• La vieille dame et moi, Jacqueline HARPMANIl est si ennuyeux d’être soi-même et cela nous fait vivre en si mauvaise compagnie que nous nous acharnons à devenir une autre personne, plus fréquentable et que nous ne détesterions pas.

     

    Mon avis :

     

    Attendant la venue de ses enfants, une auteure rédige à l’ombre sur sa terrasse. Arrive une dame importune qui entrave son travail et dialogue avec elle. Commence alors un échange musclé, véritable réquisitoire contre la romancière.

    On comprend assez vite qu’il s’agit de son double, un double décalé qui va révéler la narratrice dans ses plus intimes secrets. Cette dame a dix ans de plus qu’elle, elle est au bord de la mort et comme elle le dit « déjà attachée à tout un appareillage, des appareaux, pour ne pas mourir tout de suite ». Entre les deux femmes va s’installer un dialogue impertinent où la visiteuse tente de déstabiliser la romancière. Celle-ci, toujours trop polie, tout en retenue, autant dans sa vie que dans son écriture, tente de se défendre.

     

    Dès le début de ce très court roman, j’ai pensé aux « Catilinaires » d’Amélie Nothomb. La narratrice y fait d’ailleurs référence (p.26) établissant un rapprochement entre sa situation et celle décrite par Nothomb.

    Jacqueline Harpman nous propose ici une sorte de récit psychologique où elle réfléchit sur la prétention de l’écrivain, la futilité de l’écriture et l’immodestie qui consiste à croire que ses pensées et ses idées peuvent avoir de l’intérêt pour autrui. Ce roman testament, paru en 2001, permet aussi à la romancière d’interroger son rapport à la langue, au style, à la phrase qu’elle voulait parfaite.

     

    Humour et auto-dérision sont bien présents ici dans ce beau texte dont la morale pourrait être : le plus important est-il d’accomplir de grandes choses dans la vie ou d’être satisfait de celle-ci ?

    Cette première lecture que je fais de Jacqueline Harpman me donne envie d’en découvrir davantage.

     

    La vieille dame et moi, Jacqueline HARPMAN

     

     

     

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  • Depuis mon coeur a un battement de retard, Valérie COHENJoli brin de femme épanouie à la carrière radieuse, la vie d’Emma semble toute tracée. Développer son entreprise de prêt-à-porter, cultiver ses amitiés, aimer paisiblement son mari et son fils. Mais une fois par an, Emme revient à ce jour, il y a vingt ans, lorsque son amour de jeunesse l’a quittée. Quand elle apprend que cet homme est actif sur un site de rencontre pour personnes mariées, la tentation est grande de revisiter ses souvenirs.

     

    Mon avis :

     

    Une fois de plus Valérie Cohen nous parle au cœur. Cette fois elle pose la question de l’impact du premier amour. Quelle trace laisse-t-il dans nos vies ? Peut-on tourner la page sans renoncer à hier ?

    Emma a tout pour être heureuse : un mari qui l’aime et ne voit pas les défauts qu’elle se trouve, un fils adolescent sans problème, une amie dévouée et un travail qui la passionne. Pourtant, elle semble passer à côté de sa vie, n’en jouit pas vraiment. La raison ? Un amour de jeunesse qui a pris fin sans préavis, sans un mot. Depuis, son cœur a comme un battement de retard. Il lui manque toujours quelque chose. Suite à une rencontre impromptue, Emma se décide à chercher son premier amour sur un site de rencontres. Mais peut-on, doit-on tenter de réveiller le passé ?

    Valérie Cohen nous raconte la vie d’une femme - qui pourrait être nous - avec tact, sensibilité et humour. Comme à son habitude, elle ne porte pas de jugement sur son héroïne mais invite les lecteurs à s’interroger : feraient-ils de même ? Comprennent-ils Emma ? Ont-ils tourné la page sur leur propre passé ? Quel est le feu qu’ils nourrissent ?

