• Chère Madame ma grand-mère, Elisabeth BRAMI« Vous ne me connaissez pas mais j’ai décidé de vous écrire quand même. »

    Je m’appelle Olivia et j’ai douze ans et demi. J’ai trouvé votre nom en fouillant dans les papiers de ma mère. Je sais, ce n’est pas bien, mais est-ce que c’est bien de cacher la vérité aux enfants, de garder des secrets ?

     

    Mon avis :

     

    Publié en 2008, ce roman a été republié en 2020 par les éditions Nathan, dans la collection Dyscool. Cette version adaptée du best seller d’Elisabeth Brami est conçue par une équipe d’orthophonistes pour permettre aux élèves en difficulté de jouir de la lecture comme les autres.

    Olivia, 12 ans, habite seule avec sa mère. Elle ne sait pas grand-chose de sa naissance et de son père et ce secret de famille lui pèse. Elle décide d’entamer une correspondance avec Madame barrois, dont elle a trouvé le nom en fouillant dans les affaires de sa mère. Peut-être en sait-elle plus sur son père ?

     

    Ce récit de 90 pages, écrit en grands caractères et avec un interligne double, permet vraiment de déchiffrer facilement les phrases et de comprendre leur sens. Des sons complexes ou pouvant être confondus sont écrits en bleu et non en noir et le vocabulaire moins courant est expliqué en bas de page. Tout concoure à faciliter la lecture et la compréhension.

     

    J’ai bien aimé cette histoire sensible et touchante. Elisabeth Brami a trouvé les mots justes pour transmettre les émotions qui naissent de cet échange épistolaire. On perçoit la souffrance d’Olivia à la suite des zones d’ombre de son histoire personnelle et l’agacement de l’adulte qui lui répond de mauvaise grâce.

    En peu de pages, ce roman épistolaire aborde les secrets de famille, la recherche de ses origines et les relations intergénérationnelles. Agrémenté d’illustrations noir et blanc de Carole Gourrat, le texte est mis en valeur par ces dessins qui complètent parfaitement les émotions ressenties par les deux protagonistes

    Ce court récit permet donc des exploitations diverses en classe : thèmes, genre, analyse du rapport texte-dessins, évolution de l’attitude des personnages… et même d’imaginer d’autres lettres, une suite ou une fin à ce récit.

     

    Un sympathique récit à lire dès 10 ans.

     

     


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  • On ne touche pas, Ketty ROUFJoséphine est prof de philo dans un lycée de Drancy. Elle mène sa vie entre Xanax, Tupperware et injonctions de l’Education nationale qui lui ôtent le sentiment d’exister.

    Sauf que.

    Chaque nuit, Joséphine devient Rose Lee. Elle s’effeuille dans un club de striptease, se réapproprie sa vie, se réconcilie avec son propre corps et met à adorer le désir des hommes et le pouvoir qu’elle en retire, conciliant ainsi glamour et grisaille.

    Mais de jouer avec le feu, Rose Lee pourrait bien finir par se brûler les ailes.

     

    Mon avis :

     

    Philosophe, Ketty Rouf a bifurqué vers la danse pour être aujourd’hui professeur d’italien. Elle nous narre dans « On ne touche pas » une histoire tellement vraisemblable, tellement vivante, qu’elle est vraisemblablement la sienne.

     

    Loin des conventions, des bienpensants et de la rigueur attendue d’un prof de philo, Joséphine qui suit des cours d’effeuillage chaque vendredi décide un jour de sauter le pas et de se lancer dans une boite de striptease. L’enseignement la déçoit, le manque d’intérêt et de curiosité des élèves l’éteignent et elle traine les pieds à chaque rentrée minée par une dépression qu’elle ne veut pas nommer. Elle fuit donc ces conditions de vie et de travail en réalisant un fantasme, dans une boite branchée des Champs-Elysées où elle devient Rose Lee. Cette double vie l’épanouit rapidement. Elle se découvre séduisante, sûre d’elle et semble enfin avoir le contrôle sur sa vie. Pour la première fois, elle jette sur elle-même un regard bienveillant et positif et commence même à s’aimer.

    On comprend entre les lignes que Joséphine a une revanche à prendre sur la vie, sur son éducation, ses blessures. Le monde de la nuit que d’aucun méprise lui fait découvrir une vraie solidarité féminine, une famille ainsi que les faiblesses et les failles des hommes. Sans jamais juger ces derniers, elle écoute, rassure, donne, vend du rêve et s’épanouit psychologiquement en même temps qu’elle s’éreinte physiquement dans cette double vie.

