• Nirliit, Juliana LEVEILLE-TRUDELUne jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – «il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques» – et la missionnaire aventurière se demande «comment on fait pour guérir son cœur». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort.

    Mon avis :

    Recommandé par ma libraire québécoise, Nirliit est le premier roman de Juliana Léveille-Trudel. Travaillant dans le domaine de l’éducation au Nunavik depuis 2011, elle nous parle de situations qu’elle côtoie au quotidien et cela confère au récit un accent de sincérité indéniable.

    L’action se déroule à Salluit, sur les rives de la baie d’Ungava dont elle nous fait de magnifiques descriptions. Les paysages sont grandioses dans ce Nord mais la vie est rude et impitoyable, comme le climat, ce qui nous offre des pages tout en contrastes.

    La narratrice revient à Salluit, s’occuper des enfants comme tous les étés. (Nirliit « oie » en inuktitut, ces grands oiseaux migrateurs.) Mais cette fois, son amie Eva n’est pas là pour l’accueillir. Disparue ? Assassinée ? Qui s’en soucie ? Elle lui manque terriblement et lui confie ses pensées, comme un compte rendu de la vie au village. Des conditions de vie inacceptables. Sans espoir, sans avenir.
    Désœuvrés, les Inuits s’abrutissent d’alcool qui réchauffe le corps et panse un temps les plaies de l’âme. L’ivresse est cause de bagarres, d’accidents, d’abus de toutes sortes... L’ennui pousse les jeunes dans les bras les uns des autres prématurément et de toutes jeunes filles mettent au monde des enfants qu’elles n’élèveront pas pour la plupart, les confiant à d’autres. Ils appartiennent à tout le village, les enfants. Les femmes, elles, sont attirées par la peau claire des Blancs qui viennent travailler quelque temps à Salluit. Ils sont une possibilité d’ailleurs, d’une autre vie. Un peu de bonheur peut-être.

    Ils appartiennent au village, les enfants. Mais tout le monde ne les protège pas. La narratrice prend Eva à témoin et crie sa révolte et sa colère de voir le sort réservé aux filles, parfois des fillettes encore. Tout le monde sait. Tout finit toujours par se savoir. Mais on garde le silence, on fuit la vérité devant ces existences gâchées, sacrifiées.

    Juliana Léveillé-Trudel raconte la vie brute des Premières Nations, ne déguise pas la réalité. Son regard est à la fois implacable et tendre, lucide et gonflé d’amour. Et cela en fait un témoignage dur, précieux et nécessaire. Sa proximité lui donne toute crédibilité et fait de son récit une lecture saisissante et indispensable. Un cri d’amour pour un peuple qui se meurt et qu’elle voudrait vivant.

    Superbe.

        

    Nous vivons dispersés sur cet énorme continent, dans des villes et des villages qui portent de jolis noms à faire rêver les Européens, de jolis noms qu’on s’empresse de traduire parce que nous sommes si fiers de savoir que « Québec » veut dire « là où le fleuve se rétrécit » en algonquin, que « Canada » signifie « village » en iroquois et que « Tadoussac » vient de l’innu et se traduit en français par « mamelles ». Nous avons de jolis mots dans le dictionnaire comme toboggan, kayak et caribou, il fut une époque où des hommes issus des générations de paysans de père en fils entendaient l’appel de la forêt et couraient y rejoindre les « Sauvages », il fut un temps où nous étions intimement liés, nous avons la mémoire courte, hélas.

     

    Rivière Foucaud, marée basse. Un champ de roches s’étend du fjord jusqu’au creux de la toundra, entre les deux falaises qui bordent Foucaud la magnifique. Du sable blond vient lécher le fond boueux du cours d’eau temporairement asséché pendant que le soleil fait du fjord un océan d’or, brillant, brillant à s’en arracher les yeux. (...) Il y a des jours où je ferais mon nid dans la toundra, entre le fjord aveuglant et la rivière qui fend le roc de son assurance tranquille, les jours de soleil et de marée basse à la rivière Foucaud.

