• Une année dessinée, faits et gestes de la librairie.Dans l’intimité de nos librairies, nous avons tous créé un petit royaume, un château où nous frémissons pour des valeurs qui nous dépassent. Cette année, 450 libraires indépendants se sont rassemblés une fois de plus, forts des différences qui les unissent et de leurs parentés. Dans vos villes, nous aimerions que nos lieux soient phosphorescents. Ils le seront si vous les fréquentez.

    Mon avis :

    A l’occasion de la journée mondiale du livre, 450 libraires indépendants en France et en Belgique ont créé l’événement. C’était le 25 avril dernier. Ce jour-là, j’ai reçu cet ouvrage à la librairie TULITU, à Bruxelles.

    Cette éphéméride rassemble 365 œuvres de dessinateurs et autant de faits, pensées, citations... provenant du quotidien des libraires indépendants. A travers ces dessins et écrits, on découvre la réalité d’un métier méconnu et tellement dynamique. Avec humour, les libraires nous parlent de leur métier, de ces petits et grands moments de joie et de solitude qui parsèment leurs journées. On sourit, on rit, on s’interroge... De bien plaisants moments passés à lire cet almanach.

    « Le client se fait parfois libraire. Alors, il conseille et dirige un autre client et immanquablement un troisième client va donner son avis... et la librairie se transforme en club de lecture ! »
    « Voir revenir les jeunes qui ont grandi en même temps que la librairie. »
    « Ouvrir un album, sentir l’odeur forte de l’encre encore fraîche. »

     

     Une année dessinée, faits et gestes de la librairie.Une année dessinée, faits et gestes de la librairie.

     

     

     

     

     

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  • Rien n'est rouge, François SALMONA part peut-être la soif impossible qui s’écrase sur Billy Adamson au cœur de la Death Valley.
    A part bien sûr la torche que brandit Dries Nuttens, le plus petit flic d’Anvers, à l’entrée de la N171.
    A part ce lent désir qui monte dans le corps d’Octavie, rue des Sœurs de la Providence.
    A part l’aube stridente que Gossuin le parcheminier voit se lever sur Paris le 6 février 886.
    A part la vitesse de l’œuf de Nessus, l’ambition du Grand Auteur belge, la honte crasse de Bernard Verdonck ou la voix de Sophie Lambert.
    Non décidément,
    Rien n’est rouge.

    Mon avis :

    François Salmon nous propose ici un recueil de nouvelles très originales et jubilatoires, faisant passer le lecteur d’un texte à l’atmosphère suffocante, clairement fantastique, aux récits croisés de quatre parcours de vie ordinaire puis à la lecture d’une lettre d’amour à une inconnue. Tant les genres que les sujets sont différents et son imagination nous emporte dans des univers auxquels on ne s’attend pas.

    Jouant avec les codes, passant du western au thriller, de la biographie à la nouvelle à chute..., il s’amuse avec les contraintes littéraires, se lance des défis de fond et de forme et réussit de vrais petits bijoux. Mes préférés sont « Profondeurs de la soif », un western improbable, « Comment Bernard Verdonck... changea soudain de position » un conte de Noël aigre doux et « Par la peau des siècles » un joli clin d’œil à l’Histoire, mais tous ses textes m’ont plu. Innovants, variés, d’une qualité linguistique irréprochable, ils témoignent de la richesse de son univers créatif et de la liberté de ton qui est la sienne.
    Ses personnages, hommes et femmes un peu fantasques, jeunes ou vieux de toutes conditions sociales, en un mot, des antihéros, se croisent, nous racontant de petits riens insignifiants, un quotidien un peu terne où « rien n’est rouge ». Emotion, humour, surréalisme imprègnent ces nouvelles à l’écriture vive et incisive, nous procurant un réel plaisir de lecture. Une belle manière de clôturer ce mois belge.

    Je vous invite à le découvrir et à vous abandonner au charme de son univers narratif, vous ne le regretterez pas.

    François Salmon enseigne le français et l’art dramatique à Tournai. Son recueil est édité aux éditions Luce Wilquin que je remercie pour cette découverte.

