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Profitez de deux jours de congé pour visiter la jolie ville de Metz.
Au gré de vos flâneries, rendez-vous rue Ambroise Thomas qui regroupe une bouquinerie aux prix défiant toute concurrence et trois librairies : Hisler Even, une très jolie librairie-papeterie, Hisler BD et Géronimo spécialisé en littérature classique.
Entrez dans chacune, bien sûr et observez, touchez, palpez, lisez.
Laissez-vous séduire par les prix de la première, le choix et l’ambiance des suivantes.
Succombez aux yeux doux de votre fils qui vous demande « Encore un, juste un, s’il te plait ».
Et vous ramenez chez vous pas moins de douze livres et un magazine.
Pour vous consoler, dites-vous que les livres d’occasion sont neufs et vous ont couté en moyenne 2,5 euros ; que le magazine est vraiment très riche et en vaut la peine et que votre fils va lire 4 livres dans les jours à venir et sûrement emprunter les vôtres.
Vous avez maintenant bonne conscience…
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Par argali dans Mes lectures le 22 Février 2012 à 06:59
Comment Zola Méké, jeune Africain issu d’une famille démunie, est-il devenu chirurgien à Paris ? Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse : déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement entre l’attrait d’une vie « moderne » et l’emprise de la culture originelle. Mais ce roman est aussi une histoire forte d’amitié et d’amour entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent : un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent.Mon avis :
"Noirs en blanc" est une fiction inspirée de témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux. Il évoque la fuite des cerveaux d’Afrique,un drame pour ce continent… "Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins !" s'écrie Myezi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.
Le livre nous conte l’histoire de Zola comme s’il s’agissait d’une pièce en trois actes. La première se déroule sur l’ile de la Jeunesse, face à La Havane, la deuxième à Saint Petersburg et la troisième à Paris. Comment un jeune Congolais a-t-il pu faire un pareil périple juste pour réaliser son rêve « devenir médecin » ? C’est la première question qui m’a hantée en lisant ce roman. J’ignorais que, jusque dans les années 80, la Russie octroyait des bourses à des jeunes Africains méritants et les envoyaient ensuite étudier à Cuba, chez les camarades communistes. Admirable générosité cachant cependant une vie de privations et de brimades où les jeunes devaient travailler dur aux champs pour financer leurs études.
Direction St Petersburg ensuite, pour suivre des études universitaires, loin de la famille toujours, des amis de Cuba et dans un froid sibérien qui découragerait les plus volontaires. L’apprentissage d’une vie tout autre, tout aussi dure, où le règne de la débrouille est le lot de tous les étudiants étrangers.
Enfin, arrivée à Paris pour entamer une vie professionnelle tant attendue.
Ce récit initiatique sur fond de Guerre froide finissante et de Glasnost, nous fait partager le quotidien difficile d’un jeune garçon obstiné. Il lui faudra une détermination hors du commun pour supporter les brimades de petits chefs que le régime favorise, la méfiance et le racisme, la violence et le mépris.
D’une écriture simple et efficace - hélas gâchée par de très nombreuses fautes d’orthographe de l’éditeur - Denis Labayle, lui-même médecin à l’origine, nous retrace l’épopée moderne d’un jeune homme courageux sans jamais verser dans la condescendance ou le misérabilisme. Mais au-delà de l’histoire de Zola, c’est notre vision occidentale de l’Afrique qui est sur la sellette. Nous qui favorisons la fuite des cerveaux africains et regardons sans broncher un continent mourir exsangue. Nous qui croulons sous le confort et la sécurité quand les malades africains doivent payer eux-mêmes le fil de suture avant d’espérer pouvoir être opérés.
J’ai fermé le livre sur ce monde à deux vitesses, une réalité qui fait honte, avec un sentiment d’admiration infinie pour tous les Zola de la terre.

Merci à Babelio et aux éditions Dialogue, pour ce livre reçu dans le cadre de Masse critique.
J'inscris cette lecture au challenge citoyen d'Itzamna.
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Par argali dans Romans policiers le 19 Février 2012 à 07:15
Lorsque Michael Cooper arrive à Durham pour accompagner son père mourant, il ne connaît que très peu de choses de la ville. C'est pourtant le berceau de sa famille, ses parents y ont vécu jusqu'à ce qu'il vienne au monde. Et c'est à Durham qu'il va faire une étrange découverte concernant sa naissance. Celle-ci n'est qu'un des nombreux secrets et non-dits familiaux, qui tous semblent liés à la destruction du quartier noir de la ville à la fin des sixties. Bientôt, il découvre que, à l'époque, ce haut lieu de la culture afro-américaine, symbole de liberté dans une région très conservatrice, a été endeuillé par un meurtre jamais élucidé. L'assassinat d'un homme, la mort d'un quartier, d'une culture, Michael va devoir faire toute la lumière sur ces événements afin de lever le voile sombre qui recouvre son identité. C'est le début d'une course contre la montre à l'issue incertaine.Mon avis :
Illustrateur de bandes dessinées, Michaël Cooper retourne à Durham, en Caroline du Nord parce que son père, en phase terminale d’un cancer, a décidé d’y mourir. Depuis sa naissance, Michaël et ses parents ont toujours vécu au Texas. Ils lui ont peu parlé de leurs familles et de leurs amis laissés là-bas. La seule chose dont son père parlait avec fierté, c’est de son travail d'architecte et du béton. Il bâtissait des routes.
