• Cinq bébés enlevés. Un projet expérimental diabolique consigné dans un journal intime. Un journaliste qui enquête sur ces disparitions vingt-cinq ans après. 1910, Buenos Aires. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents après avoir disparu une nuit alors qu’elle dormait dans son berceau. Une jeune femme sans aucun souvenir, un homme qui se comporte comme un chien, les images hallucinées d’une session d’hypnose, sont les pistes qui conduiront Alejandro à remonter le fil de cette sombre histoire jusqu’à un dénouement aussi terrifiant qu’inattendu. demande seulement de procréer et de servir.

    Mon avis :

    Ce roman jeunesse cruel et noir est très addictif. L’alternance entre le présent et les extraits du glaçant journal d’expérience du Dr Andrew, 25 ans auparavant, tient le lecteur en haleine dès le départ. Il n’a de cesse de découvrir ce qui se trame derrière les premières informations qu’il lit, malsaines et bouleversantes. Ce changement de point de vue rythme l’histoire grâce à de courts chapitres où l’auteur sème çà et là des indices dont le dénouement fera état.

    On est vite immergé dans l’ambiance du récit qui balance entre horreur et thriller. Un bon lecteur aura compris à la moitié du livre, une partie du mystère. Un lecteur moyen devra poursuivre sa route encore un peu. Et c’est, selon moi, un des intérêts de ce roman. Il peut être lu par tous les adolescents quel que soit leur niveau de lecture.

    Un autre intérêt est le cadre spatio-temporel qui nous dépeint l’Argentine de la fin du 19e siècle. Ce pays méconnu des adolescents, en dehors de son équipe de foot, et son histoire leur donneront à voir une autre réalité que la leur. Tout au long du livre, l’auteur fait référence implicitement au passé glorieux de ce pays, aux réfugiés nazis de l’après-guerre et aux enfants disparus lors de la dictature militaire.

    Enfin, ce récit pose une question existentielle : jusqu’où la science peut-elle aller sans dépasser les normes ? Le progrès excuse-t-il tout ?

    Très bien traduit, le récit dégage une ambiance particulière, oscillant entre douceur et horreur. De quoi ravir les adolescents. Ce roman glaçant et bouleversant permettra bien des développements et des débats éthiques après sa lecture. A découvrir au plus vite.

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  • Le livre d'Amray, Yahia BELASKRI« On m'a dit que je naissais au monde, que les montagnes reculeraient devant mes aspirations, que les plaines donneraient plus de blé qu'elles n'en ont jamais produit et que les matins s'offriraient à mes pas juvéniles. Que ne m'a-t-on dit pour me laisser croire que j'étais un homme libre ? »

    Amray est né avec la guerre, entre le souffle du chergui, le vent chaud du Sahara, et les neiges des Hauts Plateaux, fils préféré d'une mère qui n'avait jamais appris les mots d'amour, et d'un père qui a fait plus de guerres qu'il n'en faut pour un homme. Mais bientôt son monde vacille et les amis d'enfance, Shlomo, Paco, Octavia - celle qu'il nomme ma joie - quittent le pays. Resté là comme en exil, Amray, fils du vent, fils de fières et nobles figures de résistance, Augustin, la Kahina ou Abd el-Kader, avec la rage puisée dans les livres et les mots des passeurs, part chercher plus loin ses horizons, et la liberté d'être poète.

    Mon avis : 

    Amray nait dans un foyer sans amour. Sa mère a 13 ans quand elle est mariée à son père qui en a 36. Comme les femmes de son époque, elle n’a rien à dire, n’a aucun droit. On lui demande seulement de procréer et de servir. Quand il nait, au cœur d’une famille nombreuse, son père a 60 ans et a passé la majeure partie de sa vie à combattre : deux guerres mondiales sous le drapeau français et puis la guerre sur son sol. Sa mère, sans instruction, simple et d’une grande sagesse, l’aimera comme elle n’a pu aimer ses autres enfants.

    « Le livre d’Amray » nous plonge dans l’histoire d’un pays jamais nommé mais dont on comprend très vite qu’il s’agit de l’Algérie. A travers les tourments de l’Histoire, Yahia Belaskri nous raconte la vie d’Amray – dont le nom signifie l’amoureux en berbère. Très jeune, le narrateur a la fraîcheur de l’innocence, la candeur de l’enfance. Il nous décrit avec force détails son quotidien, ce monde qui change, ses amis qui disparaissent de l’école et de sa vie, les regards qui se font fuyants ou au contraire appuyés… Son histoire se confond avec celle de son pays, faite d’espoir et de rêves au cœur des années 60 et 70 puis d’illusions perdues et de trahison. Solitaire, il vole des livres – avec la bienveillance du libraire - car il ne peut les acheter. Il s’instruit, se construit, grandit et devient à son tour mari et père. Mais un autre danger guète et la violence refait surface au cœur de son pays et de sa famille.