      

     Rien n'est rouge, François SALMON

     

     

     

     

     

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  • La maison russe, Tania SOLLOGOUBÀ quarante ans, Katia décide d'aller seule, une dernière fois, dans la maison de son enfance. Elle veut y retrouver la table en pierre encore fraîche à l'aube, la mer qu'on voyait des fenêtres et, surtout, les échos d'une voix russe qui la hante, celle de sa grand-mère, qui lui parlait de la vie sous les lauriers roses.

    Mon avis :

    J’aime beaucoup Tania Sollogoub. Son écriture, son style, sa détermination à vouloir faire bouger les choses... c’est une femme engagée qui partage certaines de mes préoccupations. Quand j’ai lu la 4e de son roman, j’ai pensé qu’elle allait y parler d’elle. Ou du moins s’inspirer de sa vie. Je ne sais si c’est tout à fait le cas mais j’ai beaucoup aimé cette histoire.

    Dans la famille de Katia, les hommes sont tous morts ruinés. Généreux, paresseux, dépensiers, amoureux, fêtards, cigales... c’étaient des hommes entiers, sans nuance. Ils ont rendu les femmes amoureuses, heureuses et malheureuses à la fois, et riches de leurs excès.

    Alors qu’elle retourne à la maison de vacances où elle a passé son enfance, en Provence, Katia se remémore ces années d’insouciance où le bonheur l’entourait sans qu’elle le sache. Une enfance qu’elle a fuie précipitamment vingt ans plus tôt.
    Ce retour en arrière nous montre comment les étés d’une enfant font écho à ceux vécus par sa grand-mère Anna. Alors fillette, elle avait quitté dans l’urgence les bords de la Mer Noire peu avant la Révolution russe, pour s’exiler en France avec sa famille. Agenouillée à ses pieds, la petite Katia écoute Anna lui raconter comment c’était avant et perçoit que le sentiment d’exil est toujours bien présent. Il est là dans ces « maisons russes » que les exilés recréent, là où ils s’installent, génération après génération ; des maisons ouvertes à tous, où chacun se souvient ; des maisons qui rassemblent (et séparent) ; des maisons bruyantes, rieuses, enivrantes qui donnent aux êtres le sentiment d’être vivants.

    A travers les voix de ces femmes, on plonge dans les souvenirs, les madeleines, les émotions. Chacun peut y associer les siens, ces petits riens qui font notre enfance à nous, notre passé familial. Un passé dont nous sommes riches et à jamais porteurs qu’on le veuille ou non. C’est cela que Tania Sollogoub nous raconte ici, dans ce premier roman « pour adultes ». Un roman tendre, à la fois joyeux et dur, une histoire de famille, comme tant d’autres, où les sentiments sont plus exaltés. Un très bon moment de lecture.

     

     

     

     

     

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  • Le bon coupable, Armel JOBUn dimanche d'été à l’heure de la messe, un village désert. Un homme en état d'ébriété qui le traverse au volant de sa jeep et s’en va finir sa course dans une rivière, non loin de là. Une Jaguar rutilante, qui emprunte le même trajet à vive allure. Un accident sans témoin. Une fillette de dix ans tuée sur le coup. Un coupable tout désigné. Un second suspect potentiel – au-dessus, lui, de tout soupçon.
    La soixantaine débonnaire, Carlo Mazure mène une vie de patachon assez misérable. Tout l’inverse de Régis Lagerman, procureur de son état, jeune fonctionnaire ambitieux, promis à un bel avenir. Deux hommes que tout oppose et dont les destins vont pourtant se confondre.

    Mon avis :

    Un fait divers atroce en 1960. Il n’y a pas autant de voitures qu’aujourd’hui sur les routes, mais les conducteurs sont tout aussi inconscients. Une fillette innocente en sera la victime.