Dès le début, on sent Michaël révolté par les non dits et les secrets de famille. Il décide, puisqu’il est sur place, d’aller à la rencontre de ce père qu’il connait mal et qui lui parle si peu. Il retourne aux sources et questionne les survivants. Il ignore qu’il va déterrer des rancunes mal cicatrisées. Il va ainsi détricoter l’histoire de sa famille, de ses origines et l’histoire d’une ville et d’une région. Aimable, affable et un peu naïf, il va peu à peu se transformer au fil de ses découvertes.
Roman noir dans le style de James Ellroy et plongée au cœur de l’Amérique profonde comme le ferait Franzen, ce récit, superbement écrit, est aussi un roman historique très critique. L’abrogation des lois raciales, la mort de Kennedy et de Martin Luther King, les alliances douteuses entre le Sud et Nixon pour lui faciliter l’accès à la présidence… Shiner parle franc. Truffé d’anecdotes savoureuses, d’atmosphère des années 60, de musique jazz et d’espoirs déçus, le récit de Lewis Shiner est une véritable saga courant sur quarante années et trois générations.
Nous sommes en présence d’une diatribe sévère du rêve américain, basé sur la violence, le mensonge, les luttes d’influence et la ségrégation. Et la véracité des faits relatés fait de ce roman un livre d’Histoire passionnant où nous observons comment l’histoire d’un pays peut influer sur celle des individus et comment les actes des pères peuvent forger les fils.
C’est un roman superbe et une ode à la culture noire que j’ai beaucoup aimé.
Emprunt à Anne
, je conseillerais de lire ce roman tout en écoutant un CD de Coltrane ou de Davis, ce que j'ai fait. C'était magique.Merci aux Editions Sonatine pour ce roman.

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Je viens de m’inscrire à un nouveau challenge mais cette fois, il est un peu différent des autres.
Itzamna, qui aime lire des essais et des ouvrages critiques, nous propose de partager nos lectures citoyennes. Que ce soit en politique, en économie, en sociologie…, certains ouvrages nous proposent un regard différent sur le monde. Un regard qui sort de la pensée unique ambiante et bouscule nos consciences.
Itzamna nous invite à mettre ces livres en exergue en participant à son challenge.
Pour ce faire, nous pouvons nous inscrire à trois niveaux :
Le citoyen indigné lira 2 livres.
Le citoyen révolté en lira 5.
Le citoyen engagé en lira 10.
Essais, romans, bandes dessinées… tous les genres sont les bienvenus. Les liens rétroactifs sont aussi acceptés. Le but étant de donner des idées de lecture à tous.
Le challenge court jusque fin décembre 2012. Pour les inscriptions et les liens, rendez-vous sur le blog d’Itzamna.
Je me suis inscrite comme citoyen indigné.
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Par argali dans Romans policiers le 18 Février 2012 à 06:34
II se nomme Thomas Roy. C'est l'écrivain le plus adulé du Québec. La parution de ses romans d'horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or voici qu'on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ? Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l'écrivain, considère au départ le cas comme banal. La découverte de faits troublants l'oblige cependant à reconsidérer peu à peu son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d'inimaginable et aux conséquences monstrueuses...Mon avis :
Une fois de plus, je suis restée scotchée. Cela me fait le même effet à chaque fois, dès que j’entre dans un roman de Patrick Senécal, je n’arrive pas à le poser. Je l’ai fini en moins de vingt quatre heures, lisant dès que je pouvais faire une pause. Merci Cajou pour ce cadeau !
Ce roman, paru en 1998, est son troisième et celui qui a vraiment fait décoller la carrière de Patrick Senécal. La critique québécoise fut unanime et en 2003, il fut adapté au cinéma. C’est vrai qu’une fois encore, l’intensité dramatique est au rendez-vous, allant crescendo au fil des pages. Plus on entre dans le récit, plus on a envie de comprendre et de trouver la clé de l’énigme.
Dans ce milieu médical où seules les données scientifiques ont droit de citer, l’irrationnel va peu à peu se mêler aux faits et faire vaciller les certitudes des uns et des autres. Le doute s’immisce dans l’esprit du médecin en charge du cas de Thomas Roy et il n’a de cesse de lutter pour rester lucide et objectif.
Un suspense d’une redoutable efficacité se met en place révélation après révélation et l’on se demande où l’auteur nous entraîne. Jusqu’au dénouement final, l’emprise du surnaturel sur les événements reste crédible, gardant le lecteur en haleine.
La fin m’a moins enthousiasmée ; je m’attendais, je pense, à une chute plus fine. Elle n’en reste pas moins dans la logique du récit. Mais je n’en dévoilerai rien pour maintenir le suspense entier.
Un roman de plus (le 5e que je lis) vers la découverte de cet auteur et un autre bon moment de lecture. Même si « Le passager » reste mon préféré jusqu’ici, ce roman de belle facture est à lire pour découvrir l’univers de Senécal.
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