• Art, Yasmina REZAMédecin dermatologue, Serge aime l’art moderne et Sénèque, qu’il trouve « modernissime ». Ingénieur dans l’aéronautique, Marc a des goûts plus traditionnels et ne comprend pas que son ami Serge ait pu acheter « cette merde deux cent mille francs ». Quant à Yvan, représentant dans une papeterie, il aimerait ne contrarier aucun de ses deux précieux amis. Mais les disputes esthétiques autour du « tableau blanc » dégénèrent dans un crescendo hilarant et féroce qui ne laissera personne indemne...

    Mon avis :

    Serge est très fier de sa nouvelle acquisition, une toile de plus d’un m2 peinte en blanc ! De fins liserés blancs transversaux ornent cette toile qu’il vient d’acheter 200 000 francs ! Marc est atterré devant cette dépense indécente pour un tableau... blanc ! Il se confie à Yvan. Ce dernier, obnubilé par son mariage prochain, n’en pense rien mais ne veut pas contrarier ses amis.
    Cette toile blanche n’est pas sans rappeler « Grand Carré sur Fond Blanc » de Malevitch (1918). Une des premiers peintres abstraits du XXe dont le tableau monochrome avait suscité nombre de discussions.

    L’intérêt de cette pièce est la discussion argumentée, intéressante et drôle, à propos de l’art moderne et de l’art contemporain. Discussion qui dépassera la seule question de l’art et mettra chacun face à lui-même et face aux autres. Dans le cadre d’un rendez-vous entre amis de longue date, civilisés et cultivés, la violence des sentiments n’en éclate qu’avec plus de puissance. Malgré le langage soutenu, la politesse et le vocabulaire sophistiqué, des sentiments de plus en plus vils et bas vont apparaître. Mépris, condescendance, incompréhension, haine même... vont éclater et montrer que finalement, leur amitié n’est en fait qu’une façade.
    Cette pièce cathartique est un petit bijou de drôlerie et de férocité, un regard aiguisé sur les relations humaines et sociales. Je regrette vraiment de n’avoir pu la voir au théâtre jouée brillamment par Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi.

    Fille d'un père ingénieur juif iranien et d’une violoniste hongroise arrivée en France pour fuir la dictature soviétique, Yasmina Reza étudie le théâtre et la sociologie à l'université de Nanterre. Cette pièce lui vaudra un Molière, en tant qu’auteur, en 1995.

     

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  • Mille soleils splendides, Khaled HOSSEINIA Kaboul, Mariam endure un mariage contraint avec un homme violent. L’arrivée de la jeune Laila sous son toit est une épreuve de plus. Mais, entre ces femmes que tout oppose, la rivalité va bientôt faire place à une indéfectible amitié... Et à l’espoir d’une autre vie.  

    Mon avis :
     

    Quel beau récit ! Quelle magnifique histoire de femmes !
    Niée, bafouée, violentée, annihilée, Mariam trouve encore la force en elle de se dresser contre l’oppresseur. Elle lutte, vole des moments de joie, de félicité, d’amour auxquels elle pourra se raccrocher ensuite dans les jours sombres. Elle puise au plus profond de son être la beauté qui a fui sa vie depuis longtemps pour éclairer celle de ceux qu’elles aiment. Sa vie touchera à toute la gamme de sentiments. Elle vivra l’insouciance, la dureté, la tendresse, l’amour, l’adoration, la honte, l’espoir, la peine, la violence...passera par des moments d’abattement, de fuite en avant puis reviendra à une vision plus positive et déterminée jusqu’à la rédemption.
     

    A travers les destins croisés de Mariam, petite harami afghane et de Laila, Khaled Hosseini nous offre un hymne à l’amour et à la liberté en hommage à son peuple, meurtri par des décennies de guerres, de luttes intestines, de rivalités fratricides où toujours la femme a été la première victime.
    « De même que l'aiguille d'une boussole indique le nord, un homme qui cherche un coupable montrera toujours une femme du doigt. Toujours. » 

    Mais Mariam c’est aussi une métaphore de l’Afghanistan, forte et faible, fière et fragile, anéantie et ressuscitée. 
     