    Avec la plume fluide qu’on lui connait, elle nous dépeint une belle brochette de personnages particulièrement bien cernés et décrits. Dans l’univers d’Emma gravitent Yvan, son mari depuis près de 20 ans ; Arthur, son fils ; Alexandra son amie d’enfance, fidèle, drôle, bousculante ; Gilles, son ami de fac et associé, qu’elle adore ; son père qu’elle aime tendrement ; Agnès, son ancienne prof d’anglais. Tous ont une place particulière dans le cœur et la vie d’Emma, tous l’aiment, parfois mal, parfois sans le dire, mais tous sont bel et bien là pour elle. Et pourtant, celui qui occupe ses pensées est absent depuis 20 ans, parti sans laisser de trace. Ce vide qu’Emma ressent depuis lors ne semble pas se combler. Malgré les mises en garde d’Alexandra, elle va tenter de retrouver Jean-Philippe. Que cherche-t-elle vraiment ? Une explication ? L’occasion d’enfin tourner la page ? Ecrire la suite d’une histoire interrompue brutalement 20 ans plus tôt ? Ne risque-t-elle pas de s’y brûler les ailes ? De mettre tout son équilibre en péril ?

    Valérie Cohen signe un 5e roman abouti et agréable à lire. Dosant avec subtilité le suspens, les rebondissements et les révélations des uns et des autres, elle décrit de beaux personnages ayant chacun leurs qualités et leurs faiblesses, des blessures aussi qu’ils portent avec pudeur. Elle sonde l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sensible et nous rend ces personnages particulièrement attachants. Alternant présent et passé, elle dresse lentement la situation et ses causes. Le tout s’assemble alors sous nos yeux pièce par pièce.

    Roman d’atmosphère aux émotions vraies, cet ouvrage se déguste comme une friandise.

    Merci aux éditions Flammarion pour cet envoi.


    Depuis mon coeur a un battement de retard, Valérie COHEN

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  • Le forain, Michel CLAISEDans le jargon policier, la fraude à la TVA est appelée « carrousel ». C'est ce qui a poussé Max, le commissaire de la brigade financière de Lille, à surnommer « le Forain » un escroc qu'il poursuit depuis des années sans parvenir à l'identifier. Ce génial bandit, c'est Frédéric Galliani, un surdoué qui a choisi de régler ses comptes avec la société en empruntant la voie de la criminalité financière.


    Mon avis :

     

    Qui mieux qu’un juge d’instruction, spécialisé dans la lutte contre la criminalité en col blanc pourrait nous parler avec moultes détails de la fraude fiscale ? Michel Claise partage ses informations et les dessous de son métier avec ses lecteurs dans ce roman noir. Il décrit les mécanismes de la fraude qui repose en fait sur une organisation machiavélique qui ne s’embarrasse pas d’empathie ou de remords envers les hommes de paille dont elle va se servir à leur insu. Paumés, ruinés ou attirés par l’appât du gain facile, ces hommes seront broyés par le système qui enrichira celui qui est à la tête de la pyramide.

    C’est parce qu’un jour il a été victime d’une escroquerie que Frédéric a tout perdu. Il n’a plus en tête qu’un but, renouer avec l’aisance et retrouver sa fierté. Le hasard va le mettre en présence d’un duo bien rôdé qui lui apprendra les arcanes de la fraude. Sa vie en sera bouleversée.

    Michel Claise dresse ici une facette du tableau de la criminalité financière et de la lutte dérisoire contre celle-ci tant la justice est dépassée par l’ampleur du phénomène. Il démontre par cette histoire exemplaire comment l’évasion fiscale et la fraude gangrène la société en la déstabilisant.

    Paru il y a dix ans, ce roman ne décrit qu’un petit pan de la situation actuelle, les moyens technologiques étant toujours plus grands et les fraudes toujours plus subtilement réalisées. Mais la justice a toujours aussi peu de moyen pour lutter contre l’évasion fiscale qui, rappelons-le, s’élève à plus de 30 milliards d’euros en Belgique.

