• J'avoue bien humblement qu'avant la semaine dernière, je n'avais jamais entendu parler de Jean-Marcel Erre. En fait, jusqu'à ce que je reçoive une invitation de la libraire L'Oiseau-Lire de Visé pour assister à une soirée-rencontre avec cet auteur. Je me suis donc rappelée que "Google est notre ami".

    Quelle surprise de constater que sous ce prénom désuet se cachait un jeune quadragénaire bien de sa personne. Et qu'un de ses romans piaffait d'impatience dans ma PAL (pile à lire) depuis quelques semaines déjà ! En effet, à la recherche d'un roman drôle à proposer à mes élèves de 4e, j'ai acheté, sous les conseils de ma libraire, "Prenez soin du chien" son premier roman. "Désopilant" m'a-t-elle assuré.

    Me voici donc, par un beau soir d'automne, en route pour Visé. La petite salle de la bibliothèque est comble. Nous devons être une quarantaine à avoir répondu à l'invitation. Première surprise, nous ne sommes guère plus de cinq à dépasser la quarantaine - justement. Les "fans" de Jean-Marcel sont jeunes, la vingtaine. Eux, ils connaissent bien l'auteur et ont lu ses trois romans. (Made in China, Série Z). Je m'informe et demande à mon voisin, quinquagénaire, s'il a lu un de ces ouvrages. "Non, je viens de commencer le premier, me dit-il sous le sceau du secret, mais j'apprécie beaucoup." Ouf ! Je ne suis pas la seule à être en terre inconnue.

    La soirée commence. Interviewé avec simplicité mais finesse par Anne Baudinet, libraire à l'Oiseau Lire, Jean-Marcel Erre se prête avec humour au jeu des questions-réponses. Il parle de lui, un peu, de ses romans, de ses personnages, de son inspiration, de son métier et de ses élèves, avec passion. Né en 1971 à Perpignan, il a, comme il dit, "un métier honnête à côté de ses pauvres romans qui ne se vendent pas assez". Papa d'une petite fille et professeur de lettres, il trouve dans l'écriture un plaisir intense décuplé par le fait que la nécessité d'écrire pour vivre lui est inconnue.

    Ses romans, au rythme soutenu et à l'humour frisant l'absurde, lui viennent "tout seul". Quand il commence, il ne sait pas forcément où il va. Il pense écrire un roman sur le cinéma (Série Z) et quand il met le point final à l'histoire, il se rend compte que son livre parle de la vieillesse. L'humour ? Il est en lui. Il s'engage dans une description sérieuse et classique puis une idée loufoque lui traverse l'esprit et le voilà en train d'écrire une scène déjantée qu'il n'avait pas prévue. "C'est comme ça, je ne lutte pas contre" dit-il. Il a raison puisque cela semble fonctionner auprès de ses lecteurs.

    Je me suis promise en partant de lire prochainement "Prenez soin du chien" et j'ai déjà noté dans mon agenda que son prochain roman, qui en est à la moitié, parlera d'un groupe d'enseignants. C'est sûr, cela risque d'être drôle là aussi.

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