     

     Nirliit, Juliana LEVEILLE-TRUDEL

     

     

     

    Yahoo! Blogmarks

    5 commentaires
  • Traité des peaux, Catherine HARTONDans des forêts où les ancêtres appellent la poudrerie le souffle de la mort, un joaillière fabrique des bijoux avec des plumes d’oiseaux, un homme de 54 ans correspond avec celui qui a envoyé un message dans une bouteille jetée à la mer, un autre attend que l’orage éclate pour ouvrir la bouche et le boire en entier. La nature ouvre ses branches, dans ce livre, où l’on demande et propose le pardon. Le Traité des peaux est rempli de talismans qui viennent de la terre. Ses paysages nous montrent que nous sommes un peuple nordique et que nous ne sommes pas seuls au monde. Nous habitons des lieux peuplés de reliques, où un seul mouvement brusque peut faire migrer toute une colonie.

    Mon avis :

    Groenland, Nunavik, Québec. Trois régions où tentent de survivre les Premières Nations.
    Ce recueil de nouvelles nous conte la vie de ces autochtones qui s’accrochent désespérément à leur passé, leurs traditions. Se battre contre la nature, ils savaient faire, ils en avaient l’habitude. Mais se battre contre l’administration, contre les Blancs au pouvoir, ils ne savent pas.
    Comment continuer à vivre de la pêche ou de la tannerie des peaux dans cet univers mondialisé ? Comment s’alimenter et se vêtir comme on l’a toujours fait quand les lois universelles fixent des quotas de pêche, des interdictions de tuer les phoques pourtant en surnombre ? Comment vivre de manière ancestrale quand les lois des Blancs de la ville obligent les propriétaires de chiens (de chasse ou de traineaux) à les attacher sous peine d’être abattus ? Comment survivre simplement dans des régions dépourvues de tout service ?

    Avec des descriptions aussi fortes que simples, Catherine Harton nous plonge en immersion totale dans ces milieux en mutation et nous dépeint des paysages grandioses où la rudesse du climat n’a d’égal que celle des hommes. Quelle poésie et quelle force dans ces descriptions ! Chaque élément semble posséder une âme. Etre à la fois source de vie et vecteur de mort. Quelle émotion dans ces tableaux du quotidien !

    Déterminé, battant, rêveur... chaque homme dont elle nous parle est une allégorie. Une lutte permanente contre la nature qui peut se montrer si hostile et une lutte inégale contre le pillage des ressources. Et par là même contre leur anéantissement. Ces peuples en pleine mutation forcée ont-ils une chance de survivre aux « progrès » de la civilisation ? Peuvent-ils s’adapter sans y perdre leur âme ?

    Telle une fable, ce recueil nous dépeint le quotidien des Nations Autochtones. La plume poétique de l’auteur joue sur l’exotisme de ces contrées en sublimant la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Images de rêve qui nourrissent nos fantasmes de pureté quand aucun touriste ne s’aventure là-bas.

    Un bel hommage pudique et poétique à tous ces hommes et ces femmes des Premières Nations ; à leurs rêves, leurs espoirs, leurs désillusions. Une indignation digne pour ces gens qu’on a forcé à changer de vie alors qu’ils ne dérangeaient personne en vivant en harmonie avec la nature.

    Ce roman était finaliste des Prix littéraires du gouverneur général en 2015. Merci à Billy d’avoir pensé qu’il me plairait.

      
     

    Pavia aime entendre souffler le vent, le sentir se frayer un passage à travers les lattes de bois, le cadrage des fenêtres ; il aime son hurlement, sa longue plainte, sa dramaturgie. Il aime sentir la nature gronder, elle rappelle les gens à l’ordre, impose sa force.

    La nature ouvre ses branchies, son ventre : les magnifiques grappes de verdure, l’apparition des collets, les fontes promises, quelques pousses sèches et un reflet argenté sur l’eau. L’odeur des lieux monte à la tête, trop de parfums doux et incisifs à la fois, le sel, la marée montante, le corps réparé. La température a monté en flèche, quinze degrés. Le soleil accapare chaque pli d’humanité, les glaciers luisent ; c’est un spectacle rare.