    L’enquête qui suivra l’accident et dont on connait dès le départ les tenants et les aboutissants sert de prétexte à l’auteur pour décrire les deux suspects et leur entourage. Peu à peu, l’auteur plonge dans le passé des protagonistes et tisse leur histoire en même temps que celle du village où ils habitent. On découvre peu à peu les relations que les villageois entretiennent entre eux, leurs secrets, leurs blessures, leurs remords... A la manière de Simenon, Armel Job se penche sur des gens ordinaires, au destin ordinaire et les regarde vivre avec leur conscience. Prennent-ils leurs responsabilités ? Font-ils face à la vie ? Et quand un dilemme moral survient, comment le gèrent-ils ? L’étude psychologique des personnages finement amenée, nous pousse à voir chacun au-delà des apparences. Ils se dévoilent petit à petit et les non dits sont plus parlants encore.
    Le fait d’avoir placé cette histoire dans le passé permet aussi de se distancier des événements et des personnages et de se dire que c’était une autre époque. Mais ce serait trop facile. Armel Job nous pousse à l’introspection. Conscience, culpabilité, responsabilité, morale... cela nous concerne tous, ici ou ailleurs, jadis ou aujourd’hui. Ce drame est intemporel.

    Et il ne pouvait pas rester impuni. Il fallait trouver le coupable. Ou du moins un coupable. Parce qu’il faut pouvoir lui donner un visage au mal quand il s’abat sur vous. C’est tellement simple quand la société le désigne d’emblée. La vindicte populaire n’a plus qu’à s’exprimer.

    Même si certains côtés caricaturaux de la société décrite m’ont agacée – je n’aime pas le manichéisme - j’ai pris plaisir à lire ce roman dont l’écriture et le style sont soignés et qui porte à une réflexion intelligente et d’une grande pertinence. Un tout bon Armel Job dans le style auquel il nous a habitués : élégant.


    Le bon coupable, Armel JOB 

     

     

     

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  • La vie en ville, Damien DESAMORYLorsque je rentrai chez moi, je remarquai, devant ma porte, un os. Un os plat, un sternum ou un bout d’omoplate. Pas très grand, six centimètres sur quatre. Partiellement rongé avec encore des lambeaux de chair brunâtres et séchés. Je considérai longuement l’os du regard, la clé à la main. D’une certaine manière, ce n’était qu’un os. Mais, par ailleurs, cet os avait quelque chose d’inquiétant. Il se trouvait exactement devant ma porte, en plein milieu du palier. (…) Coïncidence ? Il ne m’arrivait jamais rien habituellement. Et maintenant, tout cela. Est-ce que je l’avais souhaité en ouvrant la porte à Ferran comme je l’avais fait, perdu dans mon ennui chronique à la recherche de la vie ?

    Mon avis :

    Publié aux éditions Diagonale, ce premier roman de Damien Desamory est un pari assez réussi. Son personnage, Antal, gardien de nuit dans un hôtel, voit un jour sa vie basculer. Par petits faits anodins : une rencontre imprévue, un os trouvé sur son palier, une soirée dont il n’a aucun souvenir, un câble de vélo qui lâche, il sent sa vie lui échapper. Lui qui aimait sa petite vie pépère, sans vague, banale à souhait, il perd pied. Tous ces aléas de la vie auxquels personne sans doute n’aurait porté attention, lui semblent être des signes que quelque chose ne va pas. Ce jeune homme fragile, qui s’ennuie dans sa vie et est perméable au moindre changement, va se retrouver entraîné dans une histoire qui le dépasse. Cet anti héros est balloté par le destin.

    La construction de ce roman est assez particulière : les chapitres alternent, passant du « je » au « il » et au début, c’est assez désarmant. On comprend cependant assez vite que l’auteur a choisi ainsi d’approfondir la psychologie de son personnage. Alors que les chapitres au point de vue omniscient font avancer l’intrigue, le narrateur interne montre au lecteur comment il ressent cet enchainement d’événements et de petits désagréments. Très vite, un sentiment d’empathie envers ce personnage naïf nous étreint.
    Les deux trames se rejoindront au moment crucial du récit.

