• La cote 512, Thierry BOURCY

    La cote 512, Thierry BOURCYLe jeune flic Célestin Louise, apprécié de ses supérieurs, aurait pu rester à l’arrière où il s’illustrait dans la poursuite des criminels. En novembre 1914 pourtant, le jeune enquêteur à la Brigade criminelle de Paris se retrouve en première ligne à Verdun sous les ordres d’un lieutenant à peine plus âgé que lui. C’est la découverte, sous les bombes, dans les tranchées, de la folie de la guerre avec son rythme macabre d’assauts et de retraites, avec sa barbarie, ses silences improvisés, ses rigolades, pour tromper la mort. C’est la découverte de l’amitié, de la bravoure et de la peur... Et puis un jour, au cours d’un assaut, le jeune lieutenant est tué d’une balle dans le dos. Célestin Louise le comprend : cette mort-là n’est pas comme les autres. Un flic reste un flic même au milieu du carnage. L’enquête qui débute par amitié posthume mènera Célestin bien au-delà du front...

    Mon avis :

    Quelle idée originale que ce policier historique au cœur de la Grande Guerre !
    Découvert chez Joyeux Drille puis chez Paikanne, je m’étais promis de le lire dès que j’en aurais l’occasion. Je ne le regrette pas.
    Le roman débute avec l’annonce de la mobilisation. Sans hésiter, Célestin Louise s’engage. Il sent que c’est son devoir et ne peut laisser partir les copains sans lui. Le hasard va le mettre en présence d’un jeune voleur qu’il a déjà eu l’occasion d’arrêter. Au fil du temps, ils vont se rapprocher, s’apprécier et ne plus se quitter. Avec trois autres soldats, ils sont unis comme les doigts de la main, s’épaulant, se réconfortant et se divertissant les uns les autres. Alors quand Louise décide d’enquêter sur la mort du lieutenant de Mérange, bien qu’ils trouvent ça fou, ils vont former l’union sacrée et l’aider dans sa démarche comme ils s’entraident dans les tranchées. Tandis qu’un hiver glacial cède la place au printemps, ils vont affronter les charges suicidaires, les bombardements, la peur, les trêves inattendues et la mortelle indifférence des généraux, capables de laisser une compagnie dans les tranchées alors qu’ils savent qu’une galerie a été creusée en-dessous afin de la dynamiter. En ont-ils bavé ces pauvres soldats ! 
    Et toujours cette idée fixe de Louise : découvrir le meurtrier et comprendre !

    Ce premier roman de Thierry Bourcy qui date de 2005 plonge le lecteur dans une époque apocalyptique et sa force est de nous emmener dans une intrigue policière à travers des faits historiques véridiques et une atmosphère parfaitement décrite. Que ce soit sur le front ou à l’arrière, le contexte historique est précis. L’écriture au style agréable et fluide nous permet d’entrer dans les tranchées avec un héros attachant, rigoureux et débonnaire à la fois et ressentir ses émotions. Témoin de la vie quotidienne des poilus, de l’horreur des combats et des conditions de survie, Louise en est aussi le rapporteur. Le rapporteur d’une histoire méconnue des générations actuelles, celle d’une France coupée en deux où la société vivant loin des combats veut oublier cette guerre et fuit tout ce qui la lui rappelle.

    La description de ces deux mondes est ce qui m’a plu le plus dans ce policier de facture classique que je recommande vivement.

     

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  • Commentaires

    1
    MoniqueMathieu-frema
    Dimanche 13 Juillet 2014 à 10:23

    Envie  de le lire ! Merci !

     

    2
    Dimanche 13 Juillet 2014 à 17:46
    Alex-Mot-à-Mots

    Un souvenir de lecture très fort.

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