    Après une heure, Leena est frigorifiée, elle chiale, sa mère lui demande de patienter encore quelques instants. Puis, elle aperçoit une nageoire dorsale, de la vapeur qui sort d’un évent au ralenti, les baleines s’étirent au soleil, majestueuses, elles font gronder la mer. Leena s’imprègne de chacune des images, l’eau salée et le balancement du bateau amendent la magnificence du moment. Elle s’agrippe à une des poignées, pas de doute ce bateau est un signe de liberté

     

     Traité des peaux, Catherine HARTON

     

    Yahoo! Blogmarks

    3 commentaires
  • Le cas Alan Turing, LIBERGE & DELALANDELondres 1938. Les services secrets britanniques recrutent un jeune et brillant chercheur en mathématiques : Alan Turing. Sa mission : déchiffrer les codes de l’Enigma, la machine qui permet de transmettre les instructions du Führer à ses troupes. Toutes les tentatives de décryptage ont échoué jusque-là. C’est le plus grand défi de la vie d’Alan Turing. Un bras de fer scientifique inouï. Dans le secret le plus total, il s’attelle à la tâche.

    Mon avis :

    Quelle que soit l’époque, il est difficile d’être reconnu et compris quand on est un génie. Le cas d’Alan Turing est en ce sens exemplaire. Elevé par des étrangers et bafoué par son père qui ne voyait en lui qu’un bon à rien, moqué par ses camarades de classe qui ne comprenaient pas le rêveur qu’il était, il a très tôt pris conscience de sa différence et fui les contacts. Bien que les signes de son génie soient évidents (apprentissage de la lecture en trois semaines, affinité précoce avec les chiffres et les énigmes) il se mit à bégayer et n’arriva jamais à nouer des relations normales avec ses collègues ou son entourage. Sa personnalité tourmentée mais géniale joua cependant un rôle majeur dans l’Histoire.

    Ce mathématicien cryptologue britannique est à l’origine de l’informatique moderne que nous utilisons chaque jour et pourtant bien peu de gens le connaissent aujourd’hui. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est recruté par les Services Secrets britanniques afin de trouver un moyen de déchiffrer les messages cryptés que le système nazi Enigma utilise. Il conçoit alors une « bombe » logique (le premier ordinateur) pour casser ce système. Elle est capable d’abattre par jour le travail de 10 000 hommes. Ce sera le premier de cinq progrès majeurs dus à Turing.

    Sur le plan personnel, il vit difficilement son homosexualité dans une société intolérante. Obligé de se cacher, de mentir, il souffre de dissimuler sa vraie nature. Poursuivi et condamné pour indécence et perversion sexuelle, il est condamné à la castration chimique. Infiniment affecté par cette injustice, il préfère se suicider en mangeant une pomme empoisonnée. Il a 41 ans.

    En 1977, alors qu’il cherche un nom et un logo pour son système informatique, Steve Jobs choisit une pomme croquée en hommage au pionnier de l’intelligence artificielle, père de l’ordinateur.

    Cette bande dessinée est un magnifique hommage à ce génie dont la vie relève de la tragédie grecque. La construction narrative choisie par Arnaud Delalande utilise nombre de flashbacks dans lesquels Turing revoit son enfance et les moments marquants de son existence. On y comprend parfaitement la souffrance psychologique et intellectuelle qu’il endura toute sa vie.
    Tant dans le scénario que les dessins, la symbolique mathématique est omniprésente (j’avoue avoir parfois décroché tant tout cela est ardu) et nous montre la grandeur du génie qu’était Alan Turing

    J’ai beaucoup aimé cette histoire forte et touchante, celle d’un homme qui chercha toute sa vie sa place et son identité dans un monde dont il ne possédait pas les clés malgré l’intelligence exceptionnelle qui était la sienne.

     

     

     

     

     

    Yahoo! Blogmarks

    1 commentaire
  • Magasin général : Notre-Dame-des-Lacs, LOISEL & TRIPPQuébec, 1926. A Notre-Dame-des-Lacs, le Magasin Général de Marie est le lieu de tous les échanges. Plus de maire, Marie enceinte d un père que personne ne connaît et les femmes du village prises d’une frénésie d’achats comme on n’en avait encore jamais vue... Le monde s est-il mis à marcher sur la tête, là-bas au fin fond du Québec rural ? Est-ce là l’œuvre du démon, le commencement de la fin ?

    Mon avis :

    J’ai reporté longtemps le moment où j’allais déguster ce dernier tome d’une série que j’ai vraiment beaucoup aimée. Je me suis même fait le petit plaisir de relire l’ensemble avant d’entamer ce 9e épisode. Quel bonheur !