    J’ai aimé l’écriture romanesque de Damien Desamory, sa plume vive et le côté thriller de son récit. Son ton juste et décalé à la fois, ironique à souhait, fait de « La vie en ville » un récit qui se lit rapidement. Et pourtant, la précision de ses descriptions nous font revenir en arrière avec plaisir pour goûter à nouveau une scène de vie magistralement dépeinte. Qu’il s’agisse d’un vieux couple dans un bistrot cradingue, le hall des urgences d’un hôpital ou un spectateur au cinéma, il trouve les mots justes et la distance idéale pour nous permettre de les imaginer. C’est aussi un merveilleux guide de Bruxelles – personnage à part entière du récit.

    Damien Desamory nous offre donc un roman très plaisant, plein d’humour et attachant. J’espère qu’il ne sera que le premier d’une longue série.

     

     La vie en ville, Damien DESAMORY

     

     

     

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  • La cravate, Milena Michiko FLASARJour après jour, Taguchi Hiro et Ohara Tetsu se retrouvent sur un banc. Taguchi vient de sortir de la chambre où il vit cloitré depuis deux ans. Ohara a été licencié et est incapable de l’avouer à sa femme. Ils se regardent, s’apprivoisent et se livrent : la disparition d’un poète, le suicide d’une amie, la vie professionnelle brisée, l’amour d’une épouse, les rêves et les renoncements.

    Mon avis :

    Ce roman nous raconte la rencontre improbable d’un salaryman et d’un hikikomori. Deux personnages issus de deux mondes différents qui n’auraient jamais dû se croiser. Chacun a son univers, son langage, ses codes. Ce qui les rapproche au départ, c’est la solitude et la honte. Leur rencontre se fait dans des conditions difficiles (il pleut en plus) et on sent que c’est très dur pour chacun d’être vu par l’autre dans cet état. Puis au fil des jours, la lumière revient lentement dans leur vie parce qu’ils ont appris à lancer des ponts l’un vers l’autre à se dévoiler sans rien épargner à l’autre. On se rend compte alors que leur vie ordinaire a basculé suite à l’explosion d’une violence aussi forte que brève. Cette violence s’annonçait mais ils n’en ont pas vu (ou pas voulu voir) les prémices. Et l’éclatement a été d’autant plus terrible.

    Taguchi vient de passer deux ans cloitré dans sa chambre. Cet ermite moderne s’est enfermé suite à la perte d’un ami. Ce phénomène méconnu en Europe touche un million de jeunes Japonais, des adolescents de 14-15 ans. L’école, la famille, les attentes trop lourdes de leur entourage, un mental fragile et ils se referment sur eux-mêmes, s’isolent au sein même de leur domicile. Et c’est toute la famille qui vit cloitrée, subit ce malaise et la honte. Cet enfermement dans sa chambre est un refus de grandir, de s’adapter à ce que la société japonaise attend de ses membres : fonctionner et performer.

    Le récit se passe au Japon mais ce banc, témoin de leur rencontre, pourrait être transposé partout ailleurs. Il traite en effet d’un sujet universel : la perte de confiance en soi, l’échec, la douleur qui semble alors insurmontable. C’est la parole qui les libérera l’un et l’autre et leur permettra de s’accepter.

    L’écriture de Milena Michiko Flasar est particulière car située entre deux mondes. On y retrouve à la fois une écriture japonisante où mêmes les silences sont exprimés et où les non dits sont aussi importants que les confidences, et un côté plus terrestre, ai-je envie de dire, qui montre de l’optimisme, de l’espoir après être allée au fond de la noirceur. C’est un roman singulier et très attachant qui vient de remporter le prix Eurégio des lycéens. Ces derniers ont bien perçu les qualités du texte, la langue musicale, ciselée et de l’histoire d’où se dégagent force et douceur. Je vous le conseille vraiment.

    Milena Michiko Flasar est née en Autriche de parents japonais. Elle a suivi des études de littérature comparée et de philologie germanophone et romane. Citons aussi son traducteur qui a fait un travail remarquable, Olivier Mannoni, directeur  de l'école de traduction du CNL à Paris.

