• Sauvages, Nathalie BERNARD

    Sauvages, Nathalie BERNARDJonas vient d’avoir 16 ans, ce qui signifie qu’il n’a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté.
    Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures.
    D’ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu’ils lui demandent d’être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné.
    En un mot, leur faire croire qu’ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l’indien dans l’enfant qu’il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt.

     

    Mon avis :

     

    J’ai beau savoir ce qui m’attend en lisant ces récits, je ne peux m’empêcher d’avoir le cœur au bord des lèvres à chaque fois. Tout comme la lecture de « Kill the Indian in the child », la lecture du roman de Nathalie Bernard m’a bouleversée.

    Le héros, Jonas, a 16 ans. Dans 60 jours, il sera libre. Il y a 6 ans qu’on l’a arraché à sa mère pour l’envoyer au pensionnat. Sous couvert d’éducation, il a été contraint d’abandonner toute trace de sa culture, de ses racines pour se couler dans le moule, apprendre la langue et les traditions des blancs. Il a appris à faire profil bas, se taire, encaisser les brimades, le mépris et les mauvais traitements. Cela lui a permis d’échapper aux coups et au pire. Il se tient loin de tous et pense surtout à sauver sa vie chaque jour. Mais quand son amie Lucie est retrouvée morte, quelques jours avant sa libération, tout bascule. L’agression de l’agaçant Gabriel qui travaille avec lui dans la forêt est la goutte d’eau, l’horreur de trop. Forcés à-fuir, Gabriel et lui vont affronter la forêt, le dégel, la débâcle et les chasseurs sanguinaires qui n’ont qu’une envie « tuer les sauvages ». La forêt devient alors plus qu’un refuge, à la fois amie et ennemie, elle respire, guide ou entrave mais devient aussi promesse de liberté.

     

    Le roman se compose de courts chapitres organisés en deux parties : « Dedans » et « Dehors ». Cela confère au récit un rythme soutenu. Le décompte des jours jusqu’à la libération apporte aussi du suspens et maintient l’intérêt jusqu’au bout. Le présent de Jonas est parfois entrecoupé de souvenirs qui nous expliquent comment il vivait auparavant et ce qu’il a vu durant ses années de pensionnat. Cela ajoute encore au réalisme du roman qui ne cache rien de la dure réalité des pensionnats des années 50-60 au Canada. Puis arrive la fuite et le retour aux valeurs et traditions ancestrales que 6 ans de pensionnat n’auront pas réussi à tuer.

     

    Un roman essentiel pour découvrir, si ce n’est déjà fait, la réalité des peuples autochtones au Canada. Réalité qui n’a pris fin qu’au milieu des années 90. Inconcevable.

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Juin à 21:42

    Très intéressant ! J'aime ce genre de récit. 

    Bonne semaine. 

      • Dimanche 7 Juin à 23:06

        Moi aussi. Bonne semaine, Philippe.

    2
    Lundi 8 Juin à 08:45
    Fanny

    J'avais eu le coeur serré en lisant le livre d'Elise Fontenaille.. Je sens que celui-ci aura le même effet.

      • Lundi 8 Juin à 12:37

        Exactement. Tout est sous-entendu mais cela fait mal quand même.

    3
    Lundi 8 Juin à 10:19
    enna(lit)

    J'ai beaucoup aimé aussi! Un sujet dur et révoltant mais à faire connaître!

      • Lundi 8 Juin à 12:37

        Tout-à-fait d'accord.

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