• L'enfant témoin, Robert ROTENBERG

    L'enfant témoin, Robert ROTENBERGTerrance Wyler, héritier d'une riche dynastie canadienne, est retrouvé mort chez lui le jour de l'ouverture du procès de son divorce. Tout accuse sa femme, Samantha. Possessive et jalouse, elle a également un mobile : la lutte pour la garde de leur enfant. Le témoignage de Simon est décisif : il déclare avoir vu sa mère le soir du meurtre, chez son père. Devant un dossier aussi accablant, Ted DiPaulo, l'avocat de Samantha, lui conseille de plaider coupable d'homicide involontaire. Il souhaite éviter un procès à l'issue duquel la sentence serait encore plus lourde.

    Mon avis :

    Deuxième roman de Robert Rotenberg, « L’enfant témoin » nous plonge au cœur d’une enquête pour meurtre et du procès qui en découlera. Comme dans « Silence radio », l’auteur nous entraine au cœur du système judiciaire canadien, dans la ville de Toronto, nous apprenant au passage quelques habitudes de prétoire (le juge n’a pas de marteau au Canada) ou l’origine des tenues vestimentaires différentes selon que l’on est Avocat de la Couronne ou avocat débutant.

    Mais ce qui reste étonnant, pour nous Belges ou Français, ce sont les arrangements possibles entre parties afin d’éviter un procès ou d’en déterminer la peine au préalable. Mieux vaut parfois se déclarer coupable que s’entêter à clamer son innocence, ce qui est quand même un comble !

    « L’enfant témoin », c’est Simon, quatre ans. Il dormait le soir où son père a été tué mais se souvient d’avoir vu sa mère dans son sommeil venir l’embrasser et lui dire au revoir. Son témoignage sera capital, d’autant que sa mère s’enferme dans un mutisme déterminé, ne cherchant même pas à fournir un alibi pour le soir du meurtre. Tous les indices convergent vers elle et la culpabilité semble donc évidente. Pourtant, inspecteurs comme procureur ou avocat seront amenés au fil du temps à revoir leur intime conviction plusieurs fois.

    Les cent premières pages sont primordiales pour bien comprendre qui sont les protagonistes de l’affaire, quel est le rôle de chacun et les liens qui unissent tout ce petit monde. L’auteur prend le temps d’installer ses personnages, de les mettre en place. Avec une grande finesse, il construit peu à peu leur personnalité, leur psychologie et cela donne une profondeur à l’intrigue, somme toute classique. On ne peut pas dire qu’un « héros » se détache du lot ; on a plutôt affaire à un ensemble d’intervenants qui ont ou vont partager des moments de vie, des émotions au fur et à mesure que l’enquête et le procès se dérouleront. Ce qui m’a plu, c’est que chacun trouvera dans l’histoire familiale jetée en pâture au public lors du procès, des échos à sa propre existence, à son enfance, emportant ainsi l’empathie du lecteur.

    L’intrigue se construit alors autour d’eux, avec son lot de rebondissements, de révélations et de fausses pistes. Comme dans « Silence radio », on ne trouvera pas de scène de crime débridée, de violence ou de montée d’adrénaline. Mais un suspens finement mené à son terme, dans une écriture maîtrisée, et une belle étude psychologique des personnages qui donne envie de les suivre jusqu’au bout.

    Tout au long du récit, on sent l’empreinte de l’avocat derrière l’écrivain. Il nous dévoile les stratégies judiciaires autorisées par le système, la manière dont la presse est associée l’air de rien à l’enquête ou la façon de déstabiliser un témoin pour créer un effet en faveur ou défaveur de l’accusé. De cette véracité judiciaire découle le rendu très réaliste du roman.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 18 Avril 2013 à 11:27
    Alex-Mot-à-Mots

    Les arcanes judiciares ont l'air de te passionner, on dirait.

    2
    Jeudi 18 Avril 2013 à 17:20

    Oui, j'aime beaucoup. Cela vient peut-être de la série Perry Masson que j'ai adoré étant plus jeune.

    3
    Vendredi 19 Avril 2013 à 00:16
    Lystig

    canadien, cela change !

    et zou, un de plus noté !

    4
    Vendredi 19 Avril 2013 à 21:15

    Un livre qui m'intéresserait certainement mais c'est décidé, je n'achète plus de livres (hum, hum!).

    ¨Passe un bon weekend. 

    5
    Vendredi 19 Avril 2013 à 22:35

    Promesse d'ivrogne ça...  Je dis ça tout le temps aussi...

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