    A travers Amray, c’est l’histoire de l’Algérie qui se dessine et de la lutte incessante qu’elle a menée pour sa liberté, lutte marquée par des figures héroïques comme Saint Augustin, la Kahina ou Abd-el-Kader. Tous trois berbères, ils sont les piliers de ce roman, et les fondements de l’identité algérienne.

    D’une grande puissance poétique, ce récit de violence et de guerre, retrace l’histoire d’Amray mais est aussi un réquisitoire contre l’autoritarisme, l’intégrisme, la dictature qui enferment l’homme. Jamais nommée, l’Algérie est pourtant bien présence à chaque page, dans chaque mot célébrant avec mélancolie cette terre natale de l’auteur. C’est un chant d’amour à un pays dur, fier, meurtri dont l’auteur espère encore le renouveau, la renaissance. C’est une fresque onirique, celle d’un pays souffrant, écartelé entre mythes, souvenirs heureux et tragédies.

     

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    A Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois enfants sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les « trois mousquetaires » sont inséparables, mais à l’adolescence leurs rapports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir l’énigme et servir d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet « été meurtrier » la marquera à jamais.

    Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c’est elle qui a un plan…

    Mon avis :


    Dans ce roman de 420 pages, Lize Spit raconte l’histoire de trois jeunes enfants dans un petit village anversois, à la fin des années 90 et au début des années 2000. Les enfants en vacances courent les rues du village en toute liberté, jouent, refont le monde. Le reste du temps, la vie s’écoule lentement entre la famille, l’école, les sorties entre copains. Tout n’est pas rose dans leur vie, loin de là : famille dysfonctionnelle, fratrie fragile, isolement, rumeurs et commérages. Heureusement, il y a l’amitié. Quoique.

    Le roman alterne les souvenirs de l’été 2002 et le présent d’Eva, la narratrice, en 2015. On sait dès le départ que quelque chose de grave s’est passé cet été-là et qu’elle prépare une vengeance.

    Certes, l’histoire est extrêmement bien construite et rédigée avec une plume précise et réaliste. On attend la chute en sentant monter la tension et les non-dits piquent sans cesse notre curiosité. Elle dresse un portrait assez juste de cette période entre deux eaux qu’est la fin de l’enfance et le début de l’adolescence. Celle où on aimerait grandir et à la fois rester enfant car l’avenir angoisse ; celle où on est capable, dans la même journée, de cruauté et de douceur, de haine et de compassion. La jeune auteure a le sens de la narration et nous propose également une galerie de personnages d’une précision chirurgicale, dressant un portrait au vitriol de la campagne flamande et de sa bonhomie apparente. Cette peinture flamande est certainement l’objet d’une longue observation avant de pouvoir obtenir un tel rendu. Mais les adultes sont tellement dysfonctionnels dans ce village qu’on se dit parfois que c’est too much.

    Malgré ces indéniables qualités, j’ai été déçue. Sans doute attendais-je trop de ma lecture après les critiques dithyrambiques lues et le succès de ce roman.

    Il y a d’abord, à mon sens, une erreur de timing. Certains détails de cette histoire me la feraient plutôt ancrer dans les années 70 ou 80, (les mères au foyer, le fil en spirale du téléphone fixe, Aldi qui ne vend pas de produits frais...) De plus, j’ai de la peine à croire qu’au lendemain de l’affaire Dutroux qui a secoué profondément tout le pays, les enfants de ce village soient si libres et laissés à eux-mêmes.

    Ensuite, je l’ai trouvé lent, extrêmement lent, comme l’ennui qui colle à la peau d’Eva dans ce village microscopique. Et parfois trop touffu : beaucoup de détails sur la vie du village, les événements anodins du quotidien, les ragots qui l’animent m’ont paru dispensables.

    Enfin, je crois que je m’attendais à un dénouement différent. J’ai tellement lu les mots « malaise, atmosphère irrespirable, soufre, glaçant, glauque, machiavélique » que je prévoyais autre chose -d’où le fait que j’ai longtemps postposé cette lecture – même si la fin est réellement noire, cruelle, à la limite du supportable comme si l’auteure se plaisait dans le sordide et le cru.

