1936 et un gangster américain proche de la mafia de Chicago, bien décidé à s’enrichir grâce aux J.O. Sur fond de montée de la discrimination à l’égard des juifs, Bernie découvre un réseau de sociétés écrans, destinées à détourner les sommes pharaoniques que les nazis sont prêts à dépenser pour exhiber le nouveau visage de l’Allemagne grâce à la construction du stade prévu pour accueillir les J.O. . La lumière sur cette affaire ne se fera que vingt ans plus tard, dans le Cuba prérévolutionnaire.  

     

    Mon avis :

     

    Ce sixième tome des aventures de Bernie, se scinde donc en deux parties distinctes.

    La première se déroule à Berlin en 1934. Les lois de Nuremberg ne sont pas encore promulguées mais on sent déjà poindre ce qu’elles seront. Les Juifs se voient priver d’un certains nombres de droits dont celui, pour les sportifs, de participer aux futurs jeux olympiques. Une journaliste juive américaine va demander à Bernie, devenu agent de sécurité au prestigieux Hôtel Adlon, de l’aider à prouver ces interdits afin de faire boycotter ces JO par les Etats-Unis.

    La seconde partie se passe à La Havane vingt ans plus tard. Castro est en prison après un coup d’état manqué et Batista dirige le pays aidé d’une armada d’espions en tout genre. Quant aux hôtels, casino, boîtes de nuit… ils sont aux mains d’une véritable mafia internationale.

     

    Philip Kerr construit son récit sur la même structure que les précédents : une mort mystérieuse, qui s’inscrit dans un moment bien défini de l’Histoire, des descriptions minutieuses des lieux et des personnages qui interviennent et une analyse critique de la politique en place. Et la formule fait merveille une fois encore. On ne sait si on suit l’histoire pour dénouer l’intrigue, en apprendre davantage sur l’époque et le pays ou pour découvrir un nouvel épisode de la vie mouvementée de Bernhard Gunther.

    Notre détective au CV tourmenté est amené une fois de plus à réaliser des compromis avec ses convictions personnelles afin de faire éclater la vérité et d’aider ses amis. Et même si le personnage nous est devenu très sympathique au fil du temps, il faut bien avouer qu’il cultive une certaine ambigüité qui nous fait parfois douter de son intrinsèque honnêteté. En cela le premier chapitre donne la pleine mesure de ce double jeu qui résume finalement toute sa vie.

     

    Pour ceux qui ne connaîtraient par encore Bernhard Gunther, cette pensée lève un coin du voile ainsi qu’elle éclaire sa philosophie.

    Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n’est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu’un qui les change en lois. 

     

    Malgré sa simplicité apparente, l’intrigue, si bien écrite, est d’une précision diabolique et nous entraine toujours plus loin dans le récit, sans nous laisser le temps de souffler. Philip Kerr est vraiment un fabuleux conteur dont l’écriture riche en métaphores est particulièrement agréable à lire.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Avril 2012 à 19:43
    Alex-Mot-à-Mots

    Tu me donnes bien envie de lire ce 6e tome et de retrouver cet allemand.

    2
    Samedi 22 Mars 2014 à 11:15
    Coucou Argali... Peut-on lire ce livre sans avoir lu les précédents?
    3
    Dimanche 23 Mars 2014 à 09:35

    Oui mais il y a quand même pas mal d'allusions aux titres précédents. Cela ne devrait cependant pas t'empêcher de comprendre.

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