• FilmsA l’époque de Brejnev, Andreï Filipov était le plus grand chef d’orchestre de l’Union soviétique et dirigeait le célèvre Orchestre du Bolchoï. Après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, et sa soliste Léa, il a été interrompu en plein concerto de Tchaikovsky et licencié. Il était pourtant au faite de sa gloire.

    Trente ans ont passé. Il travaille toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage. Un soir qu’il nettoie le bureau du directeur, il tombe sur un fax : une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre officiel à venir jouer à Paris. Andréï a alors une idée folle : pourquoi ne pas réunir ses anciens amis musiciens qui vivent aujourd’hui de petits boulots et se faire passer pour le Bolchoï ?

    Aussitôt, il contacte tout le monde, répond à Paris et exige la présence de la célèbre soliste Anne-Marie Jacquet. C’est l’occasion d’achever le concerto et de renouer avec le passé.

     

    Mon avis :

     

    Le film commence sous les notes du Concerto pour piano n°21 en ut majeur de Mozart. Alors que l’orchestre officiel répète, Filipov mime la direction d’orchestre depuis le balcon.

    Empreint de calme et de majesté, ce 2e mouvement est certainement la mélodie la plus connue des compositions de Mozart. Il a aussi fait partie de la bande sonore du très beau film « Elvira Madigan » de 1967. Cet air est d’ailleurs connu également sous le nom de « concerto pour piano Elvira Madigan ».

    Quant à la scène finale du film, elle est constituée d’extrait du « concerto pour violon en ré majeur, op.35 de Tchaikowsky »

     

    A la fois tragique et comique, ce film présente un groupe d’intellectuels brillants sous l’ère Brejnev, adulés de tous et devenus à la limite des SDF, humiliés et brimés après leur déchéance et l’abolition du communisme. Andréï met toute son énergie (et sa naïveté) dans ce plan improbable qui lui rendra son honneur et sa gloire, ne serait-ce que pour un soir.

    Le film pourrait être noir, mais le réalisateur, par un ton résolument burlesque et caricatural, préfère l’autodérision. Quand les musiciens débarquent à Paris, on a l’impression de voir surgir une horde de barbares dans un lieu où le raffinement et la délicatesse seraient de mise. Des Parisiens guindés, civilisés et sérieux s’opposent à ces êtres frustres, alcooliques et opportunistes qui semblent n’être venus en France que pour quitter leur misère et profiter de la situation pour s’enrichir.

    Le concert, point d’orgue du film, réconcilie les points de vue et mêlent les talents désordonnés de chacun avec émotion et virtuosité.

    Ce film d’une grande tendresse m’a touchée et m’a séduite même si, lors de sa sortie, les critiques n’étaient pas unanimes. A voir pour se faire un avis personnel et pour la belle prestation de Mélanie Laurent qui a travaillé dur pour donner l’illusion de son jeu.

     

      

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  • Mes lecturesEn ce début janvier gris et pluvieux, je ne peux que vous exhorter à quitter vos livres quelques heures pour aller voir le dernier film de Denis Villeneuve "Incendies".

    Vu en avant-première en novembre dernier lors de la Semaine Québécoise, ce film me hante encore aujourd'hui. Il y a longtemps que je n'avais plus vu un film aussi fort. Véritable tragédie grecque, d'une rare intensité émotionnelle, magistralement interprété, c'est mon coup de cœur 2010. 

     

    Dégagé de tout ancrage historique, politique, national précis, ce film, qui représentera le Canada dans la course aux Oscars, se pose comme une allégorie de la situation du Proche-Orient, et impose un regard neuf sur une situation maintes et maintes fois abordée au cinéma.

    Le propos est fort, les images sont bouleversantes, la fin est cruelle, révélant que la vérité peut être pire que l'ignorance. Quant aux acteurs, ils sont époustouflants. Loubna Azabal est magnifique, portant le film d'un bout à l'autre.

     

    L'histoire :

     

    A la mort de Nawal, leur mère, Jeanne et Simon découvrent les dernières volontés de la défunte : les jumeaux doivent retrouver leur père, qu’ils croyaient mort depuis longtemps, et un frère dont ils ignoraient l’existence. Réticent, Simon refuse de se rendre au Proche-Orient natal de sa mère. Jeanne part donc seule enquêter sur le passé de la famille. Plus sa quête avance, plus elle s’enfonce dans une histoire trouble où la tragédie personnelle de Nawal trouve écho dans une histoire politique trouble.

     

     

     

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