    Cette fiction romanesque écrite par la plume alerte et précise d’un auteur à la vraie sensibilité, est un trésor d’humanité. Plongeant sa plume dans le passé de sa famille et de son peuple, Khaled Hosseini nous offre une histoire forte, éblouissante dans un décor d’apocalypse. Nous apprenons au fil des pages, les rites et coutumes de ce pays qui a si souvent fait la une des médias, sa culture, ses traditions, sa cuisine et son histoire dramatique. Ce récit de plus de 400 pages se lit aisément en raison du talent de conteur d’Hosseini. Bref un roman magnifique à plus d’un titre qui m’a plus touchée encore que « Les cerfs-volants de Kaboul » du même auteur. Un coup de cœur !
      

     

    "Nul ne pourrait compter les lunes qui luisent sur ses toits,
    Ni les mille soleils splendides qui se cachent derrière ses murs." Saib-e-Tabrizi  XVIIe siècle

     

     Mille soleils splendides, Khaled HOSSEINI

     

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  • Le bouclier d'Alexandre, Agnès VERLETUne enfant parle. Un mystère la hante que la guerre obscurcit. Pourquoi, dans sa famille nombreuse, sa sœur aînée qui était la cinquième est-elle subitement devenue la sixième ? Elle ne sait pas parce qu’elle n’a jamais demandé. Et ce silence, ce non-dit, ouvre la voie à la fiction.
    Comme l’archéologue qui tente de recomposer l’image du bouclier d’Alexandre à travers les fragments dispersés devant lui, Agnès Verlet ressuscite un passé, déchiffre l’histoire en faisant ressurgir les images qui vont combler la béance créée par l’irruption de ce frère venu d’ailleurs.

    Mon avis :

    Un livre complexe que ce « Bouclier d’Alexandre », relevant à la fois du roman et de l’autobiographie. Divisé en trois parties, il retrace la vie d’une famille de dix enfants à travers les souvenirs fragmentaires de l’une d’entre eux, la Neuvième. Une famille dont les silences et les non-dits ont façonné une fratrie peu unie, où cette Neuvième tente désespérément de trouver sa place et de comprendre ce qu’elle a toujours su, pressenti sans qu’on le lui ait jamais dit.

    La première partie a failli avoir raison de ma lecture. Encore une fois, une enfant raconte, dans un langage enfantin constitué de phrases kilométriques où s’additionnent subordonnées et relatives. La narration en spirale revient dix fois sur les mêmes faits, les mêmes descriptions avant de repartir vers un souvenir neuf, une anecdote qui semble ressurgir brusquement. J’ai dû me forcer pour avancer dans le récit.

    Puis arrive la deuxième partie où l’adulte reprend la narration à son compte, prenant de la distance avec ses souvenirs, les mettant en perspective. Et enfin, la troisième où elle nous raconte sa découverte de l’histoire de Paul, ce frère importé dont elle ne sait rien. Ces deux dernières parties, bien qu’écrites dans un style haché, où la narratrice semble parfois manquer de souffle dans cette plongée en elle-même, sont particulièrement évocateurs et ont suscité en moi toute une gamme d’émotions.

    C’est donc l’histoire d’une famille ou plus exactement, celle d’une quête, essentielle pour la narratrice. Et chaque ombre, chaque événement qui l’éloigne des réponses qu’elle recherche désespérément, met en péril son équilibre, sa propre existence. Une recherche absolue de la vérité dont elle sait qu’elle a besoin pour mener à bien sa vie. Les fragments épars dont elle a souvenir vont lui permettre de reconstruire un passé familial qui plonge dans la guerre, au moment de la rafle du Ved’hiv. Mais ce passé n’est pas le sien – elle n’était pas encore née – mais celui d’un frère mystérieusement apparu et à peine cinq mois plus vieux que sa sœur ainée, la Cinquième qui est donc devenue la Sixième. Bizarrement, cette arrivée qui ne fut pas expliquée aux aînés, cet acte de résistance, fut aussi tu aux enfants nés après la guerre. De ce silence inexplicable et de l’éducation rigoriste qu’elle a reçue va surgir une série de suppositions incroyables dans la tête de cette enfant, qui ne peut se construire sans la vérité. Cette quête identitaire prend ainsi un caractère grave, autant par l’époque dramatique où elle plonge que par la tension qu’elle provoque chez la narratrice tout au long de sa vie.

