• Sombre mardi, Nicci FRENCH

    Sombre mardi, Nicci FRENCHUn homme nu, assis dans un fauteuil, une pâtisserie à la main... et pourtant bien mort. Voilà la découverte que fait l'assistante sociale chez une de ses patientes, Michelle Doyce. Celle-ci, pourtant, ne peut dire aux policiers d'où vient cet homme, ni qui il est.
    Face à ce mystère, l'inspecteur Karlsson fait appel à la psychothérapeute Frieda Klein et à son incomparable capacité à sonder l'âme humaine. Car pour découvrir le meurtrier, il faut d'abord connaître la victime...
    Un criminel pris à son propre jeu, un témoin clé qui a perdu la tête et une psy qui enquête tout en ayant le sentiment d'être épiée : non, rien dans cette affaire n'est à sa place. La pièce maîtresse manque encore au puzzle

    Mon avis :

    Pour la deuxième collaboration de l’inspecteur Karlsson et de la psy Frieda Klein, Nicci French aborde divers troubles neuropsychologiques comme le syndrome de Capgras, la schizophrénie ou encore les délires paranoïaques. Il s’agit de maladies complexes et pourtant, l’auteur parvient à ne pas alourdir l’histoire par une trop longue description de ces dysfonctionnements. Elles participent à l’intrigue, en sont la clé, tout naturellement. C’est déjà en soi un tour de force.
    Au passage, le monde médical est égratigné, jugé sur ses avis à l’emporte-pièce et son peu d’empathie envers les malades. Tel cet éminent médecin qui proclame qu’il a fait médecine pour comprendre et étudier le fonctionnement du cerveau, pas pour s’occuper des gens ou tel autre qui se passionne pour leurs troubles sur le plan théorique mais n’est pas intéressé par leurs histoires…

    L'intrigue de ce thriller psychologique se déroule en grande partie au bord de la Tamise. L’eau joue un rôle prépondérant ici de même que les balades de Frieda le long des rivières canalisées de Londres. (Une carte est d’ailleurs insérée à la fin du roman.) C’est, en effet, lors de ces balades que Frieda met de l’ordre dans ses pensées et tisse des liens entre les révélations de l’enquête et son ressenti, ses intuitions. Et si l’enquête est linéaire, sans réelle surprise, elle nous permet cependant, par de nombreux faits qui s’enchevêtrent et une foule de personnages finement dépeints, de nous forger une opinion, de tenter une hypothèse et de la confronter aux pensées de Frieda. Frieda dont l’intérêt pour autrui et l’humanisme, tout en discrétion et retenue, s’oppose si bien à l’indifférence ambiante, quelle soit médicale ou policière. Le tout sonne juste et donne à voir d’intéressantes confrontations.

    Ce deuxième opus est abouti, intriguant d’un bout à l’autre. Il se lit indépendamment du premier « Lundi mélancolie » mais en est la continuité – des éléments de la première enquête interférant dans la seconde. Il est donc recommandé de lire ces récits dans l’ordre.

    J’ai apprécié ma lecture et passé un très bon moment. Je vous propose de lire deux autres avis sur ce roman, un positif chez Yvan et un plus mitigé sur le blog « Terre du noir ».

     

    Sombre mardi, Nicci FRENCH

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Août 2013 à 07:46
    gruz
    Très heureux de constater que nous avons le même avis :-). Excellente chronique au passage et merci pour le lien vers mon avis. Ta chronique donnera envie aux lecteurs potentiels, j'en suis sûr.
    Amicalement
    2
    Mardi 6 Août 2013 à 10:44
    Anne (desmotsetdesno

    Frieda qui marche et reie les fils de l'enquête, cela me fait un peu penser à Adamsberg... Ca doit être le seul point commun ;-) Je l'ai noté en Angleterre.

    3
    Mardi 6 Août 2013 à 11:14

    Oui, c'est vrai, il y a un peu de ça. Merci pour l'ajout.

    4
    Jeudi 8 Août 2013 à 21:30

    Je pars demain. Je te dis donc "à bientôt."

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