• NEED, Joëlle CHARBONNEAU«Désir : envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve.
    Besoin : nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie.»

    Mon avis :

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que la plume et le style rythmé de Joëlle Charbonneau sont drôlement efficaces. Dès les cinquante premières pages, le lecteur est ferré et ne lâche pas le roman tant qu’il n’a pas compris le fin mot de l’histoire.

    Kaylee est une fille raisonnable, qui a la tête sur les épaules. Mais lorsqu’elle apprend que son frère est malade et a besoin à tout prix d’une greffe de rein, elle se laisse guider par ses émotions et perd toute mesure. Son obsession est de trouver un donneur compatible car sa mère et elle ne le sont pas. Quant à son père, il est parti quelques jours à peine après que le diagnostique ait été posé. Elle n’a donc plus qu’une idée en tête : le retrouver.

    Quand un nouveau réseau social apparait, proposant de répondre aux désirs et besoins des adolescents de son lycée, elle n’hésite pas une seconde à s’inscrire pour obtenir ce rein.

    La narratrice principale de ce roman est Kaylee. Mais plusieurs lycéens de Nottawa sont décrits. Chaque chapitre s’intéresse à l’un d’eux et le suit dans ses choix, ses réflexions et ses motivations. Les interventions régulières de Kaylee dans l’histoire servent à la fois de fil rouge et de progression du récit.

    Très vite, une réelle tension s’installe et maintient le lecteur en haleine. La psychologie des personnages est développée avec soin et les relations complexes que peuvent avoir les adolescents entre eux sont parfaitement décrites. Le choix des points de vue multiples met en lumière les réactions propres à chacun et les mobiles les plus secrets qui les poussent à agir.

    Plus l’on comprend l’effet machiavélique de ce réseau, plus les événements dramatiques s’enchainent et plus on se demande comment les jeunes vont bien pouvoir y mettre un terme.
    Ce réseau est d’autant plus pervers qu’il s’appuie sur les caractéristiques mêmes des adolescents : leur naïveté, leur envie d’être comme tout le monde, leur besoin de reconnaissance ou leur désir de vengeance. De plus, il sait comment les appâter. Obtenir ce qu’on désir, sans avoir à faire d’effort, en cherchant juste la facilité, est le genre d’éthique sur laquelle Need se base.

    L’adulte que je suis a compris, bien avant la fin, la majeure partie du dénouement mais l’auteure est suffisamment habile pour maintenir les rebondissements jusqu’à la dernière page. Les adolescents devraient adorer ce thriller psychologique.

    Ce roman permettra de travailler en classe les notions de désir et de besoin, d’effort et aussi de ce qu’on est prêt à faire pour obtenir ce que l’on veut. Sans oublier la problématique des réseaux sociaux et de leur emprise sur nos vies.

     

     

     

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  • Revue Sang-froidJ’ai acheté récemment un ancien numéro de la revue Sang-froid et après lecture, je me suis décidée à m’abonner.

    Qu’est-ce ?

    Sang-froid est une revue trimestrielle (un mook) qui propose des articles de fonds sur la justice et le polar. Les articles, richement documentés, relèvent du journalisme d’investigation et nagent souvent à contre-courant. Son but est de relater les faits autrement, de prendre le temps de la réflexion dans ce monde où seul le scoop semble primer.

    La revue comporte deux grandes parties : une ancrée dans le réel et l’autre dans la fiction. Ainsi, dans le numéro 4 de l’hiver dernier, elle nous propose un dossier sur les nouveaux détectives, les filatures d’aujourd’hui et les à côtés du métier mais aussi sur les trafics d’influence qu’il y a parfois derrière les services demandés.
    Un article a particulièrement retenu mon attention, celui d’un attentat qui a eu lieu en France le 18 juin 1961 et qu’on a, à l’époque, fait passer pour un banal accident ferroviaire. Preuves à l’appui, l’auteur démontre que le déraillement du train Strasbourg-Paris qui a couté la vie à 28 personnes et en a blessé 170 autres est l’œuvre de l’OAS. L’article explique pourquoi cela n’a pas été divulgué, qui avait intérêt à taire les faits et à enterrer les preuves dans cette période agitée que fut la guerre d’Algérie.
    On trouve aussi dans ce numéro une intéressante enquête sur la Corse et « la piste agricole » première piste suivie par les enquêteurs après l’assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998 et un reportage sur la police scientifique, ses méthodes, ses moyens, ses réussites, son coût... et les nuances qu’il y a entre réalité et fiction. Chaque numéro propose des thématiques qui ont marqué l’actualité des derniers mois.
    Ca, c’est pour le côté justice et investigations.

