• Des hommes de tête, BIRKEFELD et HACHMEISTER

    Des hommes de tête, BIRKEFELD et HACHMEISTERAvril 1926. L’Allemagne est exsangue, encore meurtrie par les séquelles de la guerre et le « Traité de la honte ». A Hanovre a lieu la première course du Championnat motocycliste d’Allemagne. Deux des pilotes, Falk von Dronte et Arno Lamprecht, tentent désespérément d’effacer leur passé munichois. Alors que Lamprecht essaie d’oublier dans la vitesse, l’alcool et le jeu, la terrible vision du cadavre sans tête de sa femme, il se retrouve dans le collimateur de la police criminelle qui recherche un tueur en série, qui sévit justement sur les circuits motos. Quant à von Dronte, il a exécuté en 1923 un traitre à la patrie sur ordre de son ancien colonel. La dépouille, pourtant soigneusement enterrée dans une forêt des environs de Munich, vient d’être exhumée, à la suite d’une dénonciation, et la tête a disparu. Il va lui falloir répondre aux questions de l’ancien commanditaire devenu très nerveux : qui a guidé la police vers la fosse dans la forêt ? Et qu’est devenue la tête de cet homme ?
    Un affrontement entre deux hommes prêts à tout pour sauver leur honneur et garder la tête haute, dans une Allemagne en crise où le nazisme prend peu à peu racine.

    Mon avis :

    Après nous avoir emmenés dans le Berlin des derniers jours avant la chute (ici), Birkefeld et Hachmeister nous entrainent dans l’Allemagne de la république de Weimar.
    Nous sommes dans les années 20, l’Allemagne se cherche. Des groupuscules politiques se jaugent, des idéologies divergentes s’affrontent ; la violence est présente partout. La population essaie de survivre, marquée par les longues années de guerre dont elle sort à peine. Nous entrons dans le monde très fermé des courses motocyclettes ; un cercle de pionniers, passionnés par la vitesse et la technologie moderne. Ils courent sur une Horex, une Wanderer, une NSU, une Victoria, une Saroléa… Motos mythiques s’il en est.

    Parmi ces fous du volant, nous en suivons deux que tout oppose et qui se battent avec une haine farouche pour remporter le premier Championnat motocycliste d’Allemagne. L’un, issu d’un milieu modeste, est rentré de la guerre salement amoché nerveusement. Il tire le diable par la queue, est colérique et bagarreur, alcoolique et joueur. L’autre est un hobereau du Brandebourg, ancien membre du corps franc mais n’ayant pas participé aux combats. Il vit dans le luxe et la facilité à mille lieues des préoccupations du peuple allemand. S’affrontant sur les circuits mais aussi dans la vie, ils vont, au gré de faits divers sordides, se confronter aux ombres de leur passé. Comme dans le roman précédent, les auteurs nous offrent deux beaux portraits antithétiques dynamisant l’intrigue  remplie de coups de théâtre, où se mêlent étroitement roman policier et roman historique.

    L’intrigue policière est ici plus complexe que dans « Deux dans Berlin », le rythme est plus soutenu mais le travail de recherche historique est tout aussi fouillé.
    J’ai apprécié la description du cadre historique qui évolue au fil des années, celle du développement de la moto et des enjeux technologiques et nationalistes qu’elle véhicule car ce nouveau sport apparait rapidement comme symboliquement porteur pour les chemises brunes qui s’imposent peu à peu dans le paysage. J’ai aussi aimé que la Saroléa soit mise en lumière, moto belge, liégeoise même, dont deux modèles créés en 1905 étaient alors révolutionnaires car équipés d’un moteur bicylindres en V. Le premier modèle de compétition sortira, lui, en 1921, avec une transmission secondaire par chaine et non par courroie. La production s’arrêtera en 1962 mais la marque reste une fierté pour le pays.

    Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman aux rebondissements nombreux, une vraie réussite sur tous les plans.

     

      

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  • Commentaires

    1
    Mardi 23 Juillet 2013 à 09:35
    mazelannie

    tentatrice ! 

    bonne journée, bises

    2
    Mardi 23 Juillet 2013 à 12:36

     J'ai accroché, plus encore qu'au précédent.

    3
    Mardi 23 Juillet 2013 à 12:43
    mazelannie

    bien aimé aussi le premier, plus qu'à attendre septembre que les finances remontent... 

    4
    Vendredi 26 Juillet 2013 à 11:15
    Anne (desmotsetdesno

    Waouw mais tu t'y connais vraiment en marques de moto ! Et tu donnes envie de découvrir ces personnages et ce contexte historique, c'est certain. J'ai bien noté ce quinzième titre à ton actif !!

    5
    Vendredi 26 Juillet 2013 à 14:34

    Je connais surtout la Saroléa car c'est une moto de la région et les autres, c'est mon mari qui me les fait découvrir. C'est un motard

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