• Rêverie, Golo ZHAO

    Rêverie, Golo ZHAOUn dessinateur chinois explore Paries le temps d’une escale. Entre l’Ile Saint-Louis et La Concorde, il s’éloigne bien vite des chemins balisés pour les touristes. Débute alors une flânerie étrange. Au détour du chemin : de dangereuses jeunes femmes, des machines à remonter le temps, des peintres impressionnistes que l’on rencontre dans les bars après minuit…

     

    Mon avis :

     

    Golo Zhao a 35 ans et est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Guangzhou et de l’Académie cinématographique de Beijing. Passionné de dessin et d’animation, il nous offre ici un recueil de nouvelles fantasmagoriques dont le titre « Rêverie » fait référence à la musique de Debussy et rend un bel hommage à Paris.

    Monsieur Z, un dessinateur connu, rencontre une amie, Xiao-Yu, dans la capitale. Ils discutent, bercés par les notes de Claude Debussy qu’ils aiment tous les deux. La musique, l’ambiance de la ville, tout est propice à la séduction et à la rêverie.

    Sept nouvelles se succèdent alors. Golo Zhao nous propose d’accompagner chaque personnage dans une flânerie douce et légère où se mêlent rêves, hallucinations et réel. Nous rencontrons dans ce Paris sublimé par l’artiste un étudiant chinois qui disparait mystérieusement après une nuit d’amour avec une étudiante en astronomie, tatouée d’une étoile dans le dos ; deux survivants d’une expérience scientifique de 2100, baptisée « Capsule du temps », et derniers humains sur terre ; une jeune femme solitaire et détachée du monde qui fait appel à une société privée pour organiser son suicide le jour de ses 24 ans ou encore un jeune homme qui un soir d’errance rencontre au café Phillies, Edward Hopper et Claude Debussy. La rêverie prend fin et l’on retrouve les deux protagonistes du début.

    C’est un album déroutant. D’abord, le Paris dessiné par Zhao est fantasmé. C’est le Paris tel que le rêvent, l’imaginent les Asiatiques. On y voit cohabiter les portables dernier cri avec des vespas ou des DS et les lieux sublimés par le cinéma des années 50-60. Ensuite, chaque histoire aboutit à des événements bizarres, troublants se déroulant tous la même nuit. Policier, science-fiction, romance… chacune a un genre différent. Enfin, on a l’impression de sauter du coq à l’âne ; chaque idée, pensée en entraînant une autre et débouchant sur une nouvelle histoire. On glisse sans cesse de la réalité à l’imagination sans parfois s’en apercevoir. On aimera ou pas. Personnellement, j’ai un avis mitigé.

    J’ai aimé le trait et la diversité de celui-ci, le graphisme, l’alternance des cases rectangulaires linéaires et des pleines pages qui rendent le récit dynamique. Les couleurs toutes de dégradés de bruns et noirs participent à l’ambiance nocturne voulue par l’auteur. J’ai aimé le rendu de Paris, ses ruelles, ses beaux magasins, ses artistes, ses cafés, l’art… Je suis plus dubitative quant aux histoires : trop courtes pour découvrir vraiment les personnages, trop oniriques parfois pour cerner le sens voulu par l’auteur.

    Je reprendrai cet album plus tard car je suis sûre qu’il y a d’autres lectures possibles que cette flânerie poétique mais je suis hélas passée à côté en cette fin juin tumultueuse.

     

     

     


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