    Facile à lire, ce récit vous entrainera au cœur des malversations des fraudeurs mais comme l’écrit l’auteur, la réalité est souvent bien pire que la fiction.

    Le forain, Michel CLAISE 

     

     

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  • Poissons volants, François FILLEULRéveillon du Nouvel an 2016. Dans la ville de La Linea aux confins de l’Adalousie, face au détroit de Gibraltar, où prospèrent les trafics en tout genre, plusieurs familles sont exécutées quelques secondes avant minuit.
    Alors que grouillent les rats et s’échouent les baleines, l’inspecteur-chef Nicolas Fulgor Duran mène l’enquête sous une étrange canicule hivernale. Il croise sur sa route migrants, dirigeants locaux, travailleurs en crise et des poissons volants, égarés par le réchauffement climatique.

     

    Mon avis :

     

    J’aime les polars et plus encore ceux qui dérangent, grattent où cela fait mal. C’est le cas de ce premier roman à la dimension sociale intéressante.

     

     

    Tout au sud de l’Europe, là où des migrants tentent d’entrer sur la terre promise au risque de leur vie, s’étend la ville de La Linea, cité de pêcheurs, d’ouvriers au chômage, de débrouillardises et de magouilles. L’atmosphère sociale est sombre, la canicule écrase la ville en plein hiver, les catastrophes naturelles s’enchainent de l’invasion des rats à l’échouage de baleines sur la plage en passant par l’arrivée des poissons volants – attraction naturelle locale aux grandes retombées financières- avec six mois d’avance et sans touristes. C’est dans ce décor de fin du monde que se construit un hôpital hyper moderne, que des migrants sont ramenés manu militari à la frontière, qu’une famille se fait massacrer la nuit du réveillon et qu’un promeneur est retrouvé mort sur la plage. L’un n’a rien à voir avec l’autre et l’inspecteur Fulgor Duran cherche à dénouer rapidement le sac de nœud qui lui tombe sur les épaules en dépit des vacances, des fêtes et de son envie d’être ailleurs. C’est sans compter sur les embûches qui l’attentent et les bâtons qu’on lui met dans les roues. Un hiver très particulier pour l’inspecteur.

     

    Derrière la griffe de l’auteur, on sent la vision acérée du photographe et l’amateur de littérature et de séries policières. Le style est concis, les descriptions évocatrices, la construction du scénario est dynamique et les dialogues n’affaiblissent pas le propos. François Filleul va à l’essentiel tout en soignant son écriture. Il maîtrise les figures de style sans en abuser et nous offre un roman crédible et noir à souhait.

    Avant tout polar sociétal, « Poissons volants » est un récit d’ambiance. François Filleul nous parle ici d’une région qu’il connait visiblement très bien (l’Andalousie) et nous la décrit avec justesse et humour dans ses défauts comme dans ses bons côtés. Ses personnages ont de l’épaisseur et sonnent juste, les relations humaines sont décrites avec soin, preuve d’un regard affûté de l’auteur sur son environnement. La tension monte lentement au fur et à mesure qu’il semble que l’inspecteur perd pied dans cet imbroglio puis les zones d’ombres s’estompent peu à peu.

     

    J’ai aimé ce premier roman prometteur pour les raisons citées ci-dessus et pour l’immersion complète dans la province de Cadix, à la frontière avec le territoire britannique de Gibraltar. Une région que je ne connais pas et que l’auteur a réussi à rendre attirante et attrayante malgré tout.

    J’espère que ce premier roman en appellera d’autres et je vous invite à vous faire votre propre avis sur ce récit.

     

    Poissons volants, François FILLEUL

     

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  • Toutes les couleurs de la nuit, Karine LAMBERTLe diagnostic est irrévocable. D’ici trois semaines, Vincent aura perdu la vue. Confronté à son destin, ce prof de tennis de trente-cinq ans qui avait tout pour être heureux expérimente le déni, la colère et le désespoir.
    Comment se préparer à vivre dans l’obscurité ? Sur qui compter ? Alors que le monde s’éteint petit à petit autour de lui et que chaque minute devient un parcours d’obstacles, il se réfugie à la campagne où il renoue avec ses souvenirs d’enfance. Les mains plongées dans la terre, Vincent se connecte à ses sens, à l’instant présent et aux autres. Il tente de gagner le match de sa nouvelle vie.
     