     

    « On ne touche pas » est un livre généreux et touchant que je ne m’attendais pas à aimer autant. Le début est un peu lent et Joséphine n’est guère avenante, trainant sa misère dès le saut du lit. Son regard sur l’école me paraissait aussi d’une extrême caricature. Mais au fil des pages, le ton change, les clichés se gomment un peu et le portrait déprimant du milieu éducatif prend les allures d’un plaidoyer pour un vrai changement dans l’Education Nationale. Et on ne peut que lui donner raison dans les critiques qu’elle formule sur le système, son extrême bureaucratisation, les programmes incohérents et vidés de leur substance qui poussent au désenchantement de profs désormais désabusés. Sans parler des efforts importants qu’il faut déployer pour continuer à éveiller les jeunes, les pousser à réfléchir, à apprendre pour eux-mêmes et allumer dans leurs yeux l’étincelle d’un avenir positif.

     

    Entre légèreté et profondeur, dans une langue impeccable et cyniquement drôle, ce roman nous incite à l’introspection pour répondre à la question existentielle du sens de la vie. Et comme Marc Aurèle réfléchir à cette sentence pour ne pas avoir de regret : « Ce qui dépend de toi, c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi. ».

     

     

     

     


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  • Le royaume de Minuit, Max DUCOSAchille est élèves à l’école des Bois profonds. Une école extraordinaire à plus d’un titre : elle a été conçue par le grand architecte Jean Prouvé et accueille des enfants pas comme les autres… Achille, lui, se distingue par son goût prononcé pour les bêtises. Et ce soir-là, après une énième punition, il décide de se laisser enfermer pour la nuit… Cette fois, enfin, l’école est à lui !

     

    Mon avis :

     

    J’ai découvert Max Ducos avec « Jeu de piste à Volubilis » et c’est avec plaisir que je viens de lire « Le royaume de minuit ».

    Achille a une imagination débridée quand il s’agit de faire des bêtises. Toujours prêt à réaliser un coup pendable, ce trublion joue avec les limites de l’autorité et se retrouve souvent puni, à l’écart, dans une autre pièce. Ce jour-là, on l’oublie et le soir est tombé quand il en sort. L’école est vide et toute à lui. Quelle est la première pièce que vous visiteriez à sa place ? Le bureau du directeur pardi ! Mais là, se trouve déjà Massimo, le fils de ce dernier qu’il a tendance à moquer. Celui-ci timide et replet est tout son opposé. Mais une balade nocturne va les rapprocher.

    Ce récit est un trésor d’imagination ! Amusante, originale et riche en trouvailles, c’est une actualisation des aventures de Don Quichotte. L’école, imposant bâtiment niché au fond des bois, se métamorphose en royaume de toutes les fantaisies. Chaque salle de classe devient le décor d’une aventure nouvelle et même la forêt qui cache un monstre terrifiant appelle ces téméraires chevaliers. Cette nuit pleine d’audace changera pour toujours ces deux garçons.

    Max Ducos, ce diplômé des Arts déco a, une fois de plus, soigné les dessins et y a glissé des références picturales et culturelles comme à son habitude : Achille prenant une pose impériale tel Napoléon ou défilant couronné comme Max des Maximontres, Achille se battant avec un squelette comme Peter Pan… L’auteur rend également un bel hommage à Jean Prouvé en s’inspirant de son design pour le mobilier de l’école et l’architecture du bâtiment.

    Vraiment, si vous ne connaissez pas Max Ducos, il vous faut le découvrir au plus vite. Ses récits sur l’enfance sont poétiques, tendres et tellement authentiques. Tous les jeux qu’inventent les deux héros sont criants de vérité. Chaque objet du quotidien devient, grâce à leur imagination, une épée, un bijou, un trésor… On s’y croirait.

    Petits et grands trouveront beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire puis à y revenir pour mieux observer les planches et les détails qu’elles renferment. Ne passez pas à côté.

     


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    Pour tenter de libérer l'imagination de mes 2S, j'ai imaginé ce parcours à partir de récits mythologiques et de "Vie et habitat des animaux fantastiques" de Norbert Dragonneau. Le but était de dégager les caractéristiques d’un bestiaire imaginaire pour créer ensuite celui de la classe.

    Ma collègue d'art plastique s'est chargée de la partie artistique visant à imaginer l’aspect visuel de l’animal.

    En français, chacun a décrit les capacités fantastiques de l’animal, son milieu de vie…

    Le début fut laborieux. Quelques phrases simples, toujours la même structure, un vocabulaire minimal (petit, grand, fort…) qu’il a fallu améliorer, mais au final, les travaux sont plutôt très bons, notamment l'écrit.