    L’hiver n’en finit pas de finir. Les dames de Notre Dame-de-Lacs préparent fébrilement le retour des maris attendus dans quelques semaines. Chacune s’est cousue une nouvelle robe à l’aide de patrons venant de Montréal et Alcide leur a confectionné de nouvelles chaussures assorties. Elles sont bien décidées à faire de ces retrouvailles une fête. De quoi oublier le raté de l’année précédente.

    La grossesse de Marie touche à sa fin. La construction du bateau de Noël aussi. De belles réjouissances en perspective pour ces villageois goûtant de plus en plus au bonheur de vivre. En deux ans, les mentalités ont bien changé. Le village vit sans maire et le nouveau curé est bien arrangeant. La messe n’est dite qu’une fois par mois de même que la confession. Allégés de ces deux autorités, chacun s’est ouvert à l’autre et s’est montré bien plus tolérant. Félix, le mari défunt de Marie, poursuit ses commentaires en voix off et s’émerveille de ces changements qu’il n’aurait jamais imaginés. Jamais acceptés non plus, sans doute.

    La métamorphose de Notre Dame des lacs et l’émancipation des habitants ont soudé davantage ce village qui partage joies et peines avec la même intensité et la même solidarité.

    Sans surprise, la série se termine sur l’accouchement de Marie. Mais... quelle bonne idée... un album photos poursuit l’histoire jusqu’en 1928.

    Point final d’une série d’exception, ce tome est une réussite et conclut parfaitement cette saga. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous encourage vraiment à la découvrir. La description de ces petits bonheurs tout simples vous emmieutera. J

     

    Magasin général : Notre-Dame-des-Lacs, LOISEL & TRIPP

     

    Yahoo! Blogmarks

    votre commentaire
  • L'homme idéal existe. Il est Québécois. Diane DUCRETBonne nouvelle : l’'homme idéal existe !
    Il ne parle pas : il jase. Il n
    ’'embrasse pas : il frenche.
    Il ne se déshabille pas : il se criss à poèlle.
    Vous l
    ’'aurez deviné : il est Québécois.
    Diane Ducret rhabille le mythe du Prince Charmant.
    L
    ’'homme idéal ? Satisfaite ou remboursée !

    Mon avis :

    Je crois que je vieillis. Je ne ris plus des mêmes choses qu’avant.

    Ce livre m’a plu de suite à cause de son titre. Amoureuse du Québec et de ses habitants si charmants, je ne pouvais qu’être d’accord. Pourtant à la lecture, j’ai été moins emballée.

    L’histoire est légère et on passe un agréable moment notamment en raison du comique de situation du aux dialogues. Au début, en tout cas. Mais l’accumulation de clichés fait rester le récit en surface tout en le rendant caricatural au possible et l’héroïne en devient vite extrêmement agaçante. Elle a des attentes tellement pointues et des codes de séduction si ridicules qu’elle est incapable de profiter de l’instant présent. Toujours en train d’analyser chaque situation au travers de sa propre grille d’évaluation, elle ne peut rentrer dans l’univers de l’autre sans le juger, le critiquer et à la longue, c’est lourd. De plus, ses exigences envers les hommes sont énormes alors qu’elle ne donne pas grand-chose en retour.

    J’ai aimé certaines situations cocasses, les incompréhensions entre elle et lui, la gentillesse et la patience de cet homme et les expressions québécoises savoureuses qui parsèment le récit.

    Je n’ai pas aimé la répétition de situations loufoques, les incompréhensions un peu lourdes entre Française et Québécois, l’égoïsme de cette jeune femme et les expressions québécoises prises au pied de la lettre. Une fois ou deux c’est drôle ensuite cela perd tout son charme.

    J’ai souri plusieurs fois, je n’ai jamais franchement ri et je pense que ce récit ne me laissera pas un souvenir impérissable. Mais il dépeint les hommes québécois avec tendresse et respect, à la fois séducteurs et galants et j’ai beaucoup aimé ça.

    «Pour une fois qu’il peut se montrer séducteur ou galant sans se faire traiter de macho paternaliste» J

     

     

     

     

     

    Yahoo! Blogmarks

    3 commentaires
  • LLe Belge, Jusqu'à preuve du contraire... Kosma & Lecreniere Belge est belge. Soit.
    Mais qui se cache derrière le Belge ? Difficile à dire. Le Belge, c’est lui.
    Mais n’est-il pas aussi un peu chacun de nous ? En chaque Belge réside une part du Belge. Et comme le Belge n’est pas toujours belge, on peut penser que le Belge est un être universel. Ou presque.

