• Propagande noire, FENECH et MALAFAYE

    Propagande noire, FENECH et MALAFAYELyon, le 8 décembre. Le juge Renan Le Goff est saisi d’une enquête sur la mort d’un adepte des survivalistes. Il s’attaque à la plus puissante secte au monde, et peut-être aurait-il dû faire comme d’autres, ne pas s’en approcher. Mais ce quadra solitaire, entêté, un brin macho, est aussi pétri d’idéal de justice et va enquêter au mépris du danger. Le juge Le Goff n’a pas la moindre idée de ce qu’il déclenche : infiltrés dans toutes les strates de la société française, même au plus haut niveau du pouvoir, les survivalistes lancent contre lui la propagande noire. Attaqué dans son intégrité, épié jusque dans le palais de justice, atteint dans sa vie privée, Renan Le Goff va mener un combat dantesque. Seul, ou presque, face à cette force occulte qui a déjà commencé à ronger la charpente de notre société. 

    Mon avis :

    Ancien juge d’instruction, Georges Fenech signe avec l’écrivain Alexandre Malafaye ce roman noir qui nous plonge au cœur de l’une des sectes les plus puissantes du monde. La propagande noire, terme utilisé et défini par Ron Hubbard lui-même, est le fait d’organiser le discrédit de toute personne tenant sur la scientologie un discours objectif ou négatif. Cela donne le ton.

    Bien que jamais ces noms ne soient cités dans le récit, le lecteur décèle aisément des allusions et des rapprochements avec diverses affaires ayant défrayés la chronique ces dernières années et des similitudes avec des personnages célèbres. De même, il est aisé de reconnaitre certaines figures politiques derrière les portraits tracés. - Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y avait peut-être quelques comptes à régler… -

    Ancien président de la Miviludes, Georges Fenech sait de quoi il parle. D’un bout à l’autre du roman, son regard acéré sur le monde sectaire et la justice donnent à l’histoire toute sa force et son authenticité. Construite à partir de documents précis, l’intrigue évolue crescendo, parfaitement maîtrisée. De rebondissements en révélations sur les liens occultes entre protagonistes, entre pouvoir politique et secte, nous sommes entraînés au cœur d’une machination effrayante d’efficacité, broyant tout sur son passage.

    Ce n’est sans doute pas un hasard, si l’action se déroule au cœur de Lyon, ville qui fut le cadre de l’assassinat du juge Renaud en 1975, victime d’un contrat dont on ne connait toujours pas les commanditaires. Au moins, le juge Le Goff sait-il contre qui il se bat.

    Attrayant d’un bout à l’autre, tant pour ses précisions sur la vie judiciaire que pour la crédibilité du propos, ce thriller politico-judiciaire donne à réfléchir sur l’organisation de la société et les ramifications entre les différents pouvoirs. Il rend compte aussi d’une réalité sociétale insuffisamment mise en lumière : le crime organisé.

    L’écriture fluide et efficace, un rien romanesque, pousse à enchainer les chapitres rapidement. Chapitres commençant à chaque fois par une épigraphe dont certaines sont particulièrement savoureuses.

    Bref, un bon polar, rythmé et qui tient en haleine. Merci aux éditions Kero de m’avoir permis de faire cette découverte.

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Mai 2013 à 16:11
    Alex-Mot-à-Mots

    Lyon, un 8 décembre ? Une date pleine de réjouissance, pourtant.

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