     

     

     
     

    La cravate, Milena Michiko FLASAR

     

     

     

     

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  • Zebraska, Isabelle BARYMartin Leroy, quinze ans six mois et vingt-deux jours, vient de recevoir un étrange cadeau: un paquet de feuilles reliées. Il croit dabord à une farce - on ne lit plus de livres en 2050 -, mais lorsquil découvre sur la première page la dédicace À mon petit zébron Marty, il est pris dun véritable tremblement. Au risque de paraître ringard, il entame clandestinement la lecture de ce texte qui dévoile la vie mystérieuse et bouleversée dun enfant Haut Potentiel dans les années 2010 et celle de sa mère touchante et burlesque à la fois... Il comprend peu à peu quil nest pas étranger aux secrets bien gardés que renferme le récit.

    Mon avis :

    Je ne savais trop à quoi m’attendre avec « Zébraska » avant d’entendre Isabelle Bary en parler. Je savais juste que c’était son 7e roman et qu’il abordait la problématique des enfants à Haut Potentiel. J’ai appris que l’auteure a elle-même un adolescent surdoué et que ce roman a été comme une évidence pour elle à un moment donné. Un besoin d’expliquer les difficultés de ces enfants, les leurs et celles de leur entourage, un besoin de tourner une page aussi. Ce livre fut en quelque sorte, une thérapie.
    Je ne connaissais pas intimement le sujet avant cette lecture. Enseignante dans le qualifiant, je n’ai rencontré qu’un seul enfant HP durant ma carrière et assez éloigné de Thomas. J’ai donc découvert cette réalité à travers les yeux de Mamiléa, de Thomas et de Marty.
    J’ai aimé le fait que ce soit un roman, une histoire où les héros sont particuliers  (et terriblement attachants). Un roman qui se déroule en 2050, ce qui permet de porter un regard distancié sur notre époque et propose une réflexion intéressante sur le monde que nous laisserons aux générations à venir. Les difficultés de vie et d’acceptation de Thomas sont celles de tout enfant différent. Ici, c’est un HP mais la souffrance qu’il raconte, l’inadaptabilité qui est la sienne peuvent se retrouver chez des enfants dysphasiques, autistes, TDA/H... difficultés d’apprentissage que je côtoie constamment.

    Dans une classe de normo pensants, un enfant différent, quel qu’il soit, sera forcément en marge, l’action pédagogique des enseignants étant adaptée à la norme, elle souffrira donc d’une certaine inadéquation. La différenciation, bien qu’étant notre objectif, n’est pas toujours favorisée par le nombre et les multiples profils apprenants des élèves. J’imagine donc assez bien le décalage intellectuel qui doit exister entre un HP et le reste du groupe. Cela doit également affecter le fonctionnement pédagogique habituel et représenter une problématique douloureuse aussi bien pour l’enseignant que pour l’élève.

    J’ai été touchée par ce roman hors norme, par ces enfants qui pensent différemment, souffrent de synesthésie, décodent le quotidien à leur façon... Que de souffrance, que ce soit chez l’enfant ou chez la maman ! Remise en question permanente, peur du regard des autres, angoisse face à l’avenir, souffrance de l’isolement, du rejet, du déséquilibre de l’enfant, de son inadaptation... Mais malgré tout, Isabelle Bary ne nous propose pas un récit anxiogène. L’humour est bien présent, l’espoir aussi. Chaque avancée est une victoire même si on avance comme à la procession d’Echternach, s’il faut recommencer encore et encore. Elle trouve les mots justes pour décrire les situations et les émotions intenses qui traversent ce roman de part en part. Les parents concernés se reconnaissent très certainement dans ce récit et ceux qui, comme moi, le lisent en spectateur, touchent du doigt une réalité qu’ils ne soupçonnaient pas. 

    Mais ne perdons pas de vue que ce livre est avant tout un roman. Un roman qui parle aussi d’héritage, de lecture, de progrès technologiques et relationnels, d’anticonformisme... Bref, une histoire d’espérance et de foi, une belle ode à la vie et un pari réussi. 
     

    "On ne choisit pas le monde qui nous entoure, mais bien la façon de s'y promener."

     Un autre avis, celui de Nath


     

    Zebraska, Isabelle BARY

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