    Nous avons réalisé ensuite une exposition à la fenêtre de la classe et les réactions des élèves et professeurs furent positives. C’était réjouissant et gratifiant pour eux.

     

     

    Les animaux fantastiques : lire et écrire

     


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  • L'anomalie, Hervé LE TELLIEREn juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.

    Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

     

    Mon avis :

     

    Un jour de juin un Boeing d’Air France traverse de grosses turbulences. Kennedy Airport refusant son atterrissage, il est contraint de se poser sur une base militaire. Les passagers y sont retenus par les services secrets américains. Trois mois plus tôt, et dans les mêmes conditions de vol, le même avion avait atterri à New York. Les passagers du premier vol sont persuadés d’être en mars ? Pourquoi ? D’où viennent ces turbulences ? Quel rapport y a-t-il entre ces deux incidents ? Et pourquoi la CIA enquête-t-elle ?

     

    Première déception de l’année.

    J’avoue humblement être passée à côté de ce roman. Les phrases alambiquées, les questions métaphysiques, la mise en abîme, le grand nombre de personnages parfois caricaturaux (un tueur à gages, un couple à la dérive, un écrivain, une fillette intelligente, un chanteur gay nigerian, une avocate aux dents longues…), le mélange des genres (psycho, policier, espionnage…), les anecdotes, les cours de géopolitique… m’ont lassée.

     

    L’idée de base est intéressante, cela partait bien, puis… Je n’incrimine pas l’auteur. Sans doute n’étais-je pas bien disposée, n’avais-je pas l’esprit libre pour entrer dans l’histoire. J’ai pourtant goûté les clins d’œil littéraires et les références cinématographiques. Le thème du double est intéressant, la mort à soi-même, le miroir, l’avenir de nos sociétés, l’évolution technologique, la loi de Moore… aussi, mais j’ai trouvé ça touffu, trop melting-pot. Et puis je n’y ai lu aucune émotion. C’était froid.

    Ce genre littéraire oulipien n’est pas fait pour moi.

     

     

     


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  • Le pire concert de l'histoire du rock, Manu CAUSSESurtout ne pas se faire remarquer, être transparent au collège, pour les profs, pour les autres élèves, ça il savait bien le faire Jean-Sébastien Leforestier. Maintenant qu'il habite une petite ville c'est fini, ici tout le monde se connaît, son secret est dévoilé. Pianiste classique, il ne vit que pour sa passion. Contrairement à ce qu'il pensait (ah les préjugés !), non seulement personne ne se moque de lui, mais le voilà recruté dans un improbable groupe de rock très très amateur. 

     

    Mon avis :

     

    Ce court roman rédigé à la 1re personne m’a fait sourire d’un bout à l’autre.

    Dans son collège parisien, Jean-Sébastien a réussi à passer inaperçu. Ses notes sont correctes sans plus avec 12,5 de moyenne si bien que, pour les profs et élèves, il est transparent. La plupart ne connaissent même pas son nom. Mais quand il arrive dans son nouveau collège et que la prof de musique lui demande de jouer un morceau au piano, il devient le centre d’intérêt. Repéré par les durs du collège, il s’attend à passer un sale quart d’heure. Mais ceux-ci lui demandent seulement d’intégrer leur groupe de rock amateur. Pour Jean-Sébastien, c’est pire que la raclée qu’il redoutait.

     

    Cet adolescent atypique, sérieux, mélomane dans une famille de mélomanes, est en décalage par rapport aux autres. Que ce soient ses copains de classe ou les jeunes lecteurs qui découvriront ses aventures. Mais il vit des expériences scolaires universelles, des relations sociales difficiles et la découverte d’une musique dont il ne connaissait rien. Et cela rend les situations particulièrement drôles, comme la traversée du pré aux poulets, ses perceptions des dons musicaux de l’orchestre ou les conditions de préparation du concert.

     

    Ce roman initiatique n’est pas seulement humoristique. Il parle aussi de tolérance, d’ouverture d’esprit, de découvertes musicales et de rencontres au-delà des préjugés. Au final, il aura grandi, changé et se sera trouvé des amis, lui le solitaire.

    Un roman a proposé à tous les adolescents et notamment les faibles lecteurs qui ne seront pas rebutés par le nombre de pages et prendront plaisir à lire cette histoire pleine de vie.

     

     

     

     

     


    2 commentaires
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    Bonne année 2021 !

     

     Et qu'elle se passe sans bulle. Excepté celles du champagne !

     


    8 commentaires



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