     

    Mon avis :

     

    Vincent a tout pour être heureux quand le diagnostic tombe : il est atteint de la neuropathie optique de Leber et deviendra aveugle à très court terme. Ce professeur de tennis adulé par ses élèves, en plein projet de couple, voit sa vie basculer.

    D’abord dans le déni, il refuse d’en parler à ses proches et quitte tout pour goûter aux derniers plaisirs de la vue. Il fonce, s’égare, se fourvoie en croyant se trouver. En colère, il évoquera d’abord sa maladie à une vague connaissance avant d’oser affronter ses proches qu’il tient à distance. Les réactions seront diverses et le fermeront peu à peu au monde. En même temps qu’il perd lentement la vue, il perd aussi l’espoir d’une vie normale et d’un amour. Il faudra la persévérance de son entourage, l’aide inattendue de certains et une prise de conscience personnelle pour enfin oser vivre et croire au bonheur. Mais rien ne sera simple et évident.

     

    L’idée du roman est née il y a 4 ans après une rencontre avec un aveugle qui a affirmé à l’auteure qu’il était plus heureux depuis sa cécité qu’avant. Karine Lambert s’est alors demandé ce qu’elle ferait, ce qu’on pouvait faire quand on avait un laps de temps si court pour changer de vie. Photographe de formation, la vue est pour elle essentielle dans son métier et cela se sent dans sa manière de décrire l’environnement de Vincent au fil des pages. Elle n’omet aucun détail.

    Ce roman nous immerge dans le noir par petites touches. Subtile, nuancé, il nous parle d’une maladie qui sera tout sauf un drame quand Vincent sera entré dans l’acceptation de son état. Grâce à ses racines et ses souvenirs d’enfance, il se créera une vie nouvelle où tous ses autres sens se déploieront.

     

    Plein d’émotions et pourtant tout en retenue, ce récit nous invite à nous demander s’il faut obligatoirement vivre un choc pour changer de vie ? Une question dont je vous laisse trouver votre réponse.

    Merci à Karine Lambert pour cette jolie découverte. Le roman sort le 17 avril.

     

    Rencontre avec l'auteure ici.

    Toutes les couleurs de la nuit, Karine LAMBERT

     

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  • Belgiques, Les Politichats, Frank ANDRIATQui est ce Monsieur Michel qui abandonne Doudou à Mons ? Qui est Schildje sauvé de la noyade par un sans-papiers ? Qui est César malade des victoires des Diables Rouges ? Qui est Chtaline victime d'une tentative de meurtre ? Et qui est cette Roquette qui insupporte tout le monde ? Neuf portraits cocasses de nos stars politiques transformées en chats. Une Belgique comme on la connaît : décalée dans son conformisme, grinçante dans la décadence. À miauler de rire !

     

    Mon avis :

     

    Ce recueil de Frank Andriat est le 5e de la série Belgiques des éditions Ker. En neuf nouvelles, introduites par des extraits des chansons de Stromae, il dresse neuf portraits de politiciens, sur un ton humoristique. Chacun a une vision personnelle du pouvoir qu’elle soit noble, égoïste, trouble ou naïve… Difficile de ne pas reconnaitre l’un ou l’autre de nos politiciens derrière ces chats et leur pratiques politiques.

    Doudou ressemble à un Premier ministre avec son coussin de soie ; Schildje, en vacances en Wallonie malgré lui manque de périr mais est sauvé par un sans papier ; Prince, qui porte bien son nom, ne fréquente pas n’importe qui ou encore Patton et Ice, deux frères ennemis…


    Frank Andriat nous propose une farce à la manière de Molière ou de La Fontaine. Une manière salutaire de critiquer la politique que l’on nous sert et dans laquelle nous ne retrouvons pas.

