• Temps glaciaires, Fred VARGAS

    Temps glaciaires, Fred VARGAS« Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’œil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment.
    - La femme du 33bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes, il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ?

    Mon avis : 

    Fred Vargas est décidément un de mes auteurs préférés. Ses personnages complexes, ses références historiques d’une précision chirurgicale et jamais envahissantes donnent à ses romans une touche unique, reconnaissable entre toutes et je les trouve passionnants.

    Cette fois, tout commence à Paris. Une vieille dame en déambulateur avance péniblement dans la rue et s’écroule soudain, prise d’un malaise. Une passante lui porte secours et aperçoit une enveloppe qu’elle s’apprêtait à poster. Elle la glisse pour elle dans la boite pendant qu’on l’emmène à l’hôpital. Elle en sortira après une nuit d’observation. Mais 48h plus tard, on la retrouvera morte dans sa baignoire. C’est le début d’une intrigue qui mènera Adamsberg et Danglard jusqu’en Islande et au cœur d’une société secrète qui redonne vie aux grandes heures de la Révolution française.

    Outre l’intrigue, complexe à souhait mais qui jamais ne perd son lecteur, et les caractéristiques du genre (policiers à la personnalité particulière, équipe aux liens fort mais connaissant des tensions, enquête avançant par à-coups, suspects nombreux…) j’aime la qualité de la plume de Fred Vargas, dense, précise, ciselée. En une phrase, elle peut nous donner à voir trois hypothèses différentes. Elle embarque le lecteur dans un récit emberlificoté « comme une pelote d’algues » mais peu à peu tout se met en place de manière plausible, claire, évidente. Pour ne pas nous perdre, elle se sert à merveille d’Adamsberg, de son point de vue atypique et de ses réflexions qui semblent anodines ou sans lien avec l’affaire mais qui au bout du compte sont le fil d’Ariane qui mène à la lumière. Et cerise sur le gâteau, elle glisse de temps à autre des situations cocasses ou des répliques amusantes avec une aisance inouïe.

    Entre polar, roman historique et drame psychologique, « Temps glaciaire » est un tout bon Vargas qu’on savoure du début à la fin. C’est un roman policier mais la résolution de l’énigme compte moins que le chemin parcouru pour y arriver, empli d’humanisme, d’onirisme et d’Histoire. On aime ou pas. Moi, j’en suis fan.


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  • Commentaires

    1
    Mardi 26 Décembre 2017 à 20:02

    C'est une auteure qu'on lit peu en Belgique, je pense. Je ne vois jamais ses livres dans les librairies. Je pense que je n'en ai lu qu'un jusqu'à présent. 

    Bonne semaine. Profite ! 

    2
    Jeudi 28 Décembre 2017 à 17:06
    Alex-Mot-à-Mots

    Un excellent roman de cette auteure qui m'a réconcilier avec la série.

      • Samedi 30 Décembre 2017 à 02:04

        Je le trouve très bon effectivement.

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