• Le groupe, Jean-Philippe BLONDEL

    Le groupe, Jean-Philippe BLONDEL« On a tous été secoués. Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C’est comme si nous avions été projetés à l’intérieur d’un film très réaliste. Juliette et Camille s’essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond pour contrer l’émotion. Mais le plus troublant, c’était Mme Grand. Alors, elle, toutes les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C’est bizarre de voir un adulte pleurer. »

    Mon avis :

    François Roussel, professeur et écrivain, se laisse convaincre par une collègue d’organiser un atelier d’écriture à l’école, pour des terminales volontaires. Il a toujours refusé de mêler ses deux vies professionnelles mais là, il accepte dubitatif sur l’intérêt des étudiants. Ils seront douze à relever le défi, une heure par semaine.

    Ce roman polyphonique de Jean-Philippe Blondel est largement autobiographique puisqu’il se met en scène dans un exercice qu’il a réellement pratiqué. Lors de l’écriture du roman, il a demandé aux élèves leur autorisation de publier leurs textes et leur a même donné un dernier « devoir » celui de raconter, avec un an de recul, comment ils avaient vécu les mois traversés ensemble. Cinq ont relevé le défi. Une n’a envoyé qu’un texte, le dernier.

    Ce qui m’a touché dans ce récit c’est la justesse des mots employés par les étudiants pour décrire leur quotidien, leurs préoccupations d’adolescents à un carrefour de leur vie. M. Roussel craignait que les élèves ne s’impliquent pas, je pense qu’ils sont allés au-delà de ses espérances, d’où le livre. L’histoire du projet, les exercices, les réactions… tout y est parfaitement retranscrit et nous dévoile peu à peu la personnalité de chacun, sans concession. Tout sonne juste.
    Cet atelier d’écriture et ce livre qui donnent la parole ou plutôt la plume à chacun, tour à tour, témoignent aussi, si besoin en était, de la puissance, du pouvoir de l’écriture sur celui qui en accepte les règles.

    Difficile de savoir où est la fiction, où est le réel. Ecrire, c’est mentir un peu. Mais est-ce important ? L’intime est délicatement rendu, le cheminement de chacun est mis en lumière avec finesse. Les masques tombent peu à peu et chacun en est conscient. Quelque chose de fort les lie désormais. Pour toujours ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre, ces cinq mois laisseront des traces dans leur vie.

    Un roman à lire et à faire lire. De bonnes idées d’écriture à puiser pour les enseignants et peut-être, des points de départ pour les jeunes qui voudraient tenter l’expérience.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jacqueline
    Vendredi 15 Décembre 2017 à 07:49
    A lire donc .... Blondel est un auteur que j'aime beaucoup ....l'écriture, la vision des choses, la justesse psychologique ....
    2
    Vendredi 15 Décembre 2017 à 20:24

    Ah ! quand ma première expérience avec un écrivain se solde par un échec ! Je n'ai alors plus aucune envie de poursuivre. J'ai donc abandonné Blondel...

    Je pourrais peut-être retenter l'expérience avec ce bouquin qui me semble original et intéressant...

    Bon weekend. 

      • Jacqueline
        Vendredi 15 Décembre 2017 à 22:15
        Oh, Philippe, je suis curieuse de connaître le titre du roman qui t'a déçu. ...
    3
    Samedi 16 Décembre 2017 à 16:42
    eimelle

    un auteur que j'aime beaucoup! Je le lirai peut-être en attendant son prochain "adulte"!

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