    Côté polar, la revue nous propose une rencontre avec Peter May, un portrait de Victor Dèl Arbol et une nouvelle originale de Marcus Malte, intitulée « Cocotte ». Enfin, une dizaine de nouveautés parues ou à paraitre sont présentées aux lecteurs. Dans chaque numéro, on retrouve au moins deux présentations d’écrivains et une nouvelle spécialement écrite pour la revue. Pour les fans de romans policiers, cette revue est une mine.

    Qui se cache derrière Sang-froid ?

    Des passionnés avant tout, qu’ils soient journalistes, spécialistes de l’un ou l’autre domaine judiciaire ou éditorial, photographes ou illustrateurs. Citons Yannick Dehée, directeur de publication et Stéphane Damian-Tissot, rédacteur mais aussi à la signature des articles Eloïse Fagard, Danielle Thiéry, Elizabeth Greenwood, Pierre Abramovici ou Frank Hériot entre autres.

    A l’époque où la presse écrite a du mal à survivre, il faut saluer cette audace de lancer sur le marché, une nouvelle publication aussi pointue. Espérons que cette revue, dont le 7e numéro paraitra à l’automne, trouvera son public et s’installera durablement dans les présentoirs des bonnes librairies.

     

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  • Sous la vague, Anne PERCINDécidément, rien ne sera épargné à Bertrand Berger-Laffite, héritier d’une prestigieuse propriétaire de Cognac, en ce printemps 2011.
    Alors que la catastrophe nucléaire au japon entraine l’effondrement du cours des spiritueux sur les bourses mondiales, sa fille tombe enceinte, son ex-femme le trahit et le voilà menacé de licenciement...
    Tandis que son monde s’écroule, lui, préfère s’évader loin des réalités, en compagnie d’un faon ou véhiculé mollement par son chauffeur, Eddy. Ce flegmatique trentenaire est le seul auquel Bertrand, à tort ou à raison, fait encore confiance.

    Mon avis :

    Anne Percin nous a habitués à des récits agréables teintés d’humour. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

     Bertrand Berger-Laffite, héritier d’une grande maison de Cognac, tente, contre tous, de diriger l’entreprise familiale à l’ancienne, comme elle l’a toujours été. La réputation de la marque s’est faite non seulement sur la qualité du breuvage mais aussi sur les traditions séculaires et le climat familial entretenus dans l’entreprise. Du patron à l’ouvrier d’embouteillage, chacun a succédé à son père et son grand-père. Mais dans le monde des affaires où tout est basé sur le bénéfice, le chiffre d’affaires et la diversité de la clientèle, les actionnaires ne l’entendent plus de cette oreille. Alors que le Japon subit un violent tsunami, un autre s’annonce dans la vie de Bertrand.

     Amoureux des estampes japonaises qu’il collectionne depuis toujours, Bertrand s’évade de ces soucis dans leur contemplation et dans un monde onirique. Rêves et cauchemars ouvrent d’ailleurs chaque chapitre.

     Ce récit quelque peu saugrenu en apparence invite à la réflexion. A travers la vie de Bertrand, Anne Percin nous convie à relativiser nos petites et grandes misères et à retrouver l’essentiel de nos vies. En suivant ses pérégrinations, les trahisons de son entourage, les désillusions mais aussi les petits bonheurs de son quotidien, on ne peut s’empêcher de se demander ce qui, dans notre vie, est vraiment important. Et on se laisse emporter dans ce roman atypique et sa réflexion sur le monde qui nous entoure.

