• Un ennemi du peuple, Henrik IBSEN

    Un ennemi du peuple, Henrik IBSENLe docteur Stockmann découvre que les eaux de la station thermale de son village sont contaminées. Il se met donc en devoir de prévenir le public. Mais pour remédier au mal, des travaux dispendieux seraient nécessaires. Aussi la municipalité, dont le maire n’est autre que le propre frère du docteur, tente de faire taire Stockmann. Ce dernier, qui s’attendait naïvement à ce que les gens du village lui témoignent gratitude et reconnaissance, voit plutôt les villageois se liguer contre lui. Il perd peu à peu sa clientèle, sa maison est assiégée ; il est devenu un « un ennemi du peuple ».

    Mon avis :

    Cette pièce raconte le combat d’un homme, d’un médecin, Stockmann. Il est décidé à dévoiler la vérité, lui qui travaille pour les Thermes, si importants dans la croissance et la prospérité de la ville. C’est en fait la tannerie de la localité qui pollue par le rejet de ses eaux usées, au point de mettre en danger la santé des curistes. Sûr d’être entendu, il fait part de sa découverte. Mais la vérité n’est pas toujours bonne à dire. Si deux journalistes voient là un scoop juteux, le maire de la ville refuse de voir lui échapper son mandat politique et la manne financière des Thermes pour la ville. Et, comme si cela ne suffisait pas, le beau-père de Stockmann, un homme rusé, possède les tanneries.

    Sa découverte et sa divulgation vont servir de révélateur en posant la question de la vérité : peut-on encore être vrai et sincère dans une société régie par l’argent et l’économie ? Stockmann, lui, pense qu’il y a des vérités qui méritent qu’on se batte pour elles. Mais de sauveur, il va devenir l’homme à abattre.

    Il est étonnant de voir comment une pièce de 1883 peut être d’une insolente modernité. Dans une société où l’information est reine et où l’on sait quasiment en temps réel ce qui se passe au bout du monde, que faisons-nous pour changer ce qui doit l’être ? Pour réagir à ce qui nous met en danger ?

    Cette pièce véhicule des vérités essentielles et internationales. Tout qui la lit (ou la voit) n’importe où dans le monde, ne peut que reconnaitre une situation vécue dans son pays, son environnement. De plus, ce combat d’un homme seul face à la société, qui subit des pressions, perd ses appuis ou son statut social est toujours au cœur de notre actualité. Au sein de la démocratie, cette tragédie absolue pose la question du choix entre divers intérêts, lorsque ceux-ci sont contradictoires.

    Dénonçant les échecs d’une société embourgeoisée et le combat d’un homme seul contre tous, Ibsen nous offre des personnages à la psychologie fouillée, riches et passionnants. Toutefois, il ne prend pas clairement position et laisse planer un doute sur la condition humaine.

    Apothicaire, Henrik Ibsen (1828-1906) quitte le laboratoire où il s’ennuie et se met à écrire des drames (« Catilina », « Le Tertre du guerrier »). Après Copenhague et Oslo, il part en Europe où il trouve matière à de nouvelles pièces. Il développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l’individualisme et écrit des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise. Il est aussi l’auteur de « Peer Gynt » en 1866.

    Lecture publiée pour "Mai, le mois des classiques"

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 22 Mai 2013 à 13:07
    Anne (desmotsetdesno

    Je lis ton billet avec intérêt, mais je suis désolée, je ne peux pas l'inscrire au Voisins voisines, qui concerne la littérature contemporaine !

    2
    Mercredi 22 Mai 2013 à 14:54

    Zut, j'oublie toujours ce point du règlement

    3
    Samedi 25 Mai 2013 à 13:19
    Manu/Chaplum

    Tu as raison Argali, c'est insolent de modernité. C'est en fait un résumé et la description de notre société actuelle mise à l'échelle d'un village. Comment se fait-il que l'homme soit ainsi ? Je n'ai pas envie de dire en soit arrivé là car je pense que c'est inhérent à sa nature !

    4
    Samedi 25 Mai 2013 à 19:07

    Oui, hélas, Manu. Tu as tout à fait raison.

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