    Construit comme une mosaïque, ce roman exigeant à l’écriture particulière est éclatant. Du secret, du silence, nait une incroyable ode à la vie.

    Merci aux éditions La Différence et à Masse Critique de Babelio pour ce bel envoi.

     

     

     

     

     

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  • Dans la tête de..., Mélanie CHAPPUISQue pensent celles et ceux dont parlent les journalistes ?
    Mélanie Chappuis est partie de cette interrogation pour se mettre dans la tête des personnalités ou des anonymes qui ont fait l'actualité en 2013. D'Obama à Nabila, d'un pape démissionnaire à un enfant syrien, de Frigide Barjot à Jean Ziegler, l'écrivaine romande opère une plongée dans les pensées de personnes rendues personnages. Que ressent une musulmane lorsqu'elle apprend que le Tessin a décidé d'interdire la burqa ? Quels sont les tiraillements du président américain après les attentats de Boston ? Comment l'intervention française au Mali influe-t-elle sur la virilité de François Hollande ?...
    Plutôt qu'une approche journalistique, Mélanie Chappuis adopte une démarche littéraire afin de ressentir les tourments de ceux qui font l'actualité. Pour nous faire entendre ce qu'ils n'ont pas dit, elle se met à leur place, avec tendresse, humour, voire ironie. Une série de portraits inattendus et intimes dressés avec talent, qui nous offrent le regard d'une auteure sur l'année écoulée.

    Mon avis :
     

    Quel exercice difficile de se mettre dans la tête d’un(e) autre et de prendre la parole en « je » ! Publiées pour la plupart dans le quotidien « Le Temps », ces chroniques adoptent le ton et le style des personnes dont il est question. On sent, derrière chacune, un travail de recherche minutieux qui apparait dans de petits détails. Entre travail journalistique et émotions littéraires, ces textes courts revisitent le quotidien et mêlent le vrai à l’imaginaire, ironisant souvent, se moquant parfois et dénonçant l’injuste, toujours. L’auteure nous invite ainsi à une réflexion mettant en lumière les coins d’ombre ou plaçant l’accent sur le non dit. Une manière originale, intelligente et toute personnelle d’aborder l’actualité.

    Collant à cette actualité, ces chroniques de 2013 nous remettent en mémoire des événements petits et grands qui ont ponctué cette année. Certains faits, helvétiques, m’étaient inconnus et n’ont donc pas fait écho en moi. Mais la grande majorité est accessible à tous.

    Petites préférences pour celles de Marguerite Duras, Rachida Dati ou encore Benoit XVI, au lendemain de sa renonciation et surtout celle d’un adulte à l’enfance violée.

     

     Dans la tête de..., Mélanie CHAPPUISDans la tête de..., Mélanie CHAPPUIS

     

     

     

     

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  • La ferme de Navarin, Gisèle BIENNE«Je suis toujours dans le département de la Marne et je cherche la ferme de Navarin. Les croix des cimetières convergent au loin sur le ciel vide. Des champs de croix, plusieurs champs. Ici, nous sommes presque à mi-distance de la Somme et de Verdun. Je gare la voiture le long d'un champ sous un cerisier et, après avoir à nouveau consulté la carte, je franchis des talus et coupe au court pendant que Blaise me souffle à l'oreille : "N'aie pas peur de marcher dans les ténèbres ou de glisser dans du sang. /On ne sait jamais ce que l'on fait, on ne sait jamais où l'on va. /La vie est dangereuse.»

