• Petite histoire des relations adelphiques à travers les plus belles lettres de personnages célèbres ou anonymes présentées par Didier Lett.
    De Marie-Antoinette à Maxime Le Forestier, en passant par Stendhal, Vincent Van Gogh ou encore Friedrich Nietzche... Découvrez les plus belles lettres de relations adelphiques de personnages célèbres et anonymes.

    Mon avis :

    Ce recueil de texte m’a été envoyé par Masse critique de Babelio. "Mots Intimes" est la nouvelle collection consacrée à l'art épistolaire et à l'amour des mots, publiée avec le concours du site deslettres.fr, et qui fait son entrée dans le catalogue des éditions Le Robert.

    Si tout le monde connait la chanson de Maxime Leforestier « Mon frère », on sait moins que Stendhal et Balzac écrivirent à leur sœur. Ce recueil nous propose vingt-deux textes entre frère et sœur, célèbres ou non. Vingt-deux textes qui mettent en lumière les relations parfois passionnelles, faites d’amour sincère, de haine, de jalousie, de respect ou de responsabilité lorsque les parents disparaissent prématurément.

    La lettre, support privilégié, est souvent le moyen d’oser dévoiler des sentiments que la proximité ne permettrait pas. Elle donne un accent de sincérité aux confidences et témoignages qu’elle contient. Et même si le langage usité est un peu désuet, ces lettres apportent un éclairage intéressant sur l’histoire familiale de chacun mais aussi sur l’Histoire, ainsi la lettre désespérée de Marie-Antoinette à son frère Léopold, un mois avant sa mort, qui ne recevra aucune réponse.

    Ce recueil est l’occasion de (re)découvrir certains personnages sous un angle différent, dans l’intimité de leur correspondance adelphique. La brève note biographique qui précède les lettres est la bienvenue pour éclairer la relation fraternelle qui va nous être dévoilée et situer le personnage. Il permet aussi de juger l'évolution de l'écriture au fil du temps, passant d'une rhétorique rigide et calibrée à un langage libéré de tout carcan formel.

    Un coup de cœur, ancien déjà, pour la chanson de Maxime que je me passais en boucle à l’adolescence et un pour la lettre de Saul Stein, un soldat de l’armée canadienne qui raconte à ses frères et sœurs, l’horreur qu’il vient de découvrir dans les camps le 30 avril 1945.

    Un recueil qui me donne envie de découvrir la suite de la collection avec, outre les lettres à ma mère, à mon père... des lettres d’amour, érotiques ou de Noël.

     

     

     

     

     

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  • Un bonheur si fragile, Les épreuves, Michel TREMBLAYHiver 1918. Quand son Laurent, toujours aussi ivrogne et violent, n'est pas au chantier, Corinne, qui a maintenant 35 ans, doit protéger ses enfants de ses sautes d'humeur. Si l'aîné de ses fils, Philippe, ressemble étrangement à son père et possède un caractère fantasque, Norbert, par contre, a un don pour s'attirer toutes sortes d'ennuis. Pour sa part, Madeleine ressemble à sa mère qui parvient à la convaincre de devenir pensionnaire à Nicolet en vue de devenir enseignante.

    Mon avis :

    Ce tome 3 se déroule en 1918. Corinne a cinq enfants, son voisin Jocelyn Jutras s’est enfin casé et elle ne le voit plus guère, son beau-père est toujours aussi malcommode et son mari aussi immature. Ce bond dans le temps est une bonne idée, évitant un quotidien répétitif. Corinne gère cinq enfants dont trois adolescents. Un matin d’hiver, elle découvre dans sa grange un vagabond malade, Léopold. Elle le soigne, le nourrit et l’engage comme ouvrier agricole au grand dam de Philippe son ainé. Cette jeune femme courageuse n’a guère vu sa situation s’améliorer : un fils colérique et fugueur, un mari infidèle et ivrogne, une fille pour laquelle elle rêve d’un avenir meilleur... De nombreuses épreuves l’attendent.

    Ce tome nous plonge davantage dans l’Histoire que les précédents. Nous sommes en 1918, le Canada français enrôle les jeunes entre 18 et 32 ans dans le 22e bataillon. Beaucoup de conscrits se cachent pour échapper à ce conflit qui ne les concerne pas. Le 22e bataillon s’illustrera notamment dans la bataille de Vimy. En Ontario, la loi 17 régule l’usage du français. Il n’est plus autorisé dans l’enseignement. A l’automne, la grippe espagnole envahit la Province. Les morts ne se comptent plus à Montréal. Les premières automobiles font leur apparition à Saint-Paul-des-Prés

    Il arrive que certaines sagas s’essoufflent au fil des tomes. Ce n’est pas du tout le cas ici. J’ai pris le même plaisir à poursuivre ma découverte des habitants de ce village québécois.
    Je me suis souvent demandé pourquoi tant de romans québécois parlent de l’Eglise et du clergé mais quand on découvre le pouvoir quasi sans limite de ceux-ci sur le quotidien des gens à l’époque, on comprend mieux que certains aient besoin d’exorciser les démons du passé.

     

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  • Le coeur découvert, Michel TREMBLAYEvocations d’amours multiples et – au bout du compte – heureuses, ce roman est celui d’un couple d’hommes, Jean-Marc et Mathieu, dont la relation d’abord hésitante – ils ont quarante et vingt ans – s’affirme peu à peu, compliquée mais nourrie par une paternité exercée à deux. Dans le Montréal des années 1980, Michel Tremblay décline, entre introspection et tolérance, un bonheur possible, et rappelle, avec force et talent, que “l’amour est rare”.

    Mon avis :

    En entamant ce roman d’amour, acheté en numérique, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’étais donc surprise de découvrir sous ce titre de Michel Tremblay, une histoire d’amour homosexuelle. Sorti en 1986, le roman aborde dès le début, par le truchement d’une conversation dont le personnage principal est témoin, la problématique du SIDA. La maladie qui fait alors des ravages est mal connue et inquiète énormément. Appel à la prudence ou mise en situation ? Peut-être devrait-on rappeler aujourd’hui aussi que ce fléau tue toujours.

    Jean-Marc, 39 ans, professeur de français au cégep, cherche, sans vraiment se l’avouer, une relation stable, différente. Copropriétaire d’un petit immeuble, il mène une vie bien rangée. Un soir, il rencontre Mathieu, un jeune homme de 24 ans. D’une manière inhabituelle, leur relation se construit lentement, sans rapport prématuré. Ils s’apprivoisent, se confient et très vite une grande complicité se noue entre eux. Mathieu chamboule la vie de Jean-Marc, célibataire blessé depuis une histoire qui a laissé des traces. Par sa jeunesse, sa personnalité, ses difficultés, il touche Jean-Marc qui se surprend à tomber amoureux. Mais Mathieu a un fils de 4 ans, Sébastien. Une vraie découverte pour cet homme qui ne s’attendait pas à devenir beau-père.

    Avec beaucoup de tendresse et de sincérité, Michel Tremblay nous raconte cette histoire dès ses prémices et nous rend témoin de la construction progressive de ce couple. Confrontés dès le départ à des difficultés, chacun devra faire montre de patience, d’ouverture d’esprit, de confiance et d’amour. Une histoire d’amour banale en somme, retraçant les différentes étapes de la vie de couple mais qui par la magie de la plume de Michel Tremblay et ses touches d’humour émeut et tient en haleine. Malgré leur volonté de réussir cette belle histoire, parviendront-ils à surmonter les difficultés et le regard des autres ?

    J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman d’amour, la narration de Michel Tremblay, sa façon d’aborder le couple homosexuel, l’homoparentalité, l’homophobie, la fidélité... à une époque encore moins tolérante que la nôtre et qui découvrait une situation nouvelle : l’homosexualité affirmée. La polyphonie permet aussi de connaitre les sentiments et perceptions de Jean-Marc comme de Mathieu et c’est une idée particulièrement pertinente ici.

    Dans ce roman, Michel Tremblay ne cherche pas à faire l’apologie du couple ou du bonheur. Il conte simplement la vie comme elle va. La présence de Sébastien fédère : chacun met beaucoup de bonne volonté afin qu’il soit heureux et ne souffre pas de cette situation inhabituelle pour l’époque. Ce n’est pas pour autant que tout est facile.

    Un récit touchant et juste qui m’a beaucoup plu.

    Le coeur découvert, Michel TREMBLAY

     

     

     

     

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  • Carnet transcanadien, O.BARROT & A.BOULDOUYREOlivier Barrot et Alain Bouldouyre ont embarqué un beau jour de décembre pour un voyage d'une demi-semaine, en train. Ils ont traversé la prairie canadienne et les Rocheuses, de Toronto à Vancouver, des Grands Lacs au Pacifique. Par moins trente degrés, pendant quatre jours, ils ont pris leur temps, ils ont écrit, dessiné, rêvé...
    « Nous n'avions entendu parler d'un train traversant le Canada de part en part, survivance de l'époque des pionniers, archaïsme à peine concevable en une contrée de prairies et de lacs mais aussi de montagnes. Une sorte de Transsibérien d'Amérique, sur lequel nous avons commencé à nous renseigner. Ce que nous avons recueilli a ouvert la porte du rêve : le train existait toujours, il fonctionne toute l'année et relie Toronto à Vancouver dans les deux sens, il est plutôt bon marché. Nous pouvions partir en toute saison, et nous avons opté pour l'hiver, Gilles Vigneault l'avait proclamé à juste raison : »Mon pays, ce n’est pas un pays c’est l’hiver ! »

    Mon avis :

    Embarquons pour le Mois Québécois à bord d’un train de légende. Il vous emmènera à travers des contrées sauvages où vivent de rudes gaillards, de jolies villes entre modernité et traditions, et vous fera vous sentir l’âme aventurière. En route pour d’improbables voyages.

    Quoi de mieux pour débuter ce mois québécois que ce carnet de voyage superbe, aux pages épaisses ornées d’instantanés où le bleu se décline en mille nuances. 
    Olivier Barrot est journaliste, Alain Bouldouyre, dessinateur. Ces deux Français partagent le goût de l’ailleurs, de l’aventure et désiraient le partager, avec toutes les émotions que cela procure, aux lecteurs que nous sommes. Ils ont donc emprunté ce Canadien en aluminium qui avance à un train de sénateur tout au long des quatre mille kilomètres qui relient Toronto à Vancouver. Son rythme ralenti porte au rêve (ce n’est pas Anne B. qui me contredira). En montant à bord, on se lance sur les traces des pionniers, partis à la conquête de l’Ouest.

    En parcourant ce carnet de voyages où aquarelles et photos complètent avec bonheur les descriptions, nous embarquons pour une petite (85h) semaine enchantée au cœur de l’hiver. Paysages, ambiance à bord, rencontres, villes traversées... nous partageons le quotidien de ces deux globe trotter, les enviant d’avoir réalisé ce qui pour nous est toujours un rêve.

    Un bel ouvrage à parcourir, paru aux éditions Actes Sud en 2009.

    Carnet transcanadien, O.BARROT & A.BOULDOUYRECarnet transcanadien, O.BARROT & A.BOULDOUYRE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • La femme aux fleurs de papier, Donato CARRISILa nuit du 14 au 15 avril 1912, alors que le Titanic coulait au beau milieu de son voyage inaugural, un des passagers descend à sa cabine de première classe, revêt un smoking, et remonte sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il allume un cigare et attend la mort. Le 14 avril 1916 au soir dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. À moins qu’il ne révèle son nom et son grade, le soldat sera fusillé le lendemain à l’aube. Un médecin dénommé Roumann n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient en trois questions :
    "Qui est Guzman ?
    Qui suis-je ?
    Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic ?"
     

    Mon avis :
     

    N’ayant lu de Donato Carrisi que « Le chuchoteur », je m’attendais à découvrir un policier sous ce titre. Ce ne fut pas le cas. 

    L’histoire se passe durant la Première Guerre mondiale, dans les tranchées du front des Dolomites, lors d’une bataille entre Italiens et Autrichiens, bataille qui a réellement existé. Même si ce combat est un prétexte à l’histoire racontée, un décor, Donato Carrisi prend soin d’y glisser des faits rigoureusement exacts.

    Ce court roman nous conte la rencontre éphémère de deux hommes. L’un est médecin autrichien, l’autre prisonnier italien. Ce dernier va raconter une longue histoire au premier, sachant qu’il vit certainement là sa dernière nuit. Le héros improbable en est un certain Guzman, un conteur né, dont les aventures ont traversé les années. Le médecin deviendra à son tour le dépositaire de cette histoire qui semble défier le temps et la mort. Il est impossible de la résumer ici sans la déflorer. Je vous laisserai donc la surprise de la découverte, comme ce fut mon cas.

    Entre le conte et le roman noir, ce récit empli de mystères est captivant. Comme le docteur Roumann, on reste accroché aux lèvres du soldat italien dans l’attente de la suite. Ce court récit de 200 pages est un bel exercice de concision. Pas de détails inutiles ici ou de longues descriptions. Juste le plaisir de raconter, de tenir son auditoire (ou son lecteur) en haleine en peignant un décor réaliste. Le récit de ce mystérieux soldat vient ouvrir une brèche dans les atrocités de la guerre, créant un instant magique, un moment d’évasion intemporel.

    J’ai été séduite par ce roman, par le don de conteur de Donato Carrisi qui arrive à maintenir l’attention du lecteur jusqu’au bout. Une lecture plaisir à ne pas bouder.

     

     

     

     

     

     

     

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  • La maladroite, Alexandre SEURATInspiré par un fait divers récent, le meurtre d'une enfant de huit ans par ses parents, La maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes. Un premier roman d'une lecture bouleversante, interrogeant les responsabilités de chacun dans ces tragédies de la maltraitance.

    Mon avis :

    « Quand j'ai vu l'avis de recherche, j'ai su qu'il était trop tard. »
    Dès les premiers mots, on entre de plain pied dans l’horreur. Aucune échappatoire, on sait d’avance que le drame va se jouer devant nous.

    La première à s’inquiéter, c’est la grand-mère de Diana. Elle connait sa fille, instable, insatisfaite, versatile ; elle sait que cette grossesse n’est pas une bonne nouvelle. Elle a déjà tant de mal à s’occuper d’elle-même. Mais comment le dire ? L’incompréhension entre mère et fille ne date pas d’hier et le dialogue se réduit désormais au minimum. Alors quand elle apprend qu’elle a décidé d’accoucher sous X, elle est choquée, honteuse mais ne dit rien. Une cohabitation silencieuse s’installe. Coup de théâtre, quand la date d’abandon définitif approche, mue par une pulsion plus que par une décision réfléchie et pesée, la mère reprend sa fille. Et on sait que c’est une erreur. On voudrait lui crier de ne pas le faire mais on est impuissant.

    Impuissance. Le maître mot de ce roman.

    Alexandre Seurat impressionne avec ce premier récit bouleversant. Il trouve les mots justes, le ton adéquat, entre émotion et relation impartiale des faits. Pas de pathos, pas de jugement. Il décrit avec sobriété le ressenti de l’entourage de Diana, leurs inquiétudes, les actions des uns et des autres, l’habileté des parents à noyer le poisson, à se tirer de tous les mauvais pas... Mais aussi, la lourdeur des procédures, le scepticisme des « experts », la lenteur des réactions... jusqu’à l’inéluctable. Une écriture délicate, précise qui rend compte avec justesse de son indignation. Et comment ne pas l’être.

    Ce récit m’a beaucoup touchée. Non seulement en raison de tout ce que j’ai déjà exprimé mais aussi parce que des enfants maltraités, j’en ai côtoyé deux. Et les lourdeurs administratives, je les ai connues, les experts qui ne voulaient que des faits et non des ressentis, je les ai rencontrés. Comme les protagonistes de ce roman, je me suis sentie révoltée, impuissante, en colère. Qu’un enseignant soit suspecté de maltraitance et la machine judiciaire se met rapidement en branle. Trop parfois, sans discernement. Qu’un enseignant suspecte le pire dans la famille et on tergiverse, on minimise.

    Merci à Alexandre Seurat d’avoir mis en lumière avec force et délicatesse, ces drames trop fréquents.



    La maladroite, Alexandre SEURAT14e

     

     

     

     

     

     

     

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  • Le Testament de Marie, Colm TOIBINIls sont deux à la surveiller, à l’interroger pour lui faire dire ce qu’elle n’a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnait pas, et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu’elle refuse. Seule, elle tente de s’opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger.

    Mon avis :

    Ce récit est avant tout celui d’une mère. Une mère qui a mis au monde un enfant, l’a chéri, soigné, aimé et ne le reconnait pas dans ce meneur d’hommes - ces égarés comme elle les appelle - qu’il est devenu ; adulé par certains, craint par d’autres. Elle ne voit en lui que son enfant, doux, peureux, respectueux et ne comprend pas le rôle qu’on lui attribue, qu’on veut lui faire jouer.

    Quand le récit commence - un long monologue où elle confie ses sentiments, ses impressions –Marie a la visite de deux hommes qu’elle appellera « mes visiteurs ». On comprend que son fils est mort quelques mois auparavant. Que veulent ces deux hommes qui tentent de lui arracher ses souvenirs, le moindre mot, le moindre détail qu’elle aurait retenu ? En colère, Marie refuse de se plier à ce qu’ils semblent attendre. Elle racontera les choses dans toute leur atrocité. Voir mourir son enfant est une douleur indicible pour une mère. Elle n’a rien d’autre à dire que les faits bruts. Et dans un long cri d’amour elle nous parle de maternité, de famille, d’exil, d’Eglise et du supplice de son fils, son petit.

    Après, entre autres, Dan Brown, Sarramago, Schmitt, Mélanie Chappuis... Colm Toibin prête une voix à Marie, mère du Christ, elle qui n’intervient qu’une fois dans les Evangiles, lors des Noces de Cana. Il tente de percer le silence d’une mère, d’approcher son humanité derrière la figure sacrée. Loin de l’image de la Mater dolorosa, des pietà, l’auteur nous montre une mère brisée par un fils qu’elle n’a pas compris, qui a laissé se bâtir une légende autour de lui et a pris des risques au nom d’une ère nouvelle dont elle ne voit pas la nécessité. Un fils qu’elle ne nomme plus d’ailleurs.

    Sans doute ce roman choquera-t-il certains mais personnellement, je l’ai trouvé criant de vérité en ce qui concerne les sentiments d’une mère, une femme simple, qui voit son fils prendre des risques qui lui semblent insensés. Déchirée par une foule de sentiments, broyée par un destin qui la dépasse, cette Marie de chair et de sang m’a beaucoup touchée.

    Je vous conseille vivement de découvrir ce livre et de vous faire votre propre avis.
    Grand merci à Masse critique et aux éditions Robert Laffont pour cet envoi.

     

    Le Testament de Marie, Colm TOIBIN11e

     

     

     

     

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