• On the Brinks, Sam MILLAR

    On the Brinks, Sam MILLARDe fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. À ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles.
    Catholique, Millar combat avec l’IRA et se retrouve à Long Kesh, la prison d’Irlande du Nord où les Anglais brutalisent leurs prisonniers. Indomptable, il survit sans trahir les siens: voilà pour la partie la plus noire, écrite avec fureur et un humour constant.
    Réfugié aux Etats-Unis après sa libération, il conçoit ce qui deviendra le 5e casse le plus important de l’histoire américaine. La manière dont il dévalise le dépôt de la Brinks à Rochester, avec un copain irlandais, des flingues en plastique et une fourgonnette pourrie, est à ne pas croire. Même Dortmunder, dans un roman de Westlake, s’y prendrait mieux. Il n’empêche, le butin dépasse les 7 millions de dollars!
    Un procès et une condamnation plus tard, il retrouve la liberté, mais entretemps, la plus grande partie de l’argent a disparu. Millar semble avoir été roulé par ses complices. Saura-t-on jamais la vérité?
    En tout cas, le FBI cherche toujours!

    Mon avis :

     Fan de polars et amatrice de récits sur la Seconde Guerre mondiale, je croyais avoir déjà lu du glauque, du gore, de l’insoutenable… et découvert le tréfonds de la noirceur de l’âme humaine. C’était sans compter le récit autobiographique de Sam Millar.

     « On the brinks » est construit en deux temps. Il relate dans une première partie, les vingt cinq premières années de Sam Millar. Adolescent catholique, il a 14 ans quand il vit le Bloody Sunday. Il prend alors douloureusement conscience du combat politique à mener. Arrêté à dix-sept ans, il aurait pu écoper d’une amende, il sera condamné à 3 ans de prison et en fera… huit ! Enfermé à Long Kesh, dans des conditions inhumaines, bestiales, et dégradantes parce qu’il a refusé, comme d’autres, d’enfiler l’uniforme britannique des prisonniers, il supportera l’horreur de la brutalité et de la cruauté des gardiens, ne cessant de rivaliser d’ingéniosité pour torturer les détenus. Il est impensable que de tels faits aient pu avoir lieu à notre époque, dans un pays « civilisé » de l’UE et inadmissible que les responsables directs et indirects n’aient jamais été inquiétés.

     Dans la seconde partie, heureusement plus légère, nous découvrons un Sam Millar réfugié aux Etats-Unis. Travaillant d’abord dans un casino clandestin comme croupier, il deviendra directeur des caisses puis, à la fermeture du casino, bouquiniste. Grâce à quelques relations, il aura ensuite l’opportunité d’être le concepteur du 5e casse le plus important de l’histoire américaine. Pourtant la préparation est tellement naïve et amateur qu’aucun auteur sérieux n’oserait s’en servir dans un roman. Il n’empêche, ce vol leur rapportera 7 millions de dollars.

     J’ai dévoré ce récit comme un thriller tant il est passionnant d’un bout à l’autre. La première partie est un uppercut que je n’attendais pas mais derrière l’horreur des faits, il y a une écriture nerveuse, acérée et forte et un humour constant qui permet de prendre quelques respirations bienvenues. La deuxième ne nous dévoile pas tous les détails de sa vie et du casse et cela ne fait qu’accroitre le côté mystérieux de cette histoire dont le FBI ne connait pas encore toute la vérité.

     Je tenais à commencer ma découverte de Sam Millar par ce livre avant de me plonger dans ses romans pour comprendre son passé et mieux apprécier son écriture, marquée de l’histoire de sa vie. Je ne suis pas déçue. Cette autobiographie dure et poignante est une formidable leçon de courage et une ode à la vie. Secoué par la violence des évocations et des mots, on sort bouleversé de cette lecture.

    Je vous recommande chaudement ce livre.


     

      

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 17 Avril 2014 à 11:53
    Anne (desmotsetdesno

    Je note ! 

    2
    Vendredi 18 Avril 2014 à 20:11
    Alex-Mot-à-Mots

    Il est dans ma PAL, mais je ne me rappelais pas qu'il était autobiographique.

    3
    Vendredi 18 Avril 2014 à 20:22

    Si mais il se lit comme un roman. C'est très fluide.

     

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