     J’ai apprécié les divers portraits esquissés par l’auteure ; en quelques traits et beaucoup de sous-entendus, elle nous présente la famille et l’entourage de Bertrand : le manipulateur, l’empathique, l’opportuniste, le fidèle, l’aimant... Une vraie comédie sociale nous est offerte, le tout avec beaucoup d’humour.

     Je vous invite à découvrir ce roman déconcertant et sans prétention qui ne manque cependant pas de mordant.

     Il s’agit certainement de ma dernière lecture pour le challenge rentrée littéraire 2016.


     

    Sous la vague, Anne PERCIN 

     

     

     

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  • L'Elite, Dernière épreuve, Joëlle CHARBONNEAUCia a découvert les secrets du Test.
    Aujourd’hui, elle veut y mettre fin. Mais elle ne peut le faire seule. En qui peut-elle vraiment avoir confiance ?
    Pour le savoir, elle n’a qu’une solution : mettre au point son propre test et y soumettre son entourage.

    Mon avis :

    La dernière épreuve clôt ainsi la trilogie « L’Elite ».
    Cia a vu disparaitre trop de jeunes depuis qu’elle a été sélectionnée pour entrer à l’université ; elle veut que cela cesse. Approchée par des Officiels qui pensent qu’elle pourrait être un atout majeur dans leur lutte pour mettre fin au Test, elle se voit confier une mission de la plus haute importance. Mais pour la mener à bien, il faudra qu’elle fasse des sacrifices et renonce à certaines de ses valeurs. Est-elle prête pour cela ? La fin justifie-t-elle les moyens ?

    Tout au long de ce troisième volet, Cia prendra à nouveau des risques et devra faire preuve de discernement. Les apparences sont trompeuses et il est difficile de savoir qui est un ami et qui est un ennemi. Elle ne peut décidément compter que sur elle-même. Et sur l’amour indéfectible de Tomas.

    Après deux tomes convaincants et palpitants, le troisième tome de cette dystopie originale ne faiblit pas. Nous retrouvons les mêmes personnages, les survivants, et ils seront tous à nouveau confrontés à de nouveaux obstacles à franchir mais plus atypiques cette fois. Alors que l’on pense savoir qui tire les ficelles, qui est fiable et qui ne l’est pas, Joëlle Charbonneau brouille les pistes et amène un rebondissement déroutant.

    Toujours aussi addictive, la lecture se fait en quelques heures, d’une traite, tant on a envie de découvrir comment chacun va s’en sortir et tirer son épingle du jeu. L’auteure est très forte pour maintenir le suspens tout au long des trois épisodes et garder l’attention du lecteur. De plus, ce qui ne gâche rien, la psychologie de ses personnages est précise et les rend crédibles et attachants.

    Les amateurs de dystopie trouveront ici un roman qui respecte les codes du genre tout en apportant une touche innovante. Les adolescents, friands d’aventure, seront comblés par ce récit post apocalyptique où l’action et la réflexion se disputent la première place. Joëlle Charbonneau n’a pas son pareil pour nous raconter une histoire et nous accrocher à sa plume jusqu’au mot fin. A moins que...

     

     

     

     

     

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  • L'Elite, Sous surveillance, Joëlle CHARBONNEAUAvant, Cia menait une vie simple auprès des siens.
    Et puis, il y a eu le Test. Cia l’a réussi. Elle est entrée à l’université, prête à appartenir à l’Elite.
    Mais elle sait. Elle sait que beaucoup sont morts, que le gouvernement condamne les plus faibles.
    Maintenant Cia doit faire un choix.
    Le bon.