    Mon avis :

    Pour appréhender ce récit, il faut se mettre d’emblée dans la peau de l’auteur et de sa quête. Sinon, on risque de se perdre dans le dédale de ses pensées et de ses allers-retours dans l’œuvre de Cendrars.
    Il faut aussi savoir que la collection « L’un et l’autre » de Gallimard proposent des œuvres qui
    dévoilent «les vies des autres telles que la mémoire des uns les invente».

    Passionnée par l’écrivain et son œuvre, ayant lu dans sa jeunesse « Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France » Gisèle Bienne va à la rencontre de Cendrars, sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Partie de Reims (où elle demeure), elle prend la route de la Marne puis de l’Argonne. Elle arrive au lieu-dit ferme de Navarin, ne trouvant qu’une pancarte rouillée indiquant « Ici fut la ferme de Navarin ».
    Pourquoi ce voyage ? Pourquoi ce lieu ?
    Engagé dans la Légion étrangère, Blaise Cendrars a participé à la bataille de la Somme puis à l’offensive de Champagne où, le 28 septembre 2015, au nord de la ferme de Navarin, il perd la main droite au combat. Amputé jusqu’au coude, sa vie changera inexorablement.
    Petite-fille de poilus, ayant grandi avec les poèmes et les récits de voyage de Blaise Cendrars, elle accomplit un pèlerinage sur les lieux mêmes de son accident, à la recherche de cette main perdue, en quelque sorte.

    Son récit empreint de poésie raconte son amour de l’auteur, son influence sur sa vie, ses propres écrits. Il décrit les régions traversées, les lieux à la géographie à jamais modifiée par le conflit, les ossuaires ne rassemblant qu’une petite partie des ossements réellement laissés dans ces innommables boucheries, ces vies perdues...
    Elle relate aussi sa rencontre avec un passionné, Yves Gibeau, qui a recueilli avec soin tout ce qu’il a trouvé sur ces terres, dans ces champs. Tout ce que la nature a rendu au fil du temps.
    Elle évoque la mémoire de tous les écrivains qui ont participé à ce conflit, y laissant tous une partie d’eux-mêmes, de leur jeunesse, sinon la vie. Hommage leur soit rendu : Apollinaire, Aragon, Alain-Fournier, Bernanos, Bousquet, Genevoix, Giono, Péguy...

    Un récit unique, poétique et fort. Un hommage à ces soldats, anonymes ou non. Une occasion de (re)découvrir Blaise Cendrars.


    La ferme de Navarin, Gisèle BIENNELa ferme de Navarin, Gisèle BIENNE

     

     

     

     

     

     

     

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  • Livre mystèreFrance, printemps 1943. Jeannot s’engage dans la clandestinité. Il a dix huit ans à peine. Avant de partir rejoindre la Résistance, il propose à son petit frère, Claude dix sept ans, de l’accompagner. Celui-ci accepte sans hésiter. Ayant intégré la 35e brigade FTP-MOI, sous le commandement de Marcel Langer, ils rejoignent d’autres jeunes résistants, immigrés pour la plupart, qui participeront à la libération de Toulouse, Mautauban et Agen. Commence alors une aventure douloureuse où peur, faim, solidarité, fierté, vengeance et honneur se mêlent pour gagner la liberté.

    Mon avis :

    J’ai reçu ce livre d’Anne-Sophie dans le cadre de l’opération « Été des Readers ». Le but ? Echanger un livre mystère correspondant au goût de son binôme. J’ai donc entamé ma lecture sans rien savoir de ce roman, le livre ayant été soigneusement emballé et les indices pouvant me mettre sur la voie, dissimulés. 
    Au moment où je rédige cet avis, j’ignore toujours de quel roman il s’agit, bien que je pense avoir découvert son titre, grâce aux indications de l’auteur. Mais ce titre ne me dit rien.

    Tout d’abord, Anne-Sophie a parfaitement ciblé mes goûts, m’offrant un récit sur la Seconde Guerre mondiale. J’étais déjà en partie conquise. Restait à découvrir l’histoire.
    Le roman se découpe en trois parties durant lesquelles le narrateur se raconte. La première relate les faits de résistance posés par les jeunes, les filatures, les planques... La deuxième nous plonge dans l’horreur de la prison Saint Michel où la Milice française a enfermé ces jeunes. Les conditions de détention sont exécrables, les exécutions quotidiennes et nous sommes en France, les geôliers sont Français ! C’est la partie que j’ai préférée, la plus intense. Enfin, la troisième raconte l’évacuation de la prison et l’acheminement des prisonniers vers Dachau.
    A la manière dont le récit s’organise (anticipations, retour en arrière, parallèles entre les faits ou les personnages) on comprend que le temps a passé depuis les événements contés et que le narrateur, Jeannot, fouille sa mémoire pour construire un récit le plus chronologique possible.
    Visiblement bien documenté, ce roman se base sur des faits réels. -Par curiosité, j’ai tapé le nom de Marcel Langer sur Google et ai trouvé sa biographie, correspondant à ce que le roman raconte. – J’ai été touchée par l’histoire de ces jeunes gens, la plupart n’ayant pas vingt ans, qui se sont dévoués, voire sacrifiés, pour la liberté de leur pays d’adoption. Ces héros qui ont lutté dans des conditions difficiles, précaires et combien dangereuses pour déjouer les plans de l’Occupant, l’empêcher de nuire. Une fois de plus, j’ai été troublée par la collaboration aveugle et totale de citoyens français avec les Nazis. J’ai été touchée par ce témoignage, l’innocence volée à ces jeunes gens, leur abnégation, leur détermination, leur combat pour notre liberté.

    Petit bémol, par moment le récit s’emballe, les détails s’accumulent à d’autres, il se traine un peu. Ce style haché m’a un peu gênée dans ma progression. Mais dans l’ensemble, j’ai été séduite par ce roman et cette histoire. Merci Anne-Sophie !

     

     

     

     

     

     

     

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  • Un hiver avec Baudelaire, Harold COBERTSa femme l'a mis dehors, son CDD n'est pas prolongé. Philippe est happé dans la spirale infernale et passe de l'autre côté de la barrière sociale : SDF, confronté à la dure loi de la rue, faite de solitude, de honte et de violence. Jusqu'au jour où il rencontre Baudelaire. Grâce à cet inénarrable compagnon d'infortune, et avec l'aide d'un vendeur de kebab, d'une riche veuve et d'une dame pipi, il réussit à remonter la pente. Et à retourner à une vie normale.

    Mon avis :

    Chronique d’un enfer annoncé pourrait être le titre de ce roman. Divorcé, au bord de la rupture professionnelle, Philippe finit par perdre pied et claque la porte de son boulot. Mais en démissionnant, il perd ses droits au chômage. Sans logement, sans emploi c’est la spirale et la dégringolade. Il se retrouve à la rue et connait la déchéance : mendicité, squat, mensonge… Difficile de garder un peu de dignité. Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel qu'importe (Baudelaire).
    Cela fait peur, tant on se dit que cela pourrait arriver à n’importe qui. Et puis arrive un chien, qui change la vie de vagabondage de Philippe.

    Grâce à des chapitres courts, le rythme du récit est fluide comme l’écriture de l’auteur et nous entraine au fil des pages sans que l’on s’en rende compte. On entre rapidement en empathie avec Philippe, le trouvant attachant et sympathique. Et l’arrivée du chien ne fait que renforcer ces sentiments. Philippe fait alors de belles rencontres et remonte lentement la pente.

    Pourtant, je n’ai été que moyennement séduite par le roman. Les faits s’enchainent avec trop de facilité, de prévisibilité. On referme le livre, satisfait de la fin heureuse et romanesque mais avec le sentiment que ce n’est qu’une fiction, assez éloignée de la réalité. Je me suis cependant laissé prendre au piège et l’optimisme final m’a plu malgré tout car il nous fait croire en la bonté humaine.

    Un court récit plein de tendresse.

     

     Un hiver avec Baudelaire, Harold COBERT

     

     

     

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