    On aimera, ou pas, ce ton volontairement caustique, parfois décalé mais toujours mu par la volonté de dénoncer un système qui ne nous représente plus. Frank Andriat nous dessine une Belgique grinçante et décadente sur un ton chat-oyant.

    Un roman belgo-belge indispensable en ce mois belge.

    A découvrir !

     

     

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  • La Belgique de Simenon, Du journalisme à Maigret, M. CARLY & C. LIBENSIl y a quelques années, les éditions Weyrich ont publié un gros volume dédié à Simenon et son univers. Pour les trente ans du décès de l’écrivain, elles viennent de scinder cet ouvrage en 4 livres format poche, plus faciles à manipuler et à emporter partout. Ils sont proposés par « Soir Mag ». Signés Michel Carly et Christian Libens, ils nous proposent une approche originale de l’auteur en resituant dans la réalité quelque 101 « scène de crime » et scènes de vie tirées de ses romans et de sa vie privée.

     

    Mon avis :

     

    J’ai lu le tome 2 intitulé « Du journalisme à Maigret ». Il nous propose trois itinéraires sur les pas de Simenon. Le premier présente quatre scènes de crime qui ont eu lieu dans sa ville natale, Liège. Ces crimes ont donné lieu à quatre romans dont le célèbre « Pendu de Saint Pholien ». Les auteurs nous relatent le crime tel qu’il s’est passé, l’illustrent de photos noir et blanc d’époque, même celle d’un cadavre à l’autopsie. A l’époque, George travaille comme pigiste et est détaché sur les lieux. Il se servira de ces affaires dans ses romans. Les auteurs présentent les libertés que Simenon a prises avec la réalité des faits et ce qui est rigoureusement exact.

    Le deuxième itinéraire nous relate la jeunesse de Simenon, ses débuts à « La Gazette de Liège », les lectures qu’ils aiment et l’inspirent, notamment les aventures du célèbre « Fantomas » ou encore Fenimore Cooper ou Walter Scott. Ils décrivent aussi les lieux où il aimait s’asseoir pour s’imprégner de la vie locale et trouver l’inspiration pour ses articles : cafés, marchés, ruelles, place St Lambert, commissariat… Une galerie de portraits des acteurs ayant incarnés Maigret à l’écran et une collection d’affiches des adaptations de ses romans clôturent cet itinéraire. Le troisième évoque la vie privée et amoureuse de Simenon, grand séducteur. Nous y découvrons Silvie, l’initiatrice qui jouera un rôle dans sa vie et son œuvre et Régine qui deviendra sa femme. Le chapitre nous emmène sur les pas des amoureux dans la ville qu’il nous présente en une dizaine de photos, d’époque ou contemporaines.

    J’ai aimé redécouvrir le jeune Simenon, qui n’est pas encore ce romancier cosmopolite qu’on connait, dans la ville où il a débuté. On sent que ses observations liégeoises ont façonné la description des décors de ses romans et nourri les sensations qu’il a décrites. C’est lors de ces années qu’il se forge un caractère et une personnalité d’adulte, lui qui étouffe dans sa famille et rêve d’indépendance. Son regard acéré sur son environnement s’est affiné, construit, durant toute cette période. Fin 1922, il quitte Liège définitivement.

    On sent que Michel Carly et Christian Libens connaissent bien Simenon, sa vie, ses œuvres. Les documents rassemblés pour illustrer l’ouvrage sont nombreux, variés et particulièrement intéressants, comme des lettres ou les photos des scènes de crimes. L’univers de l’auteur est bien rendu tout en étant vu sous un angle nouveau à travers les lieux traversés et les personnes rencontrées.

    Les itinéraires proposés peuvent être suivis aujourd’hui encore. Une belle manière de découvrir le Liège de Simenon, une façon originale de voir la ville.

     

    La Belgique de Simenon, Du journalisme à Maigret, M. CARLY & C. LIBENS

     

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