    Mon avis :

    Tout commence par un discours royal qui nous parle des Belges et de leurs diversités. -Quoi de plus normal vu que la monarchie est probablement l’ultime trait d’union du pays (avec bien sûr, les Diables Rouges)- Il introduit une série de planches où l’on découvre que le Belge est unique. Et pas forcément belge d’origine. Mais est ce important ?

    Organisées en « chapitres » séparés par les traditionnelles pauses bière-cigarette, chaque planche nous présente une particularité, un attrait, un aspect de notre personnalité. Les Belges vus par le petit bout de la lorgnette en somme. Les deux auteurs décrivent avec beaucoup d’autodérision nos petits travers, nos habitudes, nos expressions, nos dissensions ... Bien sûr, c’est bourré de clichés mais n’y a-t-il pas un fond de vérité derrière tout ça ?

    Décalé, absurde, caricatural, ce livre parle des Belges aux Belges –qui s’y reconnaitront à coup sûr- mais aussi aux autres, aux curieux, qui voudraient en savoir plus sur nous. Paru planche après planche dans « Le Vif » au moment où le pays vivait une crise politique puis changeait de roi, le fil rouge du recueil est sans conteste une interrogation identitaire. Le sous-titre « Jusqu’à preuve du contraire » le confirme.
    Les dessins clairs, épurés sont en noir et blanc agrémentés de quelques notes de jaune et de rouge  bien sûr, belgitude oblige.
    Pour terminer, un lexique Wikibelga « le belge pour tous » explique avec humour à nos amis francophones nos spécificités linguistiques.

    « Le Belge » est à la fois léger et sérieux, irrévérencieux et respectueux. Il joue avec l’absurde, le surréalisme et tout ce qui fait notre identité complexe. C’était le cadeau idéal à déposer au pied du sapin. Il a fait l’unanimité.

     

     Le Belge, Jusqu'à preuve du contraire... Kosma & Lecrenier

     

     

     

    Yahoo! Blogmarks

    4 commentaires
  • Joker, Benjamin ADAMTous les dimanches, depuis des années, trois cousins se retrouvent pour griller trois poissons et jouer aux cartes. Plus précisément, à une variante du huit américain. Dans la version classique, celui qui pose un 8 peut échanger son jeu avec celui d'un adversaire. Herb, Jed et Hawk ont ajouté un paramètre : celui qui pose un joker peut échanger son jeu et sa vie entière jusqu'au dimanche suivant.
    De cet échange initial en découleront d'autres, telle une réaction en chaîne : on y verra deux sœurs s'enfuir, un oculiste inquiet, un petit garçon partir et revenir, un homme prendre la foudre, un journal se créer et une entreprise vaciller.

    Mon avis :

    Ce roman graphique séduisant paru aux éditions de La Pastèque est un petit bijou de précision et d’humour caustique. Bien que le départ de cette histoire soit sordide, l’ironie et le second degré parsèment l’album.

    Les héritiers d’une grosse entreprise de construction sont retrouvés morts. Leurs veuves et leurs nombreux enfants prennent la fuite. Les voisins s’interrogent et cherchent à comprendre. Quant aux protagonistes du drame, ils vont déclencher une réaction en chaine qui va assez vite leur échapper. Est-on toujours conscient des conséquences des choix que l’on pose ?

    Benjamin Adam a choisi pour son récit une construction narrative incroyable, donnant la parole à chacun des personnages et faisant appel à de nombreux flash back. On pourrait craindre que cela ne crée une certaine confusion mais il n’en est rien. Tout est parfaitement maîtrisé.

    Ce roman-puzzle tout en noir et blanc est palpitant d’un bout à l’autre. De péripéties en péripéties, l’intrigue se complexifie introduisant l’un après l’autre, divers acteurs. Leurs récits s’imbriqueront l’un dans l’autre influant sur l’histoire et ajoutant une pièce au tableau final. Le rythme est enlevé et ne faiblit jamais maintenant le lecteur en haleine jusqu’au bout.
    Le dessin épuré, élégant et équilibré ajoute un plus indéniable à l’histoire. Cette surprenante bande dessinée savamment construite, au sens aigu du détail et au lettrage soigné, est à découvrir absolument.

     

    Yahoo! Blogmarks

    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique