• Maculée conception, Mélanie CHAPPUIS

    Yechoua vient de naître. Il n'est plus dans le ventre de sa maman. Maryam le maintient contre son sein. C'est son enfant. Celui de l'homme qu'elle aime. Pas celui de Joseph. Ni celui de Dieu. Pas non plus le sauveur qu'ils attendent, pas encore. C'est sa chair, sa passion, sa déraison. Cette naissance est aussi celle de Maryam. Il faut regarder au-delà de l'enfant. Se libérer des parents. Être celle que Yechoua peut suivre. Elle se trouve une nouvelle terre d''accueil, une autre philosophie, un travail auprès des plus démunis. Bien plus que l'histoire de Maryam, ce roman est celui de toutes celles qui donnent la vie. Il raconte un boulever­sement, la maternité amenant la femme. Maculée conception affranchit Marie de son statut de sainte, l'incarne en mère et en femme, pour dire la perte de repères qu'engendre la maternité, avant le relèvement et le dépassement de soi.

    Mon avis :

    Cela m’arrive rarement avec un roman des Editions Luce Wilquin mais j’ai vraiment eu des difficultés à aborder ce livre. Je suis restée spectatrice d’un récit qui ne m’a pas touchée et m’a même plutôt agacée.
    Vu que c’est un roman, je l’ai pris comme tel, une œuvre de fiction. Mais je n’ai pas réussi à faire fi de ma culture chrétienne pour entrer dans la vie des personnages de ce roman.
    Le récit de Mélanie Chappuis prend appui sur les Evangiles de l’enfance. On y rencontre Maryam, jeune fille de 17 ans, seconde épouse de Joseph qui s’apprête à mettre au monde son enfant Yechoua. Respectant la chronologie de ces récits, elle y insère cependant des éléments tirés des récits apocryphes et de son imagination fertile. Le personnage de Maryam n’a donc rien à voir avec Marie la mère du Christ selon les catholiques. Et c’est là que le bat blesse. Il m’a été très difficile de la voir comme un personnage de pure fiction.

    Le cadre est rendu avec justesse, les descriptions de la vie quotidienne, des traditions… restituent magnifiquement ce qu’a dû être cette époque. Tout sonne juste mais…
    Maryam est enceinte de Barabas, elle se refuse à son époux qu’elle trouve trop vieux, elle a une relation conflictuelle avec sa mère, avec la servante de Joseph, s’entend mal avec les enfants né d’un premier mariage…Le massacre des innocents est ordonné parce que Yechoua est le rejeton de Barabas. Maryam se sauve seule en Egypte où elle retrouve son grand amour quelques temps et fréquente des thérapeutes qui l’aident à avancer… Joseph est assassiné avant les douze ans de Yechoua et c’est donc Maryam qui l’emmène seule au temple. (Ca, cela me semble peu crédible pour l’époque)
    Le récit est entrecoupé des pensées de Maryam qui nous apparaît comme hautaine, égoïste, profiteuse, orgueilleuse, possessive… et en proie à une instabilité émotionnelle perturbante.

    Bref. Je n’ai pas compris le but de l’auteur qui se défend de vouloir choquer ou de remettre en cause les dogmes catholiques. Ce récit ne m’a pas choquée. Je ne le comprends pas.
    Ne pouvait-elle écrire le même sans se baser sur des personnages aussi emblématiques ? Pourquoi revisiter l’histoire ? Pourquoi faire de Marie, une femme contemporaine mal dans son statut de femme, de mère et d’épouse ? Pourquoi en faire une femme déprimée vouant un amour fou à son enfant, un amour fusionnel déséquilibrant ? Pourquoi, me semble-t-il, en avoir fait une femme qui lui ressemble ?
    Si l’on fait fi du rapport historique pour ne voir qu’un récit, on y trouve une jolie plume, décrivant sensibilité, tendresse, questionnement sur le mystère de la maternité qui permet à la femme de devenir mère, un bonheur et un risque, une joie immense et un flot de craintes. On découvre un amour charnel fusionnel déstabilisant et on assiste à un déchirement lorsqu’il faut se préparer à donner des ailes à son enfant, en être dépossédée. Rien de bien neuf cependant.
    Un récit dont je ne peux mieux vous parler. Je pense être passée à côté. A vous de voir s’il est pour vous, s’il vous tente.

     

    Maculée conception, Mélanie CHAPPUISSuisse

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 17 Mai 2014 à 12:31
    Mina M

    Le fait que ce soit inspiré de l'histoire biblique m'avait d'abord arrêtée face à ce livre (ça ne m'intéressait pas), puis quelques articles insistant sur la féminité et la maternité m'ont convaincue. J'espère ne pas être déçue par cet aspect-là quand je le lirai... Est-il prépondérant ou est-ce plutôt l'histoire biblique qui est mise en avant ?

    2
    Samedi 17 Mai 2014 à 12:52

    Par ce que tu en dis, je ne suis pas intéressé.

    Bon weekend. 

    3
    Samedi 17 Mai 2014 à 13:22
    Anne (desmotsetdesno

    Je pense que j'aurais les mêmes difficultés que toi. De toute façon ce livre ne m'attire pas du tout, sans qu'aucun billet m'influence dans un sens ou dans l'autre !

    4
    Samedi 17 Mai 2014 à 14:35

    Il m'a été également recommandé, en insistant sur la féminité et la maternité qui est mise en avant à travers le personnage, mais je ne sais qu'en penser, si cette lecture sera pour moi ou pas parce que, comme toi, je reste sceptique quand au choix d'un personnage biblique ( ce qui ne me choque pas non plus mais que comme toi, je ne comprends pas bien )

    5
    Samedi 17 Mai 2014 à 15:15

    On ne peut pas faire fi de l'histoire biblique (hélas) mais ce n'est qu'une toile de fond, un décor. L'auteur prétend avoir voulu écrire un roman sur la maternité et le passage de femme à mère et de mère fusionnelle à mère libératrice.
    Mais euh, comme dire, je ne suis sans doute pas normale, mais si être mère a été ma plus belle aventure, je ne suis pas du genre à m'auto-psychanalyser, à m'interroger, à me regarder le nombril... et je n'ai pas été touchée par le pathos et la psychologie qui suintent entre les lignes.
    Mardi, je rencontre l'auteure dans ma librairie, j'espère pouvoir l'interroger et entendre ce que d'autres ont à dire sur leur lecture.

     

    6
    LaFée
    Samedi 17 Mai 2014 à 15:32

     je passe mon tour, comme on dit : ni le sujet si son traitement ne sont ma tasse de thé ;-)

    7
    Jacqueline H
    Samedi 17 Mai 2014 à 17:51

    Voilà un roman que je ne lirai pas..... Déjà que la 4ème de couverture ne me tentait guère ..... Ton billet a fini de me convaincre que cette lecture n'est vraiment pas pour moi ...

    8
    Lundi 19 Mai 2014 à 09:06
    Alex-Mot-à-Mots

    En fait non, il ne me tente pas trop.....

    9
    Mercredi 21 Mai 2014 à 00:55

    J'ai rencontré une femme douce et généreuse, sensible. J'ai aimé l'entendre parler de son livre. Elle en a lu des extraits et sa voix chaude a donné vie à un autre personnage que celui que j'avais lu, que j'avais entendu. Je suis vraiment passée à côté de ce roman. frown

    10
    Jeudi 22 Mai 2014 à 14:44

    Je n'avais pas vu ton billet. Je le découvre après avoir lu ta rencontre avec l'auteur ce mardi. Si j'avais su...
    J'ai lu ce roman il y a quelques mois et j'ai eu des difficulté à l'appréhender aussi. Un peu comme toi, le côté biblique m'a gênée. J'ai essayé de me focaliser sur l'histoire de cette femme, de sa maternité mais j'ai souvent été rattrapée par le côté historique/symbolique.
    Au final, j'ai beaucoup aimé la tendresse de cette mère, cet amour absolu pour son enfant, la réflexion sur la maternité... mais je regrette aussi le choix de l'époque est des personnages. Une amie m'a dit que ça faisait la force du livre, pour moi ça l'a plutôt desservi.
    Voilà. J'aurais aimé rencontré l'auteur aussi. D'après tes photos, elle a l'air très douce, très féminine.

     

    11
    Jeudi 22 Mai 2014 à 15:51

    L'auteur est vraiment quelqu'un de très sympathique effectivement. Je suis heureuse de l'avoir rencontrée et de lui avoir parlé.

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