    Je suis contente de l’avoir lu, je me suis fait ainsi un avis personnel. Très mitigé comme vous l’avez lu.

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  • La petite romancière, la star et l'assassin, Caroline SOLECheyenne, quinze ans, passe ses journées enfermée dans sa chambre à épier sa célèbre voisine : une jeune star de cinéma. Sa vie bascule lorsqu'un enfant disparaît et que la police mène l'enquête... La petite romancière, la star et l'assassin est le récit de trois interrogatoires. Trois destins croisés : une adolescente farouche qui s'interroge sur le sens de l'existence, un marginal au comportement suspect et une actrice précoce qui révèle les coulisses de sa célébrité.

    Mon avis :

    Inspirée par « Fenêtre sur cour », l’auteure imagine une semaine dans la vie d’une adolescente déprimée et mal dans sa peau qui s’enferme dans sa chambre pendant que sa famille est en vacances. Elle a âprement négocié cette liberté pour planifier sa fin. Elle se gave de sucrerie, sans quitter des yeux la maison d’en face où une star vient de s’installer. Elle l’épie derrière sa tenture. Ce qu’elle voit un jour lui glace les sangs : un homme enterre un bébé dans le jardin.

    J’ai mis du temps à entrer dans ce roman. Je l’ai acheté après une rencontre avec l’auteure dans ma librairie car elle avait su m’intriguer. L’interrogatoire de Cheyenne qui ouvre le récit est long, sans doute trop. Mal dans sa peau, elle ressasse son mal être, ses angoisses, sa boulimie de sucre… L’auteure voulait un personnage qui ose dire ses fêlures et revendique son mal de vivre. Pour elle, il ne faut pas nier la souffrance vécue à l’adolescence.

    Ensuite, le récit passe à l’interrogatoire de Tristan, l’assistant de la star, et enfin, à la star elle-même, et tout se met lentement en place. Leurs destins se croisent, différents mais communs dans la solitude comme dans la marginalité et cet immense besoin d’amour.

    Ce roman polyphonique est constitué de trois monologues dessinant les portraits des trois protagonistes. Il commence comme un thriller mais très vite l’intérêt se porte sur les personnages eux-mêmes. Caroline Solé nous dépeint des anti héros marginaux, malheureux qui vivent des rapports complexes avec les autres dans lesquels ils ne trouvent ni bonheur ni même satisfaction. Au fil des pages, on se demande où elle va nous emmener et quelle sera le dénouement de l’intrigue.

    Malgré des thèmes intéressants et l’originalité de l’histoire, les personnages ne m’ont pas vraiment touchée et je suis restée en marge du récit. Pire, Cheyenne m’a agacée sans que j’éprouve la moindre empathie ou compassion. Le regard de l’auteure sur ces personnages est affuté mais la langue parlée employée et les redondances nombreuses ne m’ont pas permis d’entrer réellement dans cette histoire. Je le regrette car j’ai lu de très nombreuses critiques positives et j’ai beaucoup aimé la rencontre avec l’auteure. Mais je suis passée à côté de ce roman.

     

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  • 1830. Au Suriname, les Bonis, mené par leur chef, Boni Okilifu, échappent aux colons hollandais en s’installant au cœur de la jungle amazonienne et débutent une lutte déterminée pour leur liberté...
    1877. Jules Crevaux, médecin français, explore l’intérieur des terres de la Guyane. Accompagné d’un piroguier, Apatou, au fil de la navigation et au rythme de leur amitié naissante, il va découvrir l’histoire du peuple boni, ayant mené une guerre d’émancipation contre les colons français et néerlandais.

    Mon avis :

    Stéphane Blanco, passionné par la Guyane, signe le scénario de cet album. Adolescent, il a vécu à Dakar et visité l’île de Gorée, plaque tournante de la traite négrière. Ce fut un choc. Devenu enseignant, il est nommé en Guyane. Il est subjugué par les histoires que lui racontent ses élèves et ses collègues, descendants d’esclaves. Il décide d’en parler un jour.

    Avec Samuel Figuière, dessinateur et coloriste, il vient de sortir une BD qui retrace cette épopée méconnue, celle du marronnage. En Guyane, on appelait « noirs marrons » les esclaves en fuite qui trouvaient protection dans la forêt profonde, créant des communautés avec leur propre fonctionnement. N’ayant laissé aucune trace écrite, ces sociétés parallèles qui se basaient sur les codes de différentes sociétés africaines sont difficiles à comprendre et à cerner. Seuls existent de rares documents et beaucoup d’histoires transmises par la tradition orale.

    Stéphane Blanco a donc choisi de suivre les traces de Jules Crevaux, explorateur du 19e siècle qui remonta le fleuve Marron pour découvrir la Guyane profonde. L’histoire est un hommage à un explorateur qui a inspiré aussi bien Jules Verne que Claude Levi-Strauss ou Hergé et à un peuple d’esclaves qui a arraché sa liberté aux colons français et néerlandais.

    Paru chez Steinkis, une maison d’édition indépendante, l’histoire que nous raconte cet album est donc noire et violente. Les esclaves étaient traités avec une réelle sauvagerie. Un fuyard rattrapé, on le faisait rôtir vivant ! Une femme violée par un riche blanc a été mutilée par son épouse et laissée pour morte. Stéphane Blanco a choisi de mettre en images le récit de voyage de Crevaux et, par là même, la vie de ces hommes et de ces femmes. L’album raconte leur survie, les légendes et rumeurs qui ont couru sur eux et la traque infernale dont ils ont été victimes.

    Je n’ai pas été séduite par les dessins et les tons sombres de l’album mais l’histoire m’a vraiment intéressée car je ne connaissais pas le marronnage. La préface de Stéphane Blanco et de l’historien Jean Moomou ainsi que le dossier qui clôture l’album sont passionnants.

    Merci à Babelio de m’avoir permis de découvrir cet album et cette histoire méconnue.

     

     

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  • La guerre des Lulus, 5 : La der des ders, HAUTIERE & HARDOC1918. Alors que la Première Guerre mondiale fait rage, les Lulus tentent de survivre en zone occupée. Enrôlés malgré eux par une société secrète, les quatre orphelins sont contraints de se séparer. Cette séparation, la toute première depuis qu’ils se connaissent, pourrait être beaucoup plus longue qu’ils ne l’imaginent.

    Mon avis : 

    Je m’attendais à ce que ce 5e tome nous offre la fin des aventures des enfants, devenus adolescents. Il n’en est rien. J’oscille entre la déception par peur que cela traîne en longueur et la joie de me dire que je pourrais encore les retrouver. Les zones d’ombre persistent entre 1916 et 1917 et on attend ici le dénouement final. « La perspective Luigi » dont les auteurs nous offrent quelques planches comblera mes attentes même si je trouve le procédé, un peu « vente forcée ».

    Luce, restée chez sa grand-mère, est absente de cet album bien que dans le cœur des quatre amis. Pour la première fois, ils vont se retrouver séparés : les grands vont être enrôlés par un groupe de résistants, les plus jeunes dirigés vers la zone libre. Mais, on commence à le savoir, tout ne se passera pas comme prévu.

    Ce tome est plus grave et plus noir que les précédents. L’ambiance a évolué comme celle de cette guerre qui se traine et voit les soldats épuisés, les trahisons se multiplier et la tension être à son comble. La guerre est ici traitée pour elle-même pour la première fois. Les qualités inhérentes à cette saga ne faiblissent pas et l’histoire est même plus riche ici.

    Un tome qui s’inscrit donc dans la continuité mais une grosse déception quant au procédé marketing.

     

     

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  • Résultat de recherche d'images pour "mes cocottes pour réviser"Inspiré par un des jeux favoris des enfants, cette collection inédite d’album pour réviser ravira petits et grands. Pour devenir champion dans toutes les matières en s’amusant.

    Mon avis :

    J’ai découvert avec plaisir et étonnement les quatre volumes que les éditions Nathan proposent pour réviser les matières du CP au CM1.

    Fini la corvée des révisions ! Cela devient un moment de plaisir à partager.

    Les éditions Nathan proposent 37 cocottes par album pour revoir de manière ludique et motivante l’essentiel du programme de français, math, anglais, sciences, espace… Colorée, décorée, chaque cocotte est découpable dans un carton résistant de belle tenue. Les pliages préexistants facilitent la réalisation par les petites mains.

    Fermées, elles représentent un super héros, un monstre, un animal. Ouvertes, elles proposent des questions sur les différentes matières, les réponses ainsi que des gages en cas de mauvaise réponse et des devinettes. Deux planches permettent aussi de confectionner une pochette de rangement pour les cocottes. Bref rien n’est laissé au hasard.

    Une superbe idée donc pour revoir en s‘amusant et vérifier ses connaissances. Le tout étant réalisé sous la direction de plusieurs professeurs des écoles.


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