    Mon avis :

    Cia a intégré l’Université ainsi que ses amis Tomas et Will. De nouveaux tests les attendent afin de déterminer quelle sera leur assignation. Cia qui se réjouissait d’intégrer la faculté de mécanique se voit choisie pour les sciences politiques. Un profond sentiment d’échec l’envahit. Peu à peu il sera remplacé par la colère et la révolte face à tout ce qu’ils doivent endurer avant d’être reconnus aptes à œuvrer pour la Communauté.

    D’autres épreuves attendent les jeunes héros, d’autres missions périlleuses, d’autres tests d’observation, d’autres pièges de plus en plus cruels et on a parfois le sentiment de redites. Je pense que le but de l’auteur est de montrer à quel point brutalité, intimidation et soumission font partie des moyens de pression de ce système politique.
    La deuxième partie du récit amène une réflexion pertinente sur la gestion de la société, le pouvoir, la politique, les luttes d’influence... La Communauté Unifiée s’est construite sur les ruines du passé en se jurant de ne plus commettre les mêmes erreurs que celles qui ont amené chaos et destruction. Mais le pouvoir corrompt certains et les intérêts personnels priment souvent sur le bien commun. Cia en prend peu à peu conscience et décide de lutter contre ça.

    Tout aussi addictif que le premier tome, dynamique et efficace, ce deuxième volet aurait pourtant pu renouveler un peu la structure de l’histoire. Ouvrage charnière, il insiste sur l’univers sombre et impitoyable de la Communauté Unifiée qui mènera les jeunes à la révolte décrite dans le troisième tome.

    Intelligemment construite, remplie de rebondissements, cette trilogie est un vrai « pageturner » et la fin de ce deuxième épisode oblige le lecteur à lire la suite pour découvrir le dénouement. Terriblement efficace !

     

     

     

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  • L'Elite, Résilience, Joëlle CHARBONNEAUAller à l’Université, c’est intégrer l’élite. Cia le sait. Cia le veut. Mais la sélection sera sans pitié. Bienvenue au Testing.
    Profil idéal : Etre déterminé. Compétent. Débrouillard. Et avoir de parfaites connaissances en sciences naturelles. Utile pour survivre.
    Objectif : Le Test récompense à la fois les guerriers et les sages. Les candidats qui ne réussiront pas les épreuves seront éliminés. Dans tous les sens du terme.
    Les candidats peuvent-ils renoncer à passer le Test ? Non. Une fois le Test commencé, une seule issue : réussir les épreuves.
    La sécurité des candidats est-elle assurée pendant le Test ? La Communauté Unifiée n’est pas en mesure de divulguer ce genre de détail.
    Est-il déjà arrivé que des candidats mesurent durant le Test ? La Communauté Unifiée n’est pas en mesure de divulguer ce genre de détail.

    Mon avis :

    Les Sept Guerres ont ravagé la Terre, l’ont dévastée et polluée suite à l’emploi de produits chimiques. Dans un futur apocalyptique, la population survivante est répartie en colonies assignées chacune à une tâche particulière afin de rendre la Terre un peu plus vivable. Chaque année, les meilleurs étudiants de chaque colonie sont envoyés à Tosu, la capitale dela Communauté Unifiée, afin de passer le Test qui leur ouvrira les portes de l’université, un privilège réservé aux meilleurs. La colonie des Cinq Lacs n’a plus eu de sélectionnés depuis près d’une décennie. Cia, 16 ans, vient de terminer sa scolarité et rêve d’être choisie pour passer le Test. Elle serait la première de la famille, après son père, ses quatre frères ne l’ayant pas été.

    Ce roman a toutes les caractéristiques d’une dystopie : monde futuriste qui interroge l’homme sur son rapport à la nature et à la violence, relations humaines limitées où seul compte la survie de l’espèce, manipulation de la population... mais il se distingue par son style soigné et son vocabulaire soutenu. Dans ce monde, le Test, qui porte sur les sciences, la logique, le sens politique et l’adaptabilité à des situations de crise, est un enjeu capital pour ceux qui espèrent accéder aux plus hautes fonctions. Mais les plus faibles seront éliminés, soit par leurs propres erreurs, soit par les autres. Les différentes réactions humaines sont très bien décrites : il y a les lâches, les fourbes, les opportunistes, ceux qui ne pensent qu’à eux et ne s’embarrassent pas d’aider les autres, ceux qui n’hésitent pas à se débarrasser des concurrents pour gagner, ceux qui prennent plaisir à se montrer supérieurs et violents et ceux qui tentent malgré les circonstances de conserver une part d’humanité. Quelle attitude sera payante auprès des officiels chargés d’évaluer les candidats ? Comment pourront-ils vivre après tout ce qu’ils ont vu... ou fait ? Leur sera-t-il facile de rester fidèle à leurs valeurs ?
    Ce qui m’a plu aussi dans ce récit, c’est que tout ce que les jeunes subissent et endurent à pour but de les mener à l’université. Tant d’épreuves et de dépassement de soi pour accéder aux études, au savoir !
    Enfin, Cia est une jeune fille forte, calme, posée et pragmatique. Elle est autant capable de briller en histoire, de réaliser des problèmes mathématiques que de mettre en pratique ses connaissances en mécanique, électricité ou sciences. C’est une personnalité qui a su me séduire.

    Ce premier tome de la trilogie est riche en rebondissements, pose des questions intéressantes et est très bien écrit. Il plaira aux adolescents friands du genre.

     

     

     

     

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  • Défense légitime, Véronique SOUSSETDirectrice d’établissement pénitentiaire, Véronique Sousset choisit en 2008 de passer « des barreaux au barreau » en devenant avocat, pendant quatre ans. Durant cet intervalle, elle est commise d’office dans une affaire terrible qui peut faire vaciller toute foi en l’homme : elle accepte la défense d’un père meurtrier de son enfant. Elle va alors éprouver le sens de son engagement. Comment se confronter à la part la plus sombre de l’humain ? Un homme se réduit-il à son acte aussi effroyable soit-il ?

    Mon avis :

    Comment se faire l’avocate du diable ?

    C’est au Boulevard du Polar que j’ai rencontré Véronique Sousset. Elle m’a présenté son livre comme un témoignage basé sur une histoire vraie. Une histoire vécue et qui l’a bouleversée. Et plus je l’écoutais parler plus cela me rappelait un roman lu en 2015. Son récit « Défense légitime » parle, en effet, de la même affaire que celle qui a inspiré Alexandre Seurat dans « La Maladroite », récit bouleversant que j’avais beaucoup aimé.

    Véronique Sousset a défendu un père tortionnaire de sa fillette de 8 ans. Elle nous présente d’abord le dossier, sans fioriture : date, lieu, description, autopsie, photos et témoignages de l’entourage. Elle tente de laisser de côté ses émotions pour s’en tenir aux faits.
    Elle parle ensuite de son client qu’elle se refuse à voir comme un monstre mais pour lequel elle n’a aucune compassion, aucune sympathie. Elle va devoir lutter contre sa répulsion et établir peu à peu un contact professionnel et chercher en lui une once d’humanité.
    Puis viendront le regard des collègues, de la presse, les commentaires, la reconstitution (si difficile à supporter tant les faits sont horribles)... Et au bout du bout, les assises.

    Commise d’office pour défendre ce père infanticide, Véronique Sousset nous plonge au cœur de l’horreur avec dignité et retenue. Son récit est servi par une écriture précise et fluide car elle manie les mots avec intelligence et finesse. Il s’insinue en nous, touche et fait réfléchir.

    Une question sous-tend tout son témoignage : « Pourquoi défendre un monstre ? » A travers ce récit, elle formule peu à peu une réponse : et si défendre n’était pas excuser ou trouver des circonstances atténuantes mais expliquer, donner du sens pour juger en connaissance de cause ?

    L’auteur nous raconte l’instruction et le procès et parvient à insuffler un peu d’humanité à ce récit insoutenable. Une lecture intense qui nous incite à ne pas oublier « La foi qu’on doit garder